Attendre la délivrance avec les yeux de l'intérieur
Pourquoi l'âme d'Israël reste pure malgré les apparences, selon le Rav Harlap et le Tikkoune Zohar 60.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : L'émouna : la dévoilement de l'infini en chacun, 17 min
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Nous sommes fidèles à notre programme et nous reprenons la suite de notre cours concernant la délivrance d'Israël. La fois précédente, nous avons vu le secret de l'attente de la délivrance. Nous avons expliqué que cette attente était en réalité associée à une vision des choses, à une capacité à voir les événements lorsqu'ils s'habillent dans la concrétisation de la vie, dans les événements naturels de notre vie. C'est-à-dire que même si, au niveau de mon idée de ce que devrait être la délivrance, je suis, entre guillemets, déçu, il
faut dépasser cette déception, parce que la délivrance d'Israël s'habillera, et surtout notre délivrance actuelle, dans des événements très naturels. Il va donc falloir avoir les yeux nécessaires, les lunettes nécessaires si vous voulez, pour décoder qu'il s'agit bel et bien de la délivrance, et que nous ne sommes pas en train de nous raconter des histoires, que nous sommes véritablement en train de vivre l'histoire de la rédemption du monde, du dévoilement de Dieu dans ce monde à travers le canal d'Erets Israël.
Aujourd'hui, nous allons donc continuer. Le Rav Harlap, dans son développement concernant cette délivrance, nous dit que si nous voulons parler de cette attente messianique, il faut mettre en relief un degré primordial. Il faut avoir la conviction, la certitude que le peuple d'Israël mérite d'être libéré à chaque instant. Autrement dit, pour attendre la délivrance d'une manière active, concrète, et pour que cette attente soit une attente positive, elle doit être accompagnée par la certitude que nous méritons, que le peuple d'Israël est dans une situation méritante pour obtenir cette délivrance.
Car si nous n'avons pas cette certitude concernant notre nation, cela veut dire que nous attendons une délivrance qui n'a aucun rapport avec la réalité dans laquelle nous vivons. Si je n'ai pas conscience que le peuple d'Israël d'aujourd'hui est capable de dévoiler, d'être le porteur du message divin sur terre, je ne peux pas être quelqu'un qui active cette délivrance. Car moi-même, je n'y crois pas. Moi-même, je ne vis pas à ce niveau-là.
Le Rav nous dit donc que l'une des conditions de cette délivrance est d'avoir la certitude que le peuple d'Israël est bel et bien méritant. Et ceci malgré le fait que, si nous regardons la réalité, nous pouvons voir ici et là, et parfois beaucoup, de difficultés et de choses qui pourraient nous amener à une conclusion: que nous ne sommes pas du tout dans une période de délivrance, dans une période messianique. Autrement dit, si nous voyons avec les yeux de l'extérieur, avec la face superficielle de la vie, on peut arriver à des conclusions exactement inverses. Nous ne sommes non seulement pas dans une période de délivrance, mais nous sommes en train de nous enfoncer de plus en plus dans un exil noir qui n'a pas de lendemain.
Le Rav nous dit que même lorsqu'il te paraîtra que le peuple d'Israël est apparemment loin de son degré de dévoilement, que le peuple d'Israël n'est pas véritablement méritant par rapport à ses actions dans ce domaine messianique, Mitzah d'Achoud, sache que tout ceci est vrai, mais seulement au niveau superficiel.
Car du côté intérieur, du côté de l'intériorité, du côté de la neshama de la nation d'Israël, cette nation est pure, cette nation est limpide, cette nation est propre, et elle est capable de dévoiler la lumière divine à cette époque. Autrement dit, il y a ici quelque chose de difficile à concevoir. Nous avons une vision superficielle, extérieure, face à une capacité de voir les choses avec des yeux de l'intérieur. Et si nous ne savons pas faire le lien, ce qui est visible au niveau extérieur peut être trompeur, et nous pouvons arriver à des conclusions néfastes et négatives par rapport à la délivrance. Vous allez donc avoir des gens qui vont dire: nous ne sommes pas du tout dans une période de délivrance, regarde ce qui se passe autour de toi. Tu rêves.
Eh bien, là, le Rav est en train de nous enseigner. Cet enseignement est pris et repris des textes de la kabbale, du Zohar, Kadosh, plus précisément dans les Tikkunei Zohar, un livre de Tikkunim, des soixante-dix arrangements du Zohar, au numéro 60, c'est-à-dire le Tikkun Sameh. Il nous dit les choses suivantes, je cite en araméen et je traduirai en français: sache que la génération des talons messianiques, c'est-à-dire la génération du dévoilement messianique, sera belle et bonne dans son intériorité, alors que, extérieurement, au niveau des vêtements, les
vêtements seront très vilains, pas beaux du tout, pas beaux à voir. Tu verras donc quelque chose qui relève de l'extérieur et qui te paraîtra complètement loin de ce que tu pensais, de ce que tu imaginais concernant la délivrance. Alors que, réellement, dans ce qui se trame à l'intérieur, dans un élément, dans un degré sous-jacent, se dévoile véritablement la bonté, l'image réelle de la nation d'Israël, qui, elle, est bonne dans son intériorité.
Et le Rav conclut: si nous n'avons pas conscience, si nous n'avons pas l'acceptation de ce secret, si nous ne comprenons pas que c'est ainsi que sera la structure au moment du dévoilement messianique, à la fin des temps, eh bien, chaque heure où tu n'auras pas cette évidence en toi, tu ne pourras ni croire ni faire en sorte de faire avancer le processus à ton niveau. C'est-à-dire que, au moment où tu te dis que la génération n'est pas méritante de l'avoir, c'est comme si tu bloquais toi-même, par cette pensée, tout le processus d'avancement. Donc si tu te dis: ce n'est pas encore le temps, ce n'est pas encore la génération en question, ce n'est pas cette génération, en tout cas, qui verra le Machiah.
Toutes ces paroles négatives proviennent de ta vision superficielle de l'être d'Israël, de la nation d'Israël sur sa terre, à commencer par des paroles du type: regarde, ils n'observent pas le Chabbat, ce sont des gens complètement mécréants, ils mangent du pain à Pessah et ils font toutes les abominations possibles et imaginables. Comment veux-tu que cette génération soit porteuse du message messianique ? Est-ce que tu plaisantes ?
Eh bien, c'est tout le secret du Zohar. Le Zohar nous enseigne qu'à la fin des temps il y aura ce paradoxe entre la facette extérieure, qui sera comme je viens de le décrire, et peut-être même pire, et la facette intérieure, qui, elle, restera dans sa pureté totale. Comment une chose pareille est-elle possible ? Eh bien, nous sommes à l'image de cet exemple. C'est-à-dire que nous sommes l'exemple même de cette chose-là. À l'intérieur de nous, nous avons une neshama qui reste sans cesse dans sa pureté initiale.
Ce que nous disons le matin lorsque nous nous levons de notre sommeil: la neshama que tu as placée en moi, Kadosh Baroukh Hou, elle est pure. Alors, où est le mal ? Le mal ne réside pas dans la neshama, mais dans les actions extérieures, superficielles. La neshama reste pure, et ce sont les actions qui sont peut-être mauvaises et vilaines. De la même manière, on ne peut pas dire à un enfant qui a fait quelque chose de mal …
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