La Guardia, les élèves du Gaon de Vilna et la défense d'Israël
Deux épisodes de 1829 et 1872 où des élèves du Gaon défendent les juifs et la terre contre des tribus bédouines.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Iftah face au roi des Ammonites : négocier avant la guerre, 6 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le rachat des prisonniers
Mes chers amis, bonjour. Je suis heureux de vous retrouver dans ces émissions hebdomadaires que nous avons entamées il y a quelques semaines. Comme vous le savez, depuis plusieurs jours maintenant, non seulement la nation d'Israël, mais le peuple d'Israël dans son ensemble est dans un émoi des plus totaux avec le rapt ignoble et sans nom de trois de nos enfants.
Pendant des siècles, des siècles d'exil, j'allais dire des siècles d'église, mais les choses se rejoignent peut-être, les lapsus sont souvent révélateurs. En tout état de cause, durant ces siècles d'exil, nous avions toujours une idée du rachat des prisonniers dans un seul sens ou dans un seul entendement.
Et on se rappelle bien sûr l'histoire célèbre du rabbi de Rothenburg qui préféra rester enfermé dans les geôles de l'Allemagne d'antan plutôt que d'être libéré au prix d'un trésor d'argent qui viendrait à léser la population juive de ces communautés allemandes. Mais il existe aujourd'hui un point sur lequel il est important de s'arrêter, et non seulement de s'y arrêter, mais de le signaler. C'est vouloir dire et nous faire entendre que, comme à l'époque de David Ameler, au moment où une partie de la population a été prise en otage et a eu le visage rasé, on ne savait comment faire pour libérer et surtout combattre ceux qui avaient été les auteurs de cet acte ignoble. Et Yoav ben Tsrouya, le neveu de David Ameler, va intervenir auprès de David en lui disant: le combat que nous devons mener est au nom de notre peuple, au nom de notre nation.
Il n'est pas question, au moment où le peuple retrouve sa terre et au moment où il redevient une véritable identité nationale, de traiter de la même manière que furent traités les problèmes individuels, alors qu'aujourd'hui il s'agit pertinemment de problèmes relevant de l'intérêt national, de l'intérêt collectif, de l'intérêt de la vie d'ensemble. Et face à ces barbares… Je ne sais même pas si le nom barbare est suffisant. Eh bien, je vais vous raconter deux histoires qui sont tout à fait éloquentes et que j'imagine la plupart d'entre nous ne connaissaient pas.
Nous sommes en l'année 1829. Les élèves du Gaon de Vilna montent en Israël, ainsi que le voulait le Gaon lui-même, et ils s'installent au nord du pays, tout près de Rosh Pina, dans un village qu'ils fondent et dénomment Gaï-Oni, en 1829. À cette même époque, ces garçons, ces femmes qui se sont installés comprennent qu'il y a non seulement le labeur du terroir, c'est-à-dire le travail agricole qui doit être fait, ce qui d'ailleurs va leur coûter très rapidement, très cher, puisque la septième année, qu'ils considéreront sans savoir encore le comment et le pourquoi de l'année de Chmita, concernant le retour des enfants en Erets Israël et quelle doit être sa véritable législation, mais là n'est pas notre propos. En tout état de cause, le Yishouv disparaîtra et ses habitants seront dispersés.
Mais à la suite de cela, et au vu et au su des événements menés par certaines tribus bédouines sur le littoral méditerranéen jusque vers Rosh Pina, eh bien, les élèves du Gaon de Vilna, entendez bien, vont fonder une espèce de groupuscule d'autodéfense qui va s'appeler la Guardia, bien avant que HaChomer, qui est connu dans l'histoire d'Israël et du retour d'Israël, soit connu comme tel, dès les premières implantations des kibboutzim. Il y a donc dans cette jeunesse fougueuse la volonté de se former en ligue d'autodéfense afin d'assurer, bien sûr, la sécurité des nouveaux paysans, des nouveaux agriculteurs d'Israël.
La Guardia, composée d'une vingtaine, seulement d'une vingtaine d'élèves du Gaon de Vilna, avec des fusils, en 1829, cent ans avant les progrès de Rishonim. Les élèves du Gaon de Vilna ont des fusils qui sont, en fin de compte, des fusils venant du stock français des armées napoléoniennes. Ce sont de grands fusils à un coup. Je vous emmène avec moi à Jérusalem, au même moment.
Un chef de tribu, un cheikh, vient voir un des rabbins de Jérusalem et il lui pose sur la table un sac de tefilin. Le rabbin lui demande: qu'est-ce donc ? Et le cheikh lui dit: nous avons pris en otage, fait prisonniers un certain nombre de vos juifs dont voici les signes. Le rabbin engage une négociation très dure avec le cheikh, réussit à lui faire baisser le prix, et on se quitte avec, bien entendu, la décision formelle que le rabbin, avec les habitants juifs de Jérusalem, feront tout pour ramasser l'argent, verser la rançon et libérer les Juifs faits prisonniers par le cheikh.
Dans la même pièce, il y a un homme dont le Rav ne sait pas qui il est, sincèrement, en dehors d'être un très bon élève de Guemara. Et cet élève se lève et lui dit: Rav, pensez-vous seulement que l'acte commis par le cheikh et sa tribu est un acte qui demande simplement une rançon afin que ces hommes soient libérés ? Ce qu'a fait le cheikh et sa tribu remet en cause la volonté que nous avons de revenir, de rentrer au foyer, que nous voulons reconstruire la nation d'Israël et la terre des rêves d'Israël. C'est un autre Sefer Torah que celui-là. C'est le Sefer Torah du Melekh, celui qui était écrit par le roi lui-même.
Alors que l'autre Sefer Torah restait dans l'arche sainte, le Sefer Torah écrit par le Melekh, par le roi, était celui qui permettait à Israël de préserver Kavod Israël, l'honneur d'Israël. Le Rav ne sait plus quoi dire, mais l'élève sait quoi faire. Il prend ses camarades et, dans une opération de nuit, va attaquer la tribu du cheikh qui se trouve tout près de la région de Bnei Brak d'aujourd'hui. Ils vont être défaits à plate couture, parce que la surprise jouera, bien entendu. Les Juifs ont été libérés, mais les deux tribus ont disparu de la terre d'Israël. Elles se sont tout simplement enfuies.
Des années plus tard, en 1872, entendez bien, Jérusalem est menacée d'une action de la part des Arabes de Jérusalem, et où ? Près de Tsour Baher, ce qui est aujourd'hui l'imitrophe de Armon Hanatsiv, pour ceux qui connaissent, c'est-à-dire la promenade d'Armon Hanatsiv. Et bien là aussi, la Guardia va intervenir, et dans la même nuit, en se jetant sur cette tribu qui réside à Tsour Baher, va faire vingt-quatre morts alors qu'ils n'ont que quatorze fusils et donc quatorze balles. Étonnant, bien sûr. Mais, en tout cas, sachez que cette Guardia, en 1872, sera décorée par le gouvernement ottoman de Constantinople. Des Turcs. Vous voyez, il y a dans cette histoire un moussar haskel, ce que nous appelons, c'est-à-dire une leçon à tirer de cela.
Et d'abord, dans ce que veut dire le Sefer Torah écrit par le roi, dans l'action des élèves du Gaon de Vilna à des années d'intervalle, mais de manière récurrente, afin non seulement de sauver l'honneur de ces Juifs, mais l'honneur des Juifs, ils y voyaient l'honneur d'Israël.
Cours de Machon Meir
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