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Caïn et Abel : la fraternité, l'amour et l'épreuve

Comment la rencontre des frères, jamais réalisée, ouvre à la liberté, à l'épreuve et au projet divin.

20 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Caïn et Abel, la fraternité dans la Genèse, 21 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à nos chers spectateurs de cette chaîne Machon Meir, qui nous entraîne dans les aventures bibliques. Et en tout cas, non seulement les aventures, mais aussi les messages, les entendements et les leçons de ce que le texte a bien voulu nous faire entendre. Je dénommerais cela l'historiosophie, c'est-à-dire la leçon morale, la leçon éthique, la leçon comportementale de l'histoire biblique, qui essaie, à travers sa leçon, de construire un peuple choisi pour être le médiateur du projet divin.

La dernière fois, je vous avais parlé de la naissance de ces deux frères. Premier homme véritable, car Adam et Ève ne l'étaient pas, ils ne sont pas les enfants d'une gestation fétale. Nous avons donc parlé d'Adam, de Caïn et d'Abel, et ces deux personnages, je vous l'avais raconté, vont par leur manière d'être, de se comporter, mais surtout de ne pas s'entendre, bien finir dans un fratricide malheureux lorsque Caïn tuera Abel. Rappelez-vous.

Nous l'avions dit: lorsque deux frères apparaissent, il s'agit de deux identités. Ces deux identités sont fondamentales. Le frère et le fils sont deux identités différentes. Le fils, ben en hébreu. Mais c'est intéressant de savoir que Caïn est le ben, c'est-à-dire ce premier-né, celui qui est non seulement le fils, parce que nous traduisons ben comme ceci, mais parce que ben, c'est aussi la racine de celui qui doit construire.

Mais voici qu'il n'est pas véritablement possible de construire pour ce fils-là, qui possède en son sein la matière à construire, s'il ne reconnaît pas, nous l'avions dit, celui qui est son frère, c'est-à-dire celui qui est le Hach. Et nous l'avions expliqué: Réa est le prochain, c'est celui qui est l'autre, c'est celui qui nous rend responsable. Et c'est parce qu'il y a cette rencontre qui devient une véritable osmose entre les deux enfants, entre les deux frères, qu'il y a une possibilité pour l'un d'être celui qui doit être, et pour l'autre également, c'est-à-dire celui qui est à même de pouvoir construire, d'élaborer, d'engager l'homme à ce que nous connaissons comme être le devenir de l'homme. Ce n'est pas un état statique.

Je vous l'avais dit, nous voyons un certain nombre de références que vous verrez certainement apparaître sur votre écran rapidement. Lorsque j'ai dit bekhor, l'aîné, et le fils, le frère, hachéni, c'est-à-dire le second et le frère, nous avons défini deux identités bien précises. Il est question ici d'une équation de la fraternité.

Pourquoi est-ce si important que les hommes aient non seulement le besoin, mais la nécessité et la liberté, ou la libre nécessité, de se rencontrer ? C'est parce que l'Éternel n'est pas celui qui veut d'abord et avant tout venir à la rencontre de l'homme, mais c'est parce que les hommes sont capables de partir à la rencontre chacun de l'autre. En hébreu, nous disons créature, briya. Le Créateur s'est boré. Vous sentez combien nous avons affaire ici à un triangle dont l'équation de la fraternité devrait trouver sa solution.

Oui, c'est parce que briya et briya, ces deux créatures, sont capables de se rencontrer, de partir à la rencontre, comme pour l'homme et la femme, de ces jeux, de ces tues devant devenir nous, c'est-à-dire la première personne du pluriel, où dans la première personne du pluriel il n'y a ni plus ni moins de la personne singulière que nous sommes. Mais il y a aussi cette volonté de vouloir appartenir, de vouloir devenir au travers de cette appartenance-là.

Dans cette rencontre entre briya et briya, entre ces créatures différentes, mais ayant la volonté ineffable de vouloir se rencontrer pour mieux se construire, à ce moment-là, lorsqu'elles se sont rencontrées, il y a bien évidemment l'opportunité de rencontrer l'Éternel. Si l'Éternel s'était dévoilé à l'homme, en aucun cas l'homme n'aurait pu avoir de libre arbitre. Comment aurait-il été possible de laisser à l'homme un tant soit peu de mouvement dans le geste, dans la pensée, si Dieu était omniprésent, omnipotent à travers l'homme, dans l'homme, dans le sein de l'homme ?

La volonté de l'Éternel, dans son humilité profonde et essentielle, de laisser place à l'homme devait permettre à ce dernier, dans son libre arbitre, mais, où je l'ai dit et je le rappelle, ce libre arbitre, s'il vient permettre à l'homme d'arbitrer son devenir, c'est à travers la compréhension de ce que veut dire liberté et nécessité. Car si liberté m'est donnée, mais offerte, mais octroyée, c'est afin de pouvoir être capable de réaliser la dure nécessité du projet divin.

Je vous l'accorde, nul ne nous a promis un jardin de roses. Nous sommes au milieu d'un jardin de ronces, oui. Un monde où l'épreuve est omniprésente, oui. Mais c'est à travers cette épreuve. Rappelez-vous, nous le verrons dans les semaines à venir: Vé-Elohim nissa et Avraham. L'Éternel a mis à l'épreuve Avraham. Le verbe lenassot, mettre à l'épreuve, tenter, essayer, devenir capable de. Le verbe mettre à l'épreuve a une racine qui veut dire nes, non pas le miracle: nes, c'est l'étendard, ce drapeau que je hisse sur les hauteurs, sur les cimes. Cela veut dire d'une manière inéluctable que tout homme capable de se confronter à l'épreuve, de traverser, de transcender l'épreuve, en sortira grandi.

Le fait que Caïn et Abel se soient refusés à l'épreuve et refusé la conscience fraternelle, et refusé l'essence de cette fraternité qui devait faire valoir qu'elle ne serait possible que par l'amour entériné par l'homme, cette erreur-là va entraîner l'homme vers sa fin. Mais il faut, dans le triangle de l'équation de la fraternité, faire en sorte que les hommes, ayant compris ce rapport d'alter ego, sachent que leur rencontre sera à même de permettre à l'Éternel de rayonner.

Nous disons: Mi keamecha Yisrael goy echad ba'aret, qui est comme toi, Israël, un peuple sur sa terre ? Et la rencontre de l'homme avec la terre, de la nation avec la terre, n'est possible que lorsque la nation est une, que lorsque l'homme se sent un, car la terre est elle aussi en patience, en attente d'une conjugalité, d'une rencontre pouvant faire de cette rencontre-là, d'une certaine manière, entre guillemets, une véritable vie conjugale, où, dans la rencontre entre la nation, l'homme, et la terre, il serait question de pouvoir jouir un jour du fruit des passions de cette rencontre.

Mais parce qu'il y a une pleine reconnaissance de ce que l'homme ou la nation est, de ce que la terre est, et c'est parce qu'il y a pleinement conscience, connaissance et reconnaissance de ce que l'un et l'autre sont, que lorsqu'ils se rencontrent, ils sont capables, comme nous l'avions expliqué à propos de la rencontre entre Adam et Ève, de donner naissance à jamais autre.

Le monde est une épreuve, où, face à la nécessité du projet divin, la liberté octroyée à l'homme engage l'homme dans un véritable combat, qui va essayer de mettre à bas l'ensemble des forces antagonistes, antinomiques, qui viendraient vouloir non seulement freiner, mais annihiler l'homme dans sa possibilité de révéler la nécessaire, ou la nécessaire nécessité du projet divin pour l'homme.

J'essaye de pouvoir encore entendre et mieux comprendre. Lorsqu'il est question, dans la relation de ces êtres, dans la relation entre l'Éternel et …

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