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Pourquoi certains anciens d'Israël veulent-ils ressembler aux nations

Ézéchiel 20 : la question du Kohen et de l'esclave, et le danger de se sentir séparé plutôt que différent.

7 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Moïse, Samuel et la question du pouvoir en Israël, 16 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers téléspectateurs, content de vous retrouver ici au Machon Meir et de pouvoir vous donner, grâce à notre régie si sympathique, quelques leçons de Torah Teret Yisrael. Nous avions parlé la dernière fois, bien évidemment, de ce contrat d'alliance entre l'Éternel et les enfants d'Israël, mais entre l'Éternel et tous les enfants.

Et je vous avais dit que certains trouvaient que le poids, le joug de cette alliance était excessivement difficile à supporter. Alors, j'ai trouvé dans le prophète Yehezkel, au chapitre 20, ceci écrit.

C'est-à-dire que l'Éternel dit au prophète de dire aux enfants d'Israël, apparemment aux anciens d'Israël, certains parmi eux, exilés du royaume d'Israël en Babylonie, bien avant que le royaume de Judée ne tombe et que le Temple n'existe plus. Le Temple est encore debout, il y a encore un Sanhédrin, un grand prêtre, un prophète, etc. Quand les anciens se rendent auprès de Jérusalem et viennent lui dire: « Dites-nous, prophète, nous avons quelques questions à te poser. » Le prophète leur dit: « Faites donc, messieurs ! » et leur propose une réflexion: « Dis-nous, Jérusalem, un Kohen qui achète un esclave, est-ce que l'esclave doit manger de la dîme du Kohen ? » Absolument, il doit. Très bien.

« Dites-nous, prophète, si le Kohen venait à vendre cet esclave à un des enfants d'Israël, est-ce que l'esclave serait toujours à même de devoir accepter la dîme du Kohen ? » Non. « Eh bien, dites-donc, prophète, nous qui sommes aujourd'hui installés à Babylone, qui ne sommes plus les serviteurs de l'Éternel, du Kohen transcendant de l'histoire, eh bien, nous n'avons plus à déguster la dîme du Kohen. Nous serait-il permis d'adorer le bois et la pierre ? »

En fin de compte, ce qu'ils voudraient, comme ils le disent dans le chapitre 20, c'est nier Kérol à Goïm: nous voudrions devenir comme toutes les nations, sans aucune différence ni séparation. Mais vous comprenez que ces anciens, à ce moment-là, sentaient beaucoup plus la situation de séparation que de différenciation. Car en fin de compte, lorsque vous êtes différent de l'autre, cela ne vous empêche guère de pouvoir vivre et devenir avec l'autre, si différent de vous. Justement, vous êtes dans la recherche plurielle de l'expression, de l'être, de son devenir. Et c'est à travers cette mosaïque si différente dans chacune de ses pièces que, réunies ensemble, elles sont capables de redonner, de revaloriser l'image première de l'ensemble.

Eh bien, eux disent à Yehezkel: nous ne voulons pas, nous voulons être comme tout le monde. Certainement, je pense, parce qu'il se sentait différent, il n'avait peut-être aucune leçon apprise de ce que voulait dire véritablement être un Hébreu en Erets Israël, et de cette différenciation qu'il y avait là. Alors il se sentait non pas différent, il se sentait séparé.

Ah, c'est terrible lorsqu'on ne se sent pas différent, parce que dans le sentiment de la différence, il y a une lettre de noblesse. Dans le sentiment de la séparation, il y a une lettre de faiblesse. Eh bien, lorsque ces lettres sont tellement séparées, il est vrai que la lettre qui s'écrit n'est pas toujours le plus bel hommage à soi-même.

Alors l'Éternel répond par Yehezkel: « La reine est morte, elle bête Israël. » Dis-leur à la maison d'Israël: « Ko amar Adonaï Elohim », ainsi parle l'Éternel, le Dieu créateur: « Abadére, rabotére, matem nitmahim »: est-ce que sur le chemin de vos pères vous voulez vous impurifier ? « V'acharechikoutse matem zonim »: et allez-vous vous prostituer à l'ensemble de ce qui est fallacieux ? Yehezkel continue au verset 20, chapitre 32.

Il dit, voilà: vous pensiez peut-être qu'en venant me dire, avec cette parabole du Kohen et de son serviteur, que je comprendrais et que j'acquiescerais, pour ainsi vous dire, « oh, vous voilà départis de toute obligation, vous n'êtes plus les obligés de quiconque ». Eh bien, ce qui vous vient à l'esprit ne sera pas. Et sachez que ce qu'il ne sera pas, c'est que vous ayez tellement le désir de faire l'avodah zara.

Je terminerai maintenant en vous disant que avodah zara, ce n'est pas adorer la pierre et le bois, comme ils disent. Avodah zara, c'est déjà faire un travail qui est étranger, c'est-à-dire aller à l'encontre de ce que je devrais être. C'est-à-dire, si je me mets à servir autre que moi, il y a déjà un début de travail qui est étranger.

Israël est à même de servir l'identité d'Israël, sous toutes ses formes: dans sa langue, dans son histoire, dans sa culture, et bien sûr dans sa terre. Alors vouloir aller sur une autre terre, parler une autre langue, adorer une autre culture, et penser ainsi pouvoir se construire une autre histoire, cela s'appelle avodah zara, chez Israël lekha, un travail qui est étranger.

La plus grande des idolâtries, ce n'est pas d'adorer la statue du Baal ou de l'Achtoret. Non, c'est de ne pas aimer ce que je devrais être, c'est-à-dire que je suis incapable de m'aimer moi-même.

À la prochaine. Shalom, shalom.

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