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Bamidbar, le désert comme lieu où la parole s'élève

Le livre des recensements expliqué par le jeu entre Bamidbar et Bamidaber, et le sens du désert et du recensement.

14 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : L'impatience d'Israël, espoir de la délivrance, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Mes chers amis, shalom, je suis heureux de vous retrouver. Cette semaine, on va parler de ce nouveau livre que nous allons entamer dans la lecture périodique à la Beit Knesset, à la synagogue: le livre de Bamidbar. Il s'appelle ainsi, et vous savez qu'en français nous le traduisons par le livre des Nombres. Oui, parce qu'il y a des recensements. Mais j'ai essayé de préparer quelque chose pour notre rencontre qui me fait excessivement plaisir.

Et de vous dire: si Bamidbar est traduit comme étant les Nombres, je l'expliquerai dans un instant, je veux que vous entendiez, dans le mot Bamidbar, non pas Midbar, c'est-à-dire le désert, mais Bamidaber, c'est-à-dire que dans cela, il y a la possibilité que la parole s'exprime.

Oui, alors il y a bien sûr une relation intrinsèque au niveau de la sémantique. C'est-à-dire que si la parole est capable de s'émettre, elle ne peut mieux s'émettre que dans un lieu où l'environnement est, je dirais, silencieux, serein. Car dans les bruits de notre existence, il est toujours difficile de faire entendre la parole, la bonne parole, la juste parole.

L'entrée en matière: Ba-Midbar, c'est dans ce désert que la parole s'exprime, et c'est d'ailleurs dans ce désert que la parole divine va s'exprimer. Nous sortons d'Égypte, nous nous retrouvons dans ce désert où la parole de l'Éternel va devoir s'exprimer. C'est un véritable et très long chemin, celui d'un peuple libéré. Mais être libéré ne veut pas dire qu'au moment de la libération, je suis devenu souverain, pas du tout.

La libération me permet de me mettre en chemin vers la souveraineté. En quelque sorte, vous diriez que le chemin que je poursuis, c'est de Mitsraïm, de l'Égypte, vers Yerouchalaïm. Mais pas seulement. D'Égypte vers Erets Israël, mais même arrivé en Erets Israël, il me faudra, d'Erets Israël, aller vers Yerouchalaïm. C'est la raison pour laquelle je disais hier soir dans un cours que je donnais:

Faire son alia en Erets Israël, c'est bien, mais ce n'est que le début des épreuves, puisque avoir les pieds sur terre n'est pas suffisant. Il faut encore faire de la terre le plus bel endroit du firmament, si je puis m'exprimer de cette manière-là.

Alors, le livre de Bamidbar s'appelle le livre des recensements. Je l'ai noté ici chez moi. Il y eut deux recensements dans le fil conducteur de l'histoire de Bamidbar. Il y a un premier recensement, celui que nous lirons ce Chabbat, à savoir combien d'hommes, de femmes, d'enfants sont sortis d'Égypte. Et il y aura un deuxième recensement. Le deuxième recensement aura lieu dans la sidra, dans la paracha de Pinhas. Mais ce recensement aura lieu après un événement terrible qui fera toute la différence entre le premier recensement et le second.

Certains me diront: mais à quoi bon devoir recenser ? Rachi a là-bas une explication tout à fait sympathique. Recenser les gens, compter les gens présents, c'est d'une certaine manière vouloir affirmer son amour pour toutes ces personnes-là, son intérêt, pas l'intérêt matériel bien entendu, mais l'intérêt sensible, l'intérêt sentimental. J'espère que vous me comprenez bien, entendu.

La différence donc entre le premier recensement et le second, c'est qu'entre les deux va se passer un événement tout à fait, je vais dire, dramatique. Oui, dramatique. Parce que certains diront tragique. Non, je dis que la tragédie, quand elle est grecque, c'est un drame qui se finit mal. Alors que lorsqu'on dit pour les Hébreux dramatique, c'est une tragédie qui se finit bien. Alors on emploiera le mot dramatique. Oui, oui, c'est bien.

Donc un drame se déroule, et ce drame, certains d'entre vous s'en rappelleront: c'est le drame de la faute des explorateurs. C'est-à-dire ces princes, ou comme dit Rachi, ces sages d'Israël, qui étaient des sommités, qui vont aller visiter Erets Israël et qui vont revenir de leur visite en diffamant la terre d'Israël, ce qui va entraîner la mort au fur et à mesure des pérégrinations, des quarante ans dans ce désert, de toute la génération sortie d'Égypte.

Et donc le recensement à l'époque de Pinhas sera de recenser ceux qui sont, en fin de compte, la nouvelle génération, née dans ce désert-là au moment de ces pérégrinations qui sont les nôtres. Le désert.

Je dirais que le désert est le lieu. Essayez d'entendre dans le mot désert. Je dis: oh, c'est un vrai désert. C'est un lieu où l'on pourrait dire que le désert est sans émouna ni loi, que le désert est un lieu qui serait abandonné. J'essaie de comprendre pourquoi, dans le texte:

« Il se mit à les recenser dans le désert du Sinaï. »

Nous avons parlé concernant la parole. Mais j'essaie d'analyser, de comprendre, d'entendre surtout le mot désert. Et je dis: c'est un lieu sans émouna ni loi, un lieu totalement abandonné. Et qu'est-ce que veut dire recenser ? Il vient à les recenser dans le désert. Le désert, je viens de l'expliquer, est de deux manières. Mais le recensement ici, alors j'écris, d'une certaine manière, ce serait

« maître de l'ordre ». Le recensement, c'est maître de l'ordre. Et vous pourriez dire aussi: c'est non seulement maître de l'ordre, mais maître en ordre.

Mettre en ordre et mettre de l'ordre dans quoi ? Dans une population qui vient d'être libérée des carcans de l'exil, et qui d'un coup entend qu'elle n'est pas seulement une populace, une plèbe sortie des carcans de l'exil, mais un véritable peuple, et qui plus est, non seulement un peuple, mais un peuple auquel une terre est promise, ce qui vient lui faire entendre qu'elle doit devenir une nation. Le recensement dans le désert, c'est mettre de l'ordre et mettre en ordre

la société humaine de ces Hébreux, parce que cette société de ces humains hébreux va devenir Oumá, c'est-à-dire la nation d'Israël. Il y avait dans ce désert une manière de se mettre en marche et une manière de faire une pause dans cette marche-là. Et lorsque les Hébreux montaient leur campement, c'était, je me le suis écrit ici, en cercle concentrique.

Qu'y avait-il à l'intérieur, au plus intérieur du cercle concentrique ? Le Ohel Moèd. Vous savez comment nous traduisons en français le Ohel Moèd ? La tente d'assignation. C'est parce que Moshé était interpellé pour y venir. Il était assigné dans cette tente-là, et donc il rentrait dans cette rencontre des plus intérieures. Moèd, en hébreu, souvent nous le traduisons par la fête, mais c'est une mauvaise traduction. Moèd, c'est être invité à, assigné à cette invitation-là. Et donc la tente d'assignation, au milieu du camp, c'est-à-dire au milieu de ce désert, exige une rencontre.

Le seul fait que les Hébreux voient cette tente monter, en sachant que la Chekhina y venait résider pour rencontrer Moshé, c'était d'une certaine manière essayer de convoquer, sans même que les enfants d'Israël aient à y pénétrer, de convoquer les enfants d'Israël à entendre cette parole qui venait les interpeller, tout un chacun.

Cette tente au plus intérieur du décompte des cercles concentriques d'Israël interpellait les enfants d'Israël dans ce qu'ils avaient de plus intérieur. C'est-à-dire qu'en fin de compte, la seule présence du Ohel Moèd n'était pas …

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