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Le Chéma, deuxième paragraphe : téphiline et mezouzot

Le rav Cherki explique le verset Véhayou et pourquoi la Torah demande les téphilines et les mezouzot en galout.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le troisième passage du Chéma et les tsitsit, 42 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Si nous revenons au premier passage du Chéma, après avoir étudié longuement la signification du premier verset, du Baroukh Chem Kevod, et également du verset Ve'ahavta, alors nous pouvons passer au verset d'après: Ve'hayou ha-devarim ha-éléh acher anokhi metsaveh'kha hayom al livav'kha, « Ces paroles-là que je t'ordonne aujourd'hui seront sur ton cœur. » D'accord ? C'est ça que veut dire Ve'hayou. Le Ve'hayou, c'est le verbe hayou, qui veut dire être, c'est le verbe être. Le verbe être n'est pas employé à tout bout de champ dans le Tanakh, il signifie quelque chose de stable. Par exemple, Yehi or, que la lumière soit: c'est dire qu'elle a une existence stable et permanente.

Donc, il y a à ce propos un débat entre les Tanaïm, pour savoir à quel point il faut que ces paroles soient dites dans leur plénitude. Certains disent, c'est l'opinion de Rabbi Yossi, je crois, qu'il faut que les paroles en question soient dites en hébreu, en Lachon HaKodesh. Et les autres, les Hakhamim, disent non. Chéma, ça veut dire comprendre: dans toute langue que tu comprends. C'est également dans Berakhot, et même aussi dans Méguila.

Alors, c'est quoi cette différence entre les deux opinions ? D'abord, ceux qui disent que ça doit être dit en hébreu ne disent pas « le mot hébreu ». La langue hébraïque est appelée dans le Talmud du nom de Lachon HaKodesh. Ça veut dire quoi, Lachon HaKodesh ? Si c'est la langue sainte, il faudrait dire Lachon Akdocha ? La langue du Kodesh. Lachon HaKodesh, c'est la langue de la sainteté. Ça veut dire que la sainteté s'exprime à travers ce langage. Donc, ça veut dire que le véritable hébreu, c'est l'hébreu des prophètes. Oui, bien sûr, c'est la langue du Kodesh, la langue par laquelle le Kodesh s'exprime: il s'exprime par le biais des prophètes.

La Torah aussi a été donnée par un prophète, c'est Moché, qui est prophète lui aussi. Ça veut dire qu'en fait, l'hébreu que nous parlons n'est pas l'hébreu originel. Nous sommes dans une époque post-prophétique, et donc l'hébreu que nous parlons n'est plus l'hébreu originel. Et donc le débat de la Guémara, c'est de savoir à quel point on a le droit d'en passer par une forme dégradée. C'est-à-dire que, de toute manière, comme ce n'est pas la langue originelle, est-ce que c'est complètement annulé ? Ou bien non, bien au contraire, ça arrive jusqu'à la langue que l'on comprend.

Le refus de parler l'hébreu, chez certains, c'est justement… Alors, il y a deux raisons à cela. La raison officielle et la raison véritable. La raison officielle, c'est ce que tu viens de dire: c'est la langue sainte. On ne peut pas parler de la langue sainte n'importe comment. Oui, tout comme ça. C'est une langue utilisée uniquement pour le Kodesh.

La véritable raison, c'est le refus du sionisme. Étant donné que les sionistes ont décidé de parler l'hébreu, par réaction au sionisme, on ne parle pas l'hébreu. D'accord ? Donc il y a la raison officielle et la raison véritable. Parfois, c'est dit expressément, d'ailleurs. Par exemple, il y a tout un kountrès du Rabbi de Satmar qui interdit de parler l'hébreu. Oui, ça, c'est en toutes lettres: de parler l'hébreu. Et il dit, par exemple, que dans le Sifri il est dit que parler l'hébreu fait partie de l'étude de la Torah, et que les femmes n'ont pas le droit d'étudier la Torah. Donc, au moins pour les femmes, il est interdit, évidemment, de parler en hébreu.

— Il n'y a rien d'interdit pour les femmes d'étudier la Torah ?

Alors, c'est ça qu'il y a. Donc il y a ici deux éléments. D'abord, il est interdit pour les femmes d'étudier la Torah. Or, parler l'hébreu, c'est une partie de l'étude. Donc il est interdit pour les femmes, au moins, de parler en hébreu. D'accord ? De même, on a le droit de leur enseigner le Tanakh. Mais attention: on a le droit de leur enseigner le Tanakh sans les explications des Sages, parce que ça, c'est déjà la Torah be'al pé, et la Torah be'al pé est interdite.

Question au Rabbi de Satmar: mais alors, comment faire, alors que nous voyons que nos saintes mères lisaient tous les Chabbats le Tséna Ur'éna ? Le Tséna Ur'éna est un livre consacré, destiné aux femmes, écrit en yiddish, en deux volumes, sur les parachiot de la Torah. Nos saintes mères lisaient le Tséna Ur'éna de manière régulière. Et là-bas, il y a une quantité importante de commentaires qui viennent de la Guémara, sur des Nepsoukim.

Réponse du Rabbi de Satmar: non, non, non. Ce que répond le Rabbi de Satmar, c'est que, étant donné que nous voyons par nos propres yeux qu'à la manière dont c'est écrit dans le Tséna Ur'éna, elles ne comprennent rien, donc c'est permis.

— Pas mal.

— Est-ce qu'il y a vraiment un interdit pour les femmes d'étudier la Torah ?

Bien sûr ! C'est une vraie question, oui, c'est vrai. Alors, ce n'était pas une vraie réponse de ma part, mais enfin, peu importe. L'étude de la Torah est une chose extrêmement importante, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. La différence, c'est que les hommes ont l'obligation d'étudier la Torah, et les femmes n'ont pas cette obligation.

« Ces paroles doivent être inscrites sur ton cœur. » Comment sont-elles inscrites sur ton cœur ? Par le Ve'ahavta. Si tu aimes, ça s'inscrit dans ton cœur. « Et tu dois les enseigner à tes enfants, et tu en parleras lorsque tu seras installé dans ta maison, ou quand tu es en chemin. »

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans la Torah, il y a deux messages différents: la Torah de la maison et la Torah du chemin. C'est quoi la différence ? La Torah de la maison, c'est quand on est dans un cadre, disons ce qu'on appelle une zone de sécurité, quand on est chez soi. Quand on est en chemin, on est confronté à la différence, au changement, au danger. Et donc il y a une Torah qui est faite pour le chemin.

Si vous regardez dans la Torah, vous verrez que c'est la différence entre le livre de Vayikra et le livre de Bamidbar. Le livre de Vayikra est entièrement donné au pied du mont Sinaï, et le livre de Bamidbar se passe en chemin.

— Tu voulais dire quoi ?

— Bah oui, c'est ce qu'il a écrit. C'est une mitsva.

— Oui, c'est une mitsva constante.

— Non. La connaissance, c'est quoi, aimer ? Le Rambam nous dit, dans Hilkhot Techouva, chapitre 10: on ne peut aimer Dieu que par la connaissance qu'on a de lui. Et selon la connaissance vient l'amour. Si peu, peu. Et si beaucoup, beaucoup. C'est pourquoi… c'est pour ça que l'homme doit se consacrer.

Donc il faut apprendre. Est-ce qu'il entend par le Rambam connaître Hachem, sachant qu'on ne peut pas définir Dieu ? C'est-à-dire que non: d'après le Rambam, on peut tout à fait définir Dieu par la négation, en disant ce qu'il n'est pas. …

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