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La birkat kohanim et le modim des rabbanan

Pourquoi louer Hachem pour le mal comme pour le bien, et pourquoi chacun remercie lui-même.

56 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le Chéma Israël : comprendre la phrase et son origine, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes enfin, je crois, dans le Chmoné Esré. Nous sommes arrivés à la fin du Modim, si je ne me trompe. À la fin du Modim, on dit: « Ha-El yechou'atenou veezratenou », Sela. « Ha-El » à tort, je le dis dans la version sépharade. « Yechou'atenou veezratenou ». C'est à nouveau un thème double, qu'on a vu plusieurs fois. Yechou'a, c'est le sauvetage; ezra, c'est l'aide.

En fait, ce sont deux conceptions différentes de la relation à la Providence. Il y a une relation qui voit la Providence comme étant le sauvetage. Ça veut dire que moi, je suis par moi-même incapable de faire quoi que ce soit. J'ai besoin de l'intervention directe et exclusive d'Akadosh Baruch Hou. Ça, c'est Yechou'a. Par contre, Ezra correspond un peu au fameux proverbe français: « Aide-toi, le ciel t'aidera ». C'est-à-dire la part de l'homme.

Alors, il y a toutes les possibilités. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire le bon Dieu, n'est-ce pas ? Et le mauvais Dieu ? C'est le même, n'est-ce pas ? C'est-à-dire que le Dieu qui nous fait du bien et le Dieu qui nous fait du mal, c'est le même. D'accord ? Or, il y a un problème.

La Mishna dit: « Al tov d'izacher shemecha », celui qui dit dans la prière: « Ton nom est mentionné quand tu nous fais du bien, mais chaque fois que tu nous fais du mal, on le fait-il ? » Parce que ça implique un certain dualisme. Ça veut dire que Dieu serait loué uniquement pour le bien et pas pour le mal. Est-ce qu'on peut dire vraiment que Dieu nous fait du mal ? Oui, bien sûr que Dieu nous fait du mal. C'est comme ça que c'est ressenti, c'est-à-dire que quand il y a des malheurs, des souffrances, etc.

Alors, on sait très bien que ça va finalement au bien. Ça s'appelle Kol ma de'avid rahmana létava avid. C'est-à-dire, pas « pour le bien » au présent, mais « vers le bien »: le Lamen suppose un avenir. C'est dans le futur que c'est bien, pas dans le présent. Quand on dit à quelqu'un, alors qu'il souffre, « c'est bien », c'est blasphématoire. On ne peut pas dire une chose pareille. D'un autre côté, il faut savoir que ça fait partie d'un projet. Et c'est pour ça qu'on finit la Bra'ha en disant: ton nom c'est le bien, et il est bon de te louer.

— Tu crois que c'est vrai ? Je ne comprends pas pourquoi c'est impressionnant pour toi de dire que la souffrance c'est le bien, parce qu'au final, c'est vraiment le cas.

— Ah, parce que quand ça fait mal, ça fait mal.

— Oui, mais c'est pour éviter un plus grand mal.

Oui, mais ça, ça s'appelle de l'explication. Il y a une différence entre expliquer et le vécu. Le vécu ne comprend pas l'explication. C'est dans le livre de Job. D'accord ? Dans le livre de Job, Job est entouré d'amis qui lui expliquent pourquoi il souffre, et il les rejette en disant: « Oui, mais je souffre ».

Ça veut dire que ce qu'ils donnent, ce sont des explications, et lui, ce qu'il donne, c'est un vécu. Donc ça ne peut pas se compléter. C'est comme si tu disais: combien ça vaut, deux pommes moins une orange ? Rien à voir. Des pommes, c'est des pommes, des oranges, c'est des oranges. D'accord ? Donc c'est pour ça qu'on ne peut pas dire « c'est bien ».

Maintenant, je reviens ici à la clôture de la Bra'ha. Atov shimcha, celui dont le nom est le bon. Ulekha naé lehodot. Et c'est à toi qu'il est digne de donner des remerciements, de la gratitude. Mais qu'est-ce qui est impliqué là-dedans ? Parce que dans ce qui est explicite, c'est le bien. Donc qu'est-ce qui est implicite ? Le bien, et le mal. C'est-à-dire qu'en fait, on dit que la louange est valable pour les deux modalités de révélation, soit par le bien, soit par la souffrance.

Donc, on en a fini avec la bénédiction numéro ? L'avant-dernière. Ça veut dire combien ? 18, puisqu'il y a en fait 19 bénédictions dans le Chmoné Esré. Et donc, qu'est-ce qu'on fait juste après ?

— Non, ne t'étonne pas. Vous n'êtes là que toi, ami. La bénédiction des Kohanim. Donc, ce n'est pas la même chose.

On n'a jamais parlé du Modim des rabbins. On n'a jamais parlé du Modim des rabbins.

— C'est vrai. Si on parle des Kohanim, on s'amuse.

— On parle du Modim des rabbins ? C'est bizarre.

Dans le Modim, dans la répétition du ministre officiant, alors qu'il dit le Modim, tout le monde participe. Tout le monde dit aussi le Modim. Pourquoi ? Parce que pour remercier, il faut le faire soi-même. On ne remercie pas par un intermédiaire.

Il y avait un rabbin, le Rav Chlomo Zalman Auerbach, un des grands poskim, qui, quand il était à l'hôpital, était soigné par un médecin dont la langue était l'anglais. Il a demandé qu'on lui dise comment on dit « merci » en anglais, parce qu'il voulait remercier lui-même le médecin.

Donc, le Modim des Rabbanan, c'est une autre version du Modim, qui est là parce qu'on ne peut pas remercier par un intermédiaire. Ce sont deux versions différentes, en fait, mais ça aurait pu être la même.

— Pourquoi est-ce qu'on fait la hazara ?

Ben oui, si tu fais la hazara, alors tu refais tout. Entre le...

— Ah ben, le texte n'est pas le même. Qu'est-ce qui s'écrit dans le Modim des Rabbanan ? Tiens, prenons la version que j'ai ici. Jusque-là, c'est la même chose, n'est-ce pas ? « Dieu de toute chair et créateur de Béréchit ». Alors, c'est quoi cette histoire ?

C'est, on rappelle ici, la dimension humaine. D'accord ? Yotser kol basar. Ce qui est donc dans le vécu. C'est-à-dire que le vécu, c'est ce qui participe du Modim. Alors que dans le premier Modim, c'est une reconnaissance de type, si tu veux, théorique et métaphysique. Ça commence par ça, et après ça passe à l'humain.

Deuxièmement, « nous tenons louanges et remerciements pour tout le bien que tu nous as fait », enfin, pour nous avoir donné la vie. Là, on demande quelque chose, et ça, c'est bizarre, parce que dans le Modim, on vient remercier. Or là, on vient demander. On demande, hein ?

« Que tu... », ou bien, certains disent, ça dépend des versions: nous demandons quelque chose. Mais qu'est-ce qu'on va demander, alors qu'on a demandé tout dans la prière ? On demande de pouvoir remercier. C'est pour ça qu'on dit: « Ramène-nous donc... ». Nous te remercions de pouvoir remercier.

C'est-à-dire que nous demandons de pouvoir remercier de la manière la plus totale, qui est celle du Beit HaMikdach. D'accord ? Voilà.

Maintenant, je reviens ici à la Birkat Kohanim. Je peux... ?

— Bien sûr.

— Bon. Tu avais dit deux questions.

— Non, d'accord. Bon. Donc, oui, quoi ? Qu'est-ce qu'il y a encore ?

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