Le verre, la poche et la colère chez nos sages
Trois manières de reconnaître l'homme (Pirké Avot 5) et la joie juive du mois d'Adar face au banquet de Pourim.
Rav Rony Akrich
Ensuite : La Guardia, les élèves du Gaon de Vilna et la défense d'Israël, 12 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
À nos chers téléspectateurs de la télévision du Marhambir, shalom depuis Jérusalem. Nous sommes Rosh Hodech Adar. Pour nous, la venue du mois d'Adar signifie chaque fois une nouvelle joie. Nous n'étions pas joyeux précédemment, mais lorsque le mois d'Adar vient et survient, nous avons comme un supplément de joie.
Je voulais vous parler de ce que j'avais préparé pour cette émission. Chez nos sages, dans la Guemara, c'est-à-dire à travers trois éléments, trois choses, trois manières d'être, l'homme est reconnu comme tel. C'est-à-dire, ce n'est pas simplement le rythme comme ça, lyrique de la terminologie, qui est intéressant. Kosso, c'est son verre, kiso, c'est sa poche, et kaaso, c'est sa colère.
Alors, qu'est-ce que veut dire « à travers son verre nous reconnaissons l'homme » ? Bien. Le Rav Tsvi Yehouda HaCohen Kook avait l'habitude de dire « à travers son verre », c'est-à-dire sa manière d'être lorsqu'il mange et lorsqu'il boit. Il y a différentes manières de pouvoir jouir de ce moment-là. J'y reviendrai dans un instant, parce que c'est le, comment dire, le contrepoint de ce que je voulais vous dire.
Mais qui s'ose dans sa poche: oui, il y a des hommes qui sont capables de faire de cette poche… Et nous parlons bien entendu de la monnaie sonnante et trébuchante, soit un côté très égoïste, soit un côté très donateur, c'est-à-dire très ouvert vers autrui. « Ouvre tes mains » et que nous soyons capables de rassasier toutes les volontés qui soient. De notre côté, nous avons cet égoïsme, cette misanthropie qui nous empêche de pouvoir nous ouvrir à autrui.
Et enfin, kaaso, la colère de l'homme, oui. La colère est une mida que nous considérons comme une vertu négative, et c'est d'ailleurs une grande divergence d'appréciation entre le Rav Moshe Haïm Luzzatto et le Rav Avraham Yitzhak HaCohen Kook. Le Ramhal dit dans le Derekh HaChayim que la mida de colère est absolument à annihiler, qu'elle n'a pas lieu d'être, alors que le Rav Avraham Yitzhak de Grembouk dit que l'Éternel n'a pu créer, générer une mida, une vertu, une valeur, même négative comme celle-ci, que pour une raison. Et dans ce cas précis, bien entendu, la colère est à annihiler chez tout un chacun de nous, dans notre manière d'être et notre comportement.
Mais en tout cas, lorsque nous sommes face au mal absolu, comme vis-à-vis d'Amalek, ou comme aujourd'hui face à tous ces fondamentalismes génocidaires, notre colère peut ici être positive, dans le sens où elle nous pousse à chercher les solutions afin d'éradiquer ce mal génocidaire-là.
Mais je reviens à ce verre, c'est-à-dire à la manière de manger et de boire.
Oui, lorsque le mois d'Adar arrive, chacun pense bien entendu que Pourim est très proche, et que Pourim, c'est ce banquet que nous allons tous offrir à nous-mêmes et à nos familles. Eh bien, de quelle manière ?
Devons-nous aborder ce banquet comme tous les banquets de notre histoire, comme tous les repas de notre histoire ? Nos sages expriment cela à travers cette phrase, que j'ai notée, du prophète Hochéa: il nous dit « Al tismah Israël, el guil ka'amim », ce qui veut dire: ne te réjouis pas, Israël, de la même joie
que celle des nations. Ce n'est pas un banquet où l'on mange bien et où l'on boit bien.
Les conséquences, les occurrences d'un tel banquet seront alors un certain libertinage du propos, un certain libertinage du comportement, un certain libertinage de la manière d'être. Lorsque Adam vient et que la joie entreprend Israël… Et malgré la joie, malgré le banquet, malgré les festivités, nous gardons toujours, en commençant les festivités, les propos de Torah qui sont les nôtres. Et lorsque je dis propos de Torah, c'est-à-dire tels que nous sommes en train de les prononcer en ce moment,
cela veut dire affirmer quelle est la nature identitaire de cette moralité de l'homme. Nous commençons donc le banquet, les festivités, de cette manière-là, et nous les continuons et les perpétuons durant ce banquet, même en étant plus gais qu'avant de les avoir commencées. Et même en finissant, nous terminons par des propos capables d'affirmer la stature, la nature morale de l'homme d'Israël.
Alors, si l'homme est reconnu à travers son frère, il a le droit de le lever et de dire léhaïm. Mais vous avez entendu: il ne dit pas « à ta santé » seulement, il dit « à la vie », et à la vie au pluriel, dans toute sa pluralité. Mais cette vie, dans toute sa pluralité, doit garder son essence et sa décence.
À très bientôt.
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