Qui es-tu ? Avoir ou être, la question d'Adam
Un message de fin d'année : réussir des examens ne suffit pas, il faut se rencontrer soi-même.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Adam, Chava et la responsabilité de ses émotions, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, shalom depuis Jérusalem. Eh bien, voilà, l'année étudiante, scolaire se termine, et nous voilà confrontés, bien sûr, à ces journées d'examen où nous espérons, bien entendu, réussir. C'est ce que nous, professeurs, ressentons, en tout cas pour nos élèves et nos étudiants. Et nous savons combien, la peur au ventre.
Nous allons non seulement à l'examen, mais nous en attendons les résultats les meilleurs pour nous-mêmes. Est-ce véritablement et seulement le fait que j'aurai le résultat tant attendu, qui sera si important pour moi ? Ou bien est-ce que, si l'on relativise ? Bien sûr que l'examen est important, bien sûr que le diplôme est important, bien sûr que nous voulons réussir là où nous nous sommes investis foncièrement.
Mais la question qui reste posée, et qui est celle qui ouvre la Bible, le Tanakh, la question que pose l'Éternel à Adam, c'est « Ayeka ? » Non pas « Où es-tu ? » mais « Qui es-tu ? » Il est bien question que, lorsque nous avons traversé l'ensemble de ces années, pour maintenant, par exemple, passer le bac, ou bien passer d'année, ou bien terminer notre licence, notre maîtrise, notre doctorat, l'ensemble de ces éléments vont nous permettre de penser que nous allons pouvoir gravir cette autre marche, qui va nous permettre de nous élever vers un devenir, et je dis bien devenir, et pas seulement un avenir.
Pour cela, la question que j'ai posée: qui passe l'examen ? Qui a obtenu le diplôme ? Qui a réussi ? Est-ce seulement cet individu qui, lorsqu'il est porteur de ce pour quoi il s'est investi, va dire « voici, j'ai un diplôme, j'ai eu mon examen », mais qui reste tapi dans son coin et interroge tout un chacun en lui disant: « Mais si tu as, qui es-tu ? »
En hébreu, contrairement à ce que nous avons pu apprendre dans les sociétés de l'Occident « à vide d'avenir », chez les Hébreux, ce devenir reste essentiel. Quand il dit: je ne conjugue pas le verbe avoir pour être, dans le sens que nous avons explicité maintenant, plus j'aurai, plus je serai, non. Chez les Hébreux, il faut conjuguer le verbe être pour avoir. Tous les avoirs. Mais dans le sens où l'hébreu le prononce, son premier avoir serait peut-être cet enfant, qui serait à même de pouvoir porter son devenir, parce que l'enfant, c'est aussi la racine de construire, c'est-à-dire pouvoir être, afin d'avoir la possibilité de construire, c'est-à-dire de devenir.
Nous avons l'habitude, vous avez remarqué, dans ces appareils que nous appelons iPhone, Galaxy, Smartphone de toutes sortes, de communiquer. Il y a dans le smartphone un calendrier où nous marquons bien entendu tout ce que nous avons à faire aujourd'hui, demain et dans les jours à venir. Et pourtant, lorsque j'interroge mes étudiants, je leur demande toujours cette question qui fait sourire, bien sûr, par la suite, mais qui reste prépondérante: avez-vous marqué ce que j'attends, moi ? Et de plus important: en dehors des rendez-vous que vous aviez avec l'amour de l'un ou de l'une, avec le cours de l'un ou de l'une, ou l'examen tel ou tel, avez-vous marqué une seule fois sur votre calendrier du smartphone, prêt à le faire sonner, que vous aviez rendez-vous avec vous-même ?
Parce que, foncièrement, entre nous soit dit, devenir le peintre, l'électricien, le médecin, l'avocat, l'étudiant, l'élève, c'est merveilleux. Mais faut-il savoir, un tant soit peu, comme nous le rappelions, qui est derrière cet homme professionnel ? Cet homme étudiant, bien entendu, c'est ce qui nous intéresse, en tout cas dans nos rencontres les uns et les autres, bien sûr dans la rencontre amoureuse aussi: découvrir qui est l'autre. Et qu'il nous dise: « J'ai ceci, j'ai cela », l'espèce d'accumulation d'avoir. Est-ce que l'un d'entre nous peut sincèrement penser que, parce qu'il y a cette quantité d'avoir, il y a cette qualité d'être ?
Bien sûr que non, bien sûr que non. L'avoir ne fait pas l'être.
Alors, vous voyez, chacun de nous est donc confronté à l'ensemble de cette adversité que sont les examens, nos études, notre profession, nos amours aussi, bien entendu, et non pas des moindres, bien sûr. Mais continuellement, celui qui est interpellé, ce n'est pas celui qui réussit au niveau de cette quantité d'avoir ou de cet avoir quantitatif, mais bien entendu au niveau de ce qu'il est. Une véritable sagesse est nécessaire, la sagesse de la rencontre, qui va exiger de nous. Quand je dis simplement « ce n'est pas de
la rhétorique », avez-vous inscrit sur votre smartphone un rendez-vous avec vous-même ? C'est parce que tout simplement l'exigence est telle: nous conjuguons les verbes toujours à la première personne du singulier. « Je ceci, je cela. » Mais avons-nous pensé que, derrière le « je », ou en tout cas dans l'inconscient de celui que nous sommes, il n'y a pas que « je » ? Il n'y a pas que « je ». Il y a là, caché derrière l'une de ces parois, celui que j'appellerais Atzmi, c'est-à-dire
« moi », qui frappe peut-être aux parois de nos cœurs et nous interpelle pour dire: ce que tu désires, ce à quoi tu aspires, ce que tu veux, ce n'est peut-être point ce dont tu as véritablement besoin ?
Dans cette rencontre, nous pouvons foncièrement nous poser la question: de tout ce que nous voulons, de tout ce à quoi nous aspirons, de tout ce vers quoi nous tendons, est-ce véritablement ce dont nous avons besoin ? Cette question est cardinale, car elle nous permet de mieux nous orienter. Lorsque je ressens le coup de foudre, il est possible qu'après que la foudre soit passée, il ne reste que les coups. C'est bien la raison pour laquelle je me poserai la question: est-ce véritablement ce que je veux ? Ou n'y a-t-il pas, derrière ce vouloir, une réponse à la question que j'ai déjà posée ? Est-ce que cela répond véritablement à ce que je suis, à ce besoin d'être ? Et cela sera seulement capable de répondre à cette construction à laquelle nous aspirons.
Aujourd'hui, nous sommes à la veille de ces grandes vacances. Je ne sais pas si nous, hommes, pouvons être en vacances. Nous avons le droit, bien entendu, de prendre le temps de lâcher prise, comme on dit. Mais vous le savez comme moi: nous ne pouvons pas lâcher prise totalement. Il y avait un philosophe, je crois que c'est Francis Bacon, qui disait: « Lorsque nous nous trouvons dans la prospérité, les vices surviennent; ce n'est que lorsque nous sommes dans l'adversité, c'est-à-dire face aux épreuves, à la difficulté, que
les vertus, elles, se révèlent. » Alors je crois foncièrement que nous sommes confrontés, les uns et les autres, à cette, comment dire, à cette identité: soit vouloir à tout prix être prospère, soit, comme Yaakov, lorsqu'après avoir traversé les méandres de l'histoire chez Lavan, il arrive en Erets Israël, c'est-à-dire sur la terre, l'ère de repos. Et en fin de compte, il n'y a pas de repos, même pour …
Cours de Machon Meir
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