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Pourim, une fête sérieuse à ne pas réduire aux masques

Rav Ronny Akrich et Yoël Ben Arosh mettent en garde contre une fête vécue en surface, loin de la Terre d'Israël.

15 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : La bénédiction des Cohanim, une bénédiction d'amour, 17 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne du Machon Meir depuis Jérusalem pour notre émission en tête à tête avec mon cher et adorable ami, Rav Yoël Ben Arosh. Chalom.

Rony Akrich: Chalom, mon cher ami. Bokro.

Rav Yoël: Bokro. Yoël, aujourd'hui j'aurais aimé qu'on s'entretienne, parce que nous approchons de Pourim. Et pour ne rien te cacher, je suis légèrement, mais foncièrement, dépité par un certain nombre d'événements qui touchent à Pourim, et qui me laissent l'impression qu'on nous empêche de véritablement penser au sens que je considère comme essentiel concernant le message de la Méguila.

Qu'est-ce qui me dérange ? Le fait qu'on soit obnubilé par les déguisements, par le Festivus, comme appelait cela Philippe Muray, les matanot laévionim, les cadeaux, les pauvres, la bouffe, le vin, etc. Et en fin de compte, on est comme, comment dire, perdu à travers un nombre de choses que nous devons faire.

Et j'ai l'impression, pas seulement l'impression, j'en ai presque la certitude, que la plupart d'entre nous ne pensons guère. Et cela me fait penser, bien entendu, à ce que la Guemara, dans Méguila page 14a, vient nous dire: on ne récite pas le Hallel à Pourim. Et la question que la Guemara pose, je résume bien entendu, mon ami, c'est: ayant été sauvés de l'esclavage vers la liberté, voulurent-ils le Hallel ?

Et voici que, sauvés de la mort, permettant à votre vie d'être, vous ne prononcez pas le Hallel. Et nos sages de répondre que, lorsque l'on réside en Houtz La'Arets, on ne récite pas le Hallel. Donc il n'y a pas de chant, de cantique de remerciement, lorsqu'on se trouve sur une terre étrangère. Mais alors la fin, mon cher Yoël, elle me laisse pantois, si ce n'est quoi. Vous savez pourquoi vous ne chantez pas le Hallel ?

La fin de la Souccot, c'est... Nous sommes restés. Et donc je veux insister, dans notre tête à tête aujourd'hui, sur ce fait que, véritablement, ceux qui restent en exil sont mutilés intérieurement, au niveau de l'esprit comme au niveau du corps de leur être. Mais ceux qui sont en Israël aujourd'hui me donnent nettement l'impression et l'expression d'avoir été libérés au niveau physique.

Mais quand nous sommes, toi et moi, témoins des événements que nous vivons, encore hier matin, aux portes de ma ville, qui est à Tarba, je me dis que, d'une certaine manière, lorsque les hommes que nous sommes, et je l'ai écrit en hébreu sur les réseaux sociaux et en français également, mais je résume mon idée, ne sommes-nous pas, en vérité, des propriétaires qui se considèrent comme locataires, et qui, en conséquence de quoi, se privent d'une véritable joie ?

Mon ami Rony, tout ce que tu viens de dire est réel. Les sages nous disent dans la Kabbale que le Satan, c'est-à-dire la force déviatrice, tel que son nom l'indique, vient nous dévier de l'essence des choses. C'est-à-dire qu'aujourd'hui nous fêtons les fêtes, même celles du calendrier juif, d'une manière superficielle. On a perdu, en fait, l'essence de la fête, le sens profond de cette fête. Et ce qui nous reste, ce sont les artifices, c'est-à-dire les masques et les vêtements,

et les chants, et le repas de Pourim, et boire du vin, et tout ce que tu as mentionné à côté. Alors que Pourim est une fête sérieuse. Pourim est une fête qui a évité un pogrom, un pogrom du peuple d'Israël, parce que... même plus qu'un pogrom, une véritable solution finale. Une véritable solution finale, parce qu'après le temps de l'exil, qui s'était terminé, les enfants d'Israël n'ont pas compris qu'il s'agissait d'une période limitée dans le temps, et qu'il fallait réintégrer la terre d'Israël.

C'est-à-dire qu'en vérité, pour Pourim, nous ne pouvons pas simplement être les exégètes modernes, en expliquant que nous pensons que l'événement de Pourim s'est déroulé après la déclaration de Cyrus, qui clôt le Tanakh, pour ceux de nos téléspectateurs qui ne le savent pas. C'est-à-dire que Cyrus déclare la possibilité pour les enfants d'Israël de rejoindre Jérusalem, la Judée, et même, qui plus est, de redonner l'esprit à cette Judée en reconstruisant la Maison de l'Éternel.

En réalité, il y a eu le vote à l'ONU de cette époque. Cyrus est appelé comme Machia'h par Hakadoch Baroukh Hou. Il donne, il signe, comme le traité de Balfour, la possibilité au peuple juif de monter, de revenir sur la terre d'Israël. Et d'ailleurs, la Guemara pose la question: pourquoi le peuple a-t-il subi ce presque...

Pogrom, cette presque solution finale ? Et les élèves de Rabbi Chimon Bar Yo'haï, qui ont compris la leçon, disent pour une seule chose. Alors je répète, parce qu'ils ont profité du repas de ce fameux méchant. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tout simplement: au lieu de profiter de l'occasion pour revenir manger à la table de l'Éternel,

eh bien, ils continuent de vivre à l'étranger, dans un pays étranger, alors que la religion est bien mise en avant, c'est-à-dire qu'on mange casher, on boit du vin casher.

Il n'y a aucun problème, aucun souci, on est très religieux, mais on a oublié l'essence. On a oublié que nous sommes une nation qui doit rentrer sur sa terre. Et si la chose se répète aujourd'hui, c'est une catastrophe, parce qu'on ne comprend pas le sens profond de Pourim. Moi, je ne dirais pas « si la chose se reproduit »: je n'oserais jamais dire « si la chose se reproduit », parce que je n'y mets aucune condition, c'est une réalité. Donc c'est très grave. C'est une réalité à laquelle nous sommes confrontés.

Ceux qui sont arrivés entre le Tigre et l'Euphrate vinrent voir Yehezkel — pour ceux que ça intéresse, le prophète Yehezkel, chapitres 33 à 36 — où, à la fin du chapitre 36, Yehezkel se permet de déclarer prophétiquement: « Vous avez profané Mon nom », parce que les nations étrangères, l'Empire babylonien, sont capables de vous montrer du doigt et de dire: « Ce sont ceux qui sont sortis de sa terre. » Le peuple de Dieu qui a quitté la terre.

Tu sais, j'ai véritablement l'impression qu'à l'époque de Pourim, bien avant que le décret de solution finale soit décrété, eh bien, ils étaient déjà montrés du doigt. Comme ceux qui, après la déclaration de Cyrus, n'avaient pas exaucé le vœu pieux que l'on croyait entendre de leur part, « l'an prochain à Jérusalem », et qui étaient, excuse-moi le terme, de piètres menteurs jusqu'à aujourd'hui.

Il y a un problème énorme, énorme. Quand quelqu'un, le lendemain de Pourim, me téléphone de l'étranger en me disant: « Comment était Pourim ? », et que moi je lui dis: « Comment était ton Pourim ? Peux-tu me parler de ton Pourim ? », il me répond que c'était super bien, on était plein de monde, on a fait la michté, on a fait la Méguila, on a fait, on a fait, on a fait. Et que je lui pose la question: est-ce que tu as compris le sens de la fête ?

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