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Le juste milieu selon Maïmonide, quatrième chapitre

Le bien se trouve au milieu entre deux extrêmes, et Maïmonide en donne les premiers exemples concrets.

17 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction au quatrième chapitre

Chalom, et bien, comme d'habitude et comme toujours, nous continuons le quatrième chapitre du traité des huit chapitres de Maïmonide. Le quatrième chapitre est très différent de ce que nous avons vu jusqu'à présent. Les chapitres que nous avons vus jusqu'à présent étaient des chapitres théoriques. Là, c'est essentiellement du pratique. C'est donc un chapitre important pour celui qui veut se transformer, qui veut passer du mal au bien.

Et c'est un chapitre, en vérité, assez long. C'est presque le chapitre le plus long de notre livre. Il est écrit de la manière la plus simple de tout le livre. C'est un chapitre relativement simple à comprendre, mais il est un peu ennuyeux par son style. Et il est le plus difficile à accomplir.

Parce que c'est là que nous sommes jugés, dans notre réussite ou dans notre échec, dans l'enjeu moral. Voilà, c'est ça, le quatrième chapitre: ce sont des travaux pratiques. Comment mettre en application ce que nous savons du bien et du mal, de la médecine, du traitement des maladies de l'âme. Nous avons dit les maladies de l'âme, les défauts.

Alors là, nous avons à nouveau une définition, pour commencer, de ce qu'on appelle les bonnes actions et les mauvaises actions. C'est quoi, les bonnes actions ? Maïmonide nous dit: ce sont les actions égales, intermédiaires, entre deux extrêmes qui sont tous les deux mauvais. L'un des deux est un surplus.

Ça veut donc dire qu'une bonne action, c'est quelque chose qui est au milieu, le juste milieu. Donc, si j'ai la possibilité de faire un acte extrême dans un sens ou un acte extrême dans l'autre sens, je sais que je suis dans le mal, et le bien sera au milieu.

Ça pose un petit problème, parce que le milieu est extrêmement large. Les extrêmes, on les connaît, mais le milieu est extrêmement large, et donc vous aurez un problème de définition. Mais le principe fondamental est déjà exposé: c'est-à-dire que faire le mal, c'est aller à l'extrême, et faire le bien, c'est rester au milieu. Ce n'est pas toujours facile. Le milieu est quelque chose d'extrêmement tendu. Mais en tout cas, c'est ça dont parle ici Maïmonide.

Je veux donner un exemple à dessein paradoxal: laissez Amalek en vie. La population d'Amalek, qui était nocive dans l'histoire, il ne faut pas la laisser en vie, c'est un extrême. Mais exterminer Amalek, c'est un des commandements de la Torah, c'est quelque chose d'intermédiaire. Pourquoi ? Parce que la Torah nous a dit qu'il faudra effacer le souvenir d'Amalek de sous le ciel. Conclusion de nos sages: ça veut dire qu'au-dessus du ciel, il faut laisser Amalek. C'est-à-dire qu'il ne faut pas tomber dans l'autre extrême, qui consisterait à annuler Amalek sur le plan métaphysique. Dans le monde métaphysique, Amalek a un sens.

J'ai pris à dessein quelque chose qui a l'air d'extrême. Il faut savoir que même l'extrême a un autre extrême. Mais disons, pour entrer dans quelque chose de beaucoup plus simple, par exemple, c'est un exemple qui sera amené par Maïmonide, mais j'anticipe un peu: la générosité est une bonne qualité. L'avarice est un extrême: ne rien donner, c'est un extrême. Ou bien tout donner, dilapider ses biens pour les pauvres, c'est également un extrême. Ceci aussi, c'est le mal. Et donc la générosité, c'est quelque chose d'intermédiaire entre l'avarice et la dilapidation des biens.

Si je veux à la fois être dilapideur et avare en même temps, je ne suis pas généreux. Je suis dans le milieu. Mais donc, les bonnes actions sont des actions qui sont au milieu. Et les qualités, ce sont des acquis de l'âme, entre deux vertus mauvaises: l'une qui est un surplus, et l'autre qui est un manque.

C'est de ces qualités que découlent ces actions. C'est-à-dire qu'il y a la qualité de la générosité, et il y a l'action généreuse. L'action généreuse découle d'un comportement intérieur. Évidemment, ça peut parfois ne pas être en correspondance. Je peux être extrêmement avare, mais pratiquer la générosité pour des raisons extérieures: parce que j'y suis contraint, parce que c'est la loi, parce que ça présente bien en public. On dira de moi du bien, on dira que je suis généreux, mais en vérité, je ne veux pas donner ce que je donne. Ça, c'est une première possibilité.

Il y a parfois la générosité qui découle d'une qualité intérieure: je suis véritablement généreux et je donne. Parfois, je suis dans la situation inverse: je suis véritablement généreux, mais je ne peux pas donner, parce que je n'ai personne à qui donner. Il n'y a plus de pauvres, et donc j'ai une somme qui ne sert à rien. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas généreux, mais je n'ai pas pour l'instant de façon d'appliquer cet acte de générosité.

Ça veut donc dire que dans le monde, il y a pour chaque bien deux formes de mal. C'est-à-dire que le mal, ce sont les deux tiers, et le bien, un tiers, si j'essaie d'être schématique. Mais alors, pourquoi est-ce qu'il y a deux formes de mal et une forme de bien ? C'est un déséquilibre quand même troublant.

Ça veut dire qu'en fait, il y a un problème quand on parle du mal, parce que nous savons que Dieu est bon. S'il y a du mal sur la terre, ça voudrait dire, à Dieu ne plaise, Chalom, que le mal aurait une existence autonome à l'extérieur de l'économie divine. Vous voyez déjà le dualisme que ça implique: il y aurait Dieu d'un côté, qui veut le bien, et il y a le Satan de l'autre, qui veut le mal. C'est un peu contraire au monothéisme, à l'intuition monothéiste du judaïsme.

Et donc nous sommes obligés d'admettre le point de vue des philosophes: en fait, le mal n'est pas un mal absolu. Le mal, ce n'est qu'une moitié du bien. Reprenons l'exemple de la générosité: si je dis que la générosité est quelque chose qui est un intermédiaire entre la prodigalité et l'avarice, l'avarice est un mal, mais ça protège de la prodigalité; la prodigalité est un mal, mais ça protège de l'avarice. En fait, on pourrait dire que l'avarice est une demi-générosité, et la prodigalité également une demi-générosité. C'est-à-dire que si je fais la conjugaison de deux mots, je trouve un bien.

Donc il n'y a pas véritablement de mal absolu. C'est la partialité des valeurs, le fait de faire l'éclatement des valeurs, qui amène le mal. Mais il n'y a pas de mal en soi. C'est très important, ça apaise la conscience monothéiste des juifs. C'est la raison pour laquelle Rambam, c'est probablement la raison pour laquelle Rambam adopte le point de vue des philosophes, comme quoi le bien se trouve au milieu.

Nous voyons ça également chez des kabbalistes, comme par exemple le Maharal de Prague, qui dit que l'extrémité, c'est toujours la mort. Imaginez, par exemple, je suis ici à côté d'une table, et je me demande jusqu'où la table s'étend. J'ai ici donc une surface, et puis quand j'arrive à l'extrémité, c'est là que …

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