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Le troisième passage du Chéma et les tsitsit

Pourquoi les tsitsit aux coins du vêtement relient la fin de l'homme à l'infini et introduisent la sortie d'Égypte.

42 min

Rav Oury Cherki

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous avons commencé, je crois, et nous avons beaucoup avancé dans le deuxième passage du Chéma. Je rappelle Rachi sur « Vessamtem », n'est-ce pas ? Que dit Rachi sur ce verset ? Que vous devez mettre les téphilines, même en galout. D'où Rachi tire-t-il cela ? Parce qu'il est écrit: « Vous disparaîtrez rapidement de la bonne terre que Dieu vous donne. »

Le verset qui vient après, logiquement, si on suit la chronologie, se situe en galout. Mais il y a plus que cela. Rachi dit: « Pour que vous ne les oubliiez pas, les mitsvot, quand vous reviendrez. » D'où Rachi tire-t-il tout cela ? C'est pour le moment du retour. C'est la fin du passage: « Lémaan yirbou yemeikhem véyemei vanikhem al haadama » — « afin que vos jours s'allongent et que les jours de vos enfants s'allongent sur la terre que Dieu a juré de donner à vos ancêtres. »

Or, si au début on dit qu'on a quitté la terre, comment nos jours vont-ils s'allonger sur la terre ? En revenant, d'accord ? Donc, Rachi — je ne sais pas si c'est absolument le pchat, mais cela cadre tout à fait avec le pchat — met en évidence ce que la Torah souligne ici: ce sont des mitsvot qui, a priori, n'ont rien d'agricole. Mettre les téphilines, mettre la mezouza —

ce n'est pas agricole, au contraire. Ce sont des mitsvot qui ont un rapport avec l'écriture. On écrit les téphilines, on écrit les mezouzot. D'accord ? Or, quand on écrit quelque chose, c'est que la chose n'est plus vivante. On a besoin d'un témoignage écrit quand ce dont on parle n'est plus présent. Le temps de l'exil est donc, par excellence, le temps de l'écriture.

— Cela veut dire qu'aujourd'hui, on aurait pu le faire ?

Exactement. Aujourd'hui, on revient à la Torah chez elle, donc viendra un temps où nous mettrons le Talmud à la Guenizah. C'est-à-dire que tout ce qui a été écrit, des milliers de livres, on va s'en passer, parce que cela redeviendra vivant chez nous. Il faut toujours se rappeler que le fait d'écrire est une option de bedi'avad, a posteriori. A priori, on n'est pas censé écrire. Ce qui explique pourquoi, pendant mille ans, nos ancêtres n'ont pas écrit.

Et puis, un beau jour, quand l'exil d'Edom commence à s'approfondir, sous la domination romaine, alors le maître d'Israël, Rabbi Yehouda HaNassi, écrit. Il écrit, et le Rambam dit que c'est parce qu'il savait que la galout allait être longue, il l'a ressenti. Il fallait donc écrire. Mais cela veut dire qu'il y a une perte de vitalité.

— Oui ?

La même chose: quand la Torah est-elle écrite ? Lorsque Moshé meurt. C'est au moment où Moshé va mourir qu'elle dit: « Je vais vous écrire cela. » Tant qu'il est vivant, si je veux connaître la Torah, je vais chez Moshé.

— Et pour la Torah et pour les Neviim, comment cela se passe-t-il ? Est-ce que ce sont les prophètes eux-mêmes qui ont écrit ?

Cela dépend: chaque livre, c'est quelqu'un d'autre. Mais remarque ce que dit la Guemara: c'est Yehoshoua qui a écrit le livre de Yehoshoua. Mais comment, alors, parle-t-on de sa mort ? — Oui, mais cela a été écrit après lui, par un autre.

La même chose pour Chmouel. Qui a écrit Chmouel ? C'est Chmouel, oui, mais il est écrit qu'il est mort. Donc oui, ce sont les prophètes qui sont venus après lui. Chaque fois, c'est lors de la disparition de quelqu'un qu'on juge nécessaire d'écrire. D'accord ? C'est une règle générale. Mais quand quelque chose est vivant, il n'a pas besoin d'être écrit.

— Ce n'est pas bien d'écrire, par exemple, si on a envie d'écrire une autobiographie ?

C'est très bien d'écrire. Pourquoi écris-tu une autobiographie ?

— Pour quand je serai mort ?

Exactement. Si un jour je meurs. Voilà. Quand je fais la houppa pour un couple, je leur explique un peu avant, je les rencontre, je leur explique comment fonctionne la houppa. Je dis, par exemple, que l'engagement que l'on prend en donnant l'anneau à la mariée

s'arrête soit par le divorce, soit par la mort de l'un des deux conjoints. Le divorce, bezrat Hachem, il n'y en aura pas. La mort de l'un des deux conjoints, il y en aura certainement. C'est la vérité, non ?

— Plus tard possible.

Bien sûr. Le fait que la mort soit un scandale contre l'être humain est une chose évidente. Le Rav Kook en parle d'ailleurs. Le Rav Kook parle très longuement, dans Orot HaKodesh, du fait qu'on ne devrait pas se résigner à la mort. La mort est un scandale. Mais c'est une donnée, d'accord ? Il faut donc se libérer de cela; c'est la raison pour laquelle, un jour, on ne mourra plus. D'accord ?

Bon. Je revenais au texte de la Torah.

— Aujourd'hui, mourir, c'est un outil que…

— Oui, mais la vie terrestre a disparu ?

C'est-à-dire qu'on est composé de deux éléments, d'un corps et d'une âme, et chacun va de son côté. D'accord ? L'âme et le corps, eux, ne disparaissent pas. Si, le corps et l'âme se sont séparés. C'est cela qu'on appelle la mort. La mort n'est pas une disparition, attention. Souvent, dans la société moderne, on considère que la mort est une disparition. Non, c'est une séparation. D'accord ? Ce n'est pas agréable d'être séparé. D'accord ? Bon.

— Oui ?

Par exemple, une femme qui était mariée et qui est devenue veuve a le droit de se remarier, non ? Il y a une question qui, du point de vue de la Kabbale, pose beaucoup de choses, mais il y a une question posée par Rabbi Saadia Gaon. Rabbi Saadia Gaon demande, dans Emounot veDeot, ce qui se passe si une femme s'est mariée deux fois. Elle est veuve, elle se remarie. Et ensuite, les trois arrivent à la résurrection des morts. Chez qui revient-elle ? Bonne question, non ?

Rabbi Saadia Gaon, qui ne manquait pas de sens de l'humour, donne trois réponses. La première: elle revient au premier. La deuxième: elle revient au deuxième. La troisième: comme Moshé et Aaron seront là-bas, tu leur demanderas.

— Quelle est votre réponse à cette question ? Il y a trois réponses possibles: soit au premier, soit au deuxième, soit, comme Moshé et Aaron seront là-bas, tu leur demanderas.

Si vous êtes là-bas, vous demandez aussi, ou pas ? Moi, j'aurais demandé à Moshé. Je pense qu'il est… Qui donne la Torah ? Voilà. Bon. Je reviens au texte.

En fait, c'est la réplique de ce qu'on a dit dans le premier passage: « Vous les enseignerez à vos enfants pour en parler. » Je reviens au dernier verset: « Afin que vos jours soient nombreux, ainsi que les jours de vos enfants, sur la terre que Dieu a juré de donner à vos ancêtres, pour la leur donner, comme les jours du ciel sur la terre. »

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