Gvoura, courage et Torah vivante selon le Rav Cherki
Pourquoi l'étude seule ne suffit pas : la Gvoura, la défense du peuple et la place de la politique dans la Torah.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Israël : État, réalité historique et Torah, 2 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
À nos chers téléspectateurs de la télévision de Machon Meir, nous vous souhaitons Boker tov dans cette nouvelle journée. Aravio et Benaro, shalom. Shalom ou bravo ? Et de quoi allons-nous discuter ? De quelque chose qui fait, comment dire, le verbe et la verve des émissions israéliennes, après la déclaration enseignante et cultivée du Rav Ouri Chérki, qui a déclaré que, dans les événements qui sont les nôtres aujourd'hui, dire qu'il suffisait de prier ou d'étudier était véritablement une fausse réponse, que ce n'était qu'un succès d'année, et que la primordialité serait de pouvoir apprendre, en tant que peuple, ce que voulait dire la guévoura.
La vigueur, le courage, la témérité, qui sont des notions, des midot, des traits de caractère que nous connaissons chez l'Éternel, et qui, bien sûr, doivent se retrouver au sein du peuple et de chacun de nous. Et puis nous discuterons avec Rav Yoël de ce qui nous importe énormément, et qui est peut-être la source de l'erreur qui sépare certains Israéliens d'obédience religieuse d'Israéliens d'obédience thoraïque. Mon cher Yoël, je t'écoute. J'ai énoncé la question, je n'ai rien à rajouter.
— Mon ami le docteur René Acriche, nous sommes aujourd'hui dans une situation que nous devions en réalité atteindre, et parce que nous ne sommes pas réveillés à cette situation, elle vient à nous. Je veux dire par là que cette discussion est une discussion sous-jacente, et qui est en réalité la base même de cette période ô combien longue de l'exil, qui nous a séparés littéralement de notre côté territorial, et qui a fait que le judaïsme dans lequel nous étions pendant 2000 ans n'était concentré que sur l'homme au niveau individuel et sur le temps. C'est-à-dire que le territoire n'existait pas.
Par conséquent, nous sommes devenus une religion alors que nous étions à la base, et que nous sommes encore, une nation. Eh bien, je n'arrive même pas à comprendre comment on ne comprend pas aujourd'hui que l'une des facettes de la Torah, c'est tout simplement de savoir se défendre. Comment dire que l'étude de la Torah ne s'arrête qu'à l'étude d'un texte, alors que le Rav Chérki, qui enseignait à Machon Meir, n'a pas dit qu'il ne fallait pas étudier la Torah ? Il fallait étudier la Torah. L'étude de la Torah, c'est notre vie. Mais que cette étude devienne aussi une forme vivante de Torah, ça, c'est la nouveauté. C'est-à-dire qu'il faut savoir se défendre, prendre une arme lorsqu'on a besoin de se défendre, non pas à la place de l'étude, mais en même temps que l'étude.
— Absolument. J'ai bien compris qu'il fallait ici... Et je pense que nous devons le dire et le redire. Ce qui a manqué essentiellement, et justement ce que moi j'ai trouvé, concernant la guévoura, est dans le Tanakh. Parce que le Tanakh, la Bible, la Torah, les prophètes, les hagiographes, cette étude du Tanakh, c'est là que nous retrouvons, foncièrement, dans le texte tanakhique, guibor haïl, et la guévoura de Ben Zoma dans la Michna: Eizehu guibor ? Hakovech et yitzro. Au niveau de la dimension psychologique, morale, philosophique, et bien entendu acceptable, qui viendrait contredire le fait que le guibor, le téméraire, le courageux, est celui qui doit se maîtriser, se mesurer à lui-même et être capable de donner sa véritable orientation ?
— Oui, mais ce n'est pas la première expression de la guévoura. Étant donné que le Tanakh a disparu de l'étude au profit d'une étude seulement talmudique, où les questions fusent de toutes parts, l'origine de cette conversation, de cette divergence entre les sages de l'Aggada, n'est pas faite. Je me suis rendu compte, mais tout le monde le sait, personne ne veut le dire, qu'elle se fait à coups de versets du Tanakh. C'est parce que nous étions versés dans le Tanakh que nous utilisions, excusez-moi la musicologie du
verbe, les versets du Tanakh pour essayer de converser ensemble et de pouvoir faire entendre ce que la dimension nationale proposait. Car, ne l'oublions pas, nous avons été choisis, Bachar Bachar [...], qui nous a choisis parmi les peuples pour être un peuple, afin qu'en tant que peuple, nous fassions aussi comme dans le Tanakh*, à propos de David, à propos de l'ensemble d'Avner ben Ner, de Yoav ben Ceruya, etc.
Et si nous sommes à ce point en manque de Tanakh, c'est parce que nous avions totalement perdu ce que tu rappelais, c'est-à-dire la dimension nationale, la dimension de peuple à laquelle sont intimement liés tous ceux qui se refusent à cette ténacité, à cette vigueur, à ce courage. Ce sont des gens qui sont par ailleurs, dans un autre ailleurs, mais pas dans le renouveau d'aujourd'hui. Je rappelais que l'ensemble des personnages dans le Tanakh, comme Avner ben Ner, comme Yoav ben Ceruya, comme David lui-même, ou ce que dit dans les Tehillim, David, écoute: Ḥagor ḥarbekha ʿal yerekha, gibor hodekha vehadarekha. « Porter une arme » est ici présenté par David comme étant une gloire absolument extraordinaire, mais parce que David parle en tant que roi d'Israël.
— Mon cher Rony, je pense que l'essence même de cette « dispute », si on peut appeler ça une dispute, c'est en réalité une vision de la Torah qui prend en compte la totalité de la vie, ou bien une étude de la Torah qui ne prend pas en compte la totalité de la vie, et qui se restreint, qui se limite, qui se focalise sur une étude de l'esprit.
J'entends beaucoup de gens parler: « ça, ce n'est pas spirituel. S'occuper de politique, ce n'est pas spirituel. » Moi, je pose la question: est-ce que Dieu est spirituel ? Hasse veshalom ! Dieu, c'est l'Infini, béni soit-il, qui est omnipotent et omniprésent dans tous les recoins de notre existence, y compris dans la politique. Or, le mot politique aujourd'hui est devenu une grossièreté dans le religieux, parce que ce qui gêne la plupart d'entre nous, c'est l'incapacité que nous avons à découvrir Dieu dans l'ensemble des méandres de l'histoire humaine, de la création divine. Comment découvrir Dieu chez la fourmi ? Alors, déconnecter le divin de la politique, c'est tout simplement laisser ce monde-là à l'abandon. Cela veut dire que Hakadosh Baroukh Hou n'a pas la force de venir donner son message divin dans le monde de la politique.
Or, qu'est-ce que la politique ? C'est tout simplement ce que Dieu a demandé à Abraham de devenir, c'est-à-dire une nation sur sa terre. Cela s'appelle, avec cette grossièreté aujourd'hui, au niveau religieux, medina. Hakadosh Baroukh Hou a demandé à Abraham, à nos pères, de faire medina en Israël, c'est-à-dire un État, et non pas seulement une terre, parce que beaucoup de gens tombent dans cette erreur: « Il est sioniste parce qu'il aime la terre d'Israël. » Je ne parle pas seulement de la terre d'Israël, mais de ce que nous sommes venus faire sur cette terre: ériger un État, un État dans lequel il y a une économie, dans lequel il y a un moyen social, et dans lequel il y a une armée. Tout ce contexte-là dévoile les valeurs du divin.
Cours de Machon Meir
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