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Adam androgyne et la conscience du « nous

Pourquoi l'Éternel a créé l'homme androgyne, et comment couple se bâtit au-delà du « je » et du « tu ».

5 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Qui es-tu ? Avoir ou être, la question d'Adam, 13 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Une autre fois nous nous rencontrons, et cette fois-ci essayons de comprendre dès l'origine de l'homme, en tout cas ces vertus qui vont chercher et accompagner l'homme, et que l'homme devra lui-même rechercher, bien évidemment. Dès l'origine, lorsque l'Éternel crée Adam, il le crée…

Vous vous rappelez qu'il était androgyne, c'est-à-dire en étant lui-même cet homme et cette femme. Ce n'est que par la suite que l'Éternel décidera de séparer la femme de l'homme pour en faire deux êtres distincts. La question que se pose un de nos sages, le Hidouché Aharim, Rav Alter, le père de la Hassidout de Gour, est celle-ci: comment se fait-il que l'Éternel, alors qu'il créa un monde animal et un monde végétal dont les distinctions sexuelles étaient claires, ne pensa-t-il pas faire de la même manière, agir de la même manière ou faire la même chose avec le premier homme ? Pourquoi le créer androgyne, pour ensuite tirer de lui cette femme qui deviendrait sa compagne dans ce nouveau face-à-face humain ?

Eh bien, la leçon est intéressante, dit le *Ri d'Ushaharim. Il fallait que l'Éternel crée cet homme androgyne, pour qu'ensuite la femme puisse être séparée de cet homme. Mais une fois séparée, l'homme et la femme se trouvaient porteurs d'une conscience collective.

Quelle conscience collective ? Le fait qu'un jour, l'un comme l'autre appartenait à un « nous », à une seule et même personne. Voici que ces deux êtres allaient se conjuguer différemment, l'un ou l'autre, par « je » ou par « tu », mais jamais par « nous ». Mais voici que, parce que cette conscience collective existait, l'un et l'autre seraient à la recherche de l'un et de l'autre. Et c'est lorsqu'ils arriveraient à se rencontrer qu'ils arriveraient à se bâtir et à se construire, enfin, comme j'ai l'habitude de le dire, à se conjuguer dans une véritable conjugalité, c'est-à-dire véritablement à conjuguer les verbes de leur existence à la première personne du pluriel.

Car la première personne du pluriel, ce « nous », est capable de faire valoir l'ensemble comme ceux qui composent cet ensemble. Le « je » et le « tu » sont à l'intérieur du « nous ». Mais c'est parce qu'ils ont été capables de se rencontrer, de se rassembler, de se construire, de se bâtir, qu'on ne dira pas « je » ou « tu », mais « nous ».

Comme le Rav Aryé Levine lorsqu'il vint voir le médecin parce que sa femme avait une phlébite claudicante. Le médecin se leva et dit au Rav Aryé Levine: « Kevod HaRav, qu'est-ce qui me vaut l'honneur de votre présence ? » Et le Rav Aryé Levine de lui répondre: « Ma femme est un peu souffrante de la jambe. » Non, il ne dit pas « ma femme est un peu souffrante de la jambe ». Sa réponse restera emblématique.

Lorsque le médecin lui demanda: « Qu'est-ce qui me vaut l'honneur de votre présence ? », le Rav Aryé Levine répondit: « Nous avons mal à la jambe. » Vous comprenez ce qui s'était passé. Après tant d'années, comme lorsque, beaucoup plus tard, un Abraham se rendra compte, dans le désert du Sinaï, qui le conduit vers l'Égypte pharaonique, que sa femme était si belle qu'elle leva son voile et que, d'une certaine manière, c'était la façon de nous faire entendre que dans le chemin qui les emmenait vers une autre terre que la leur, eh bien, ils allaient se conjuguer à la première personne du pluriel.

Voilà, à très bientôt.

Cours de Machon Meir

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