Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Yom HaKippourim, lâcher prise et entrée dans l'infini

Pourquoi le jour du Kippour est un voyage vers la réalité cachée, et comment vivre ce jeûne sans rester prisonnier du temps.

51 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le service de Kippour au Temple et la révélation des secrets, 59 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom ouvracha, mahatima tova à tous, birchout rabbanim, chacun avec le kavod qui lui est dû, mon ami Erav, Eli, Léo. Nous allons bien entendu aujourd'hui parler de Yom HaKippourim, mais d'une manière peut-être différente de ce que vous avez sûrement déjà entendu.

Il faut savoir que la réalité que vous croyez, que nous croyons être réelle, n'est même pas 1 % de la vérité. Tout ce que vous voyez ici, tout ce que vous ne voyez pas, c'est 99,9 % d'énergie. Ce que vous voyez réellement, concrètement, ce qu'on appelle le concret, n'est même pas 0,0001. Rien du tout. Et nous sommes tous focalisés sur cette réalité soi-disant réelle, palpable, et nous ratons l'essentiel.

Moi, je me suis posé une question toute simple. Si la réalité véritable, à 99,999 %, est tellement grande, c'est l'intériorité, c'est l'énergie de tout, comment se fait-il qu'il n'y ait pas un tsunami de cette puissance-là qui recouvre les petits malheureux 0,001 ? Ce n'est pas normal de tenir face à cette grande lumière et de ne pas être noyé à l'intérieur.

La réponse se trouve dans Iyov. Hakadosh Baroukh Hou nous dit: « J'ai fait un travail extraordinaire de freinage. » Dans le texte, Tolé … Tout ce que vous voyez, en réalité, il y aurait dû avoir une vague qui recouvre ce petit pourcentage de 0,001 par les 99,9 d'énergie. Cela ne se fait pas parce que Hakadosh Baroukh Hou a mis un écran pour protéger ces 0,001 %.

Et pourquoi ? Pour qu'on puisse croire, dans ce petit pourcentage de rien du tout, que Dieu n'est pas. Autrement dit, j'ai la possibilité d'avoir un choix à chaque instant, parce que les 99,999 ne sont pas visibles. Dieu cache donc l'essentiel, l'intériorité, toute l'énergie, pour te laisser une place, à tel point que tu as l'impression que la seule existence, c'est ça. Alors que tout est faux, tout est erroné.

Et voilà ce qui se passe ici, à Kippourim: ces 0,01 % s'annulent. L'écran se lève ce jour-là. La réalité extérieure, que vous croyez être la réalité, entre dans la vraie réalité des 99,999. Cela veut dire, quelque part, que la réalité extérieure telle que nous la voyons, telle que nous la percevons, eh bien, on s'aperçoit qu'en réalité, il n'en est rien.

Et donc on va te demander de vivre, non pas selon ces 0,01 % dont tu as l'habitude pendant toute l'année. On va te dire: laisse-toi traverser. Il y a un grand tsunami de 99,9 % qui va envahir toute ton existence. Laisse-toi porter. Et donc la chose la plus difficile, et c'est la seule chose réelle qu'il faut faire, c'est lâcher prise.

D'ailleurs, le Rambam appelle cette journée Chvita, le jour de la grève totale, le dixième jour de l'année, Yom HaKippourim. Et donc, ce jour-là, nous sommes dans un grand mikvé. Nous entrons dans la matrice même qui nous a portés avant de nous accoucher. Comme un bébé qui est déjà sorti, une fois par an, le monde entier rentre dans le ventre de l'Infini.

Et parce qu'il y a ce monde extérieur de 0, rien ne va se laisser traverser par cette grande énergie immense de 99,9 %. Et bien, Yom HaKippourim se dit en hébreu toujours au pluriel. Ça n'existe pas, Kippour. Yom HaKippourim. Parce qu'il y a, en ce jour-là, deux degrés: un où tu as l'impression d'avoir toute ta vie la réalité palpable, touchable, et l'autre, la vraie réalité, mais cachée. Donc les 99 % et le 1 %, ce sont deux ensembles qui s'opposent. Deux degrés.

Ce jour-là, donc, on va faire un mouvement de retour, dans l'intérieur de la matrice qui précède la vie. Ce jour-là, on entre dans le ventre de maman. Et cette fois-ci, ce n'est pas maman, c'est un degré très élevé qu'on appelle dans la Kabbale Ima Ilaa, la maman d'en haut. On va l'appeler, en d'autres termes, aussi Bina. On va l'appeler encore d'une autre façon: pas le futur, comme dans vos traductions en français, le monde futur. Ça n'existe pas, le monde futur. C'est le monde qui vient.

On ne dit pas en hébreu « pourquoi tu parles du futur ? » Vous savez pourquoi ? Parce que pour toi, étant donné que tu ne vois pas ce degré-là, tu te dis: je vais le rejoindre quand je vais quitter ce monde. C'est dommage. Il vaut mieux voir ce degré-là de ton vivant. Et d'ailleurs, la plus grande des bénédictions dans la Guemara, c'est de voir les 99,999 % de la vraie vérité de ton vivant. Tu n'as pas besoin de mourir pour atteindre cette lumière.

Et donc, en hébreu, ça se dit: je te souhaite de voir la vérité absolue des 99 % de ton vivant. N'attends pas de mourir pour atteindre ce degré. C'est de ton vivant que tu dois avoir un contact avec cette immensité, la vraie, pas les 0,1 %.

Ce mouvement-là de rentrer, d'être absorbé, de nous annuler ce jour-là, Yom HaKippourim, dans cette matrice infinie, se réalise par un geste: l'entrée du Kohen Gadol dans le Saint des Saints. Quand vous voyez le Kohen Gadol entrer dans le Kodesh HaKodachim, en réalité, c'est qui ? C'est l'univers tout entier, Israël en tête, qui entre sous la forme de cet homme qui s'appelle le Kohen Gadol. Vous comprenez bien qu'il est loin d'être un homme individuellement parlant. C'est tout l'univers qui revient dans cette matrice féminine, énorme, divine, et nous, nous attendons à l'extérieur, mais nous le poussons.

Et sachez quelque chose, mes chers amis: si ce Kohen, à un instant donné de son travail, oublie qu'il est l'univers tout entier qui entre dans ce fœtus, il meurt. Le Kohen ne doit avoir qu'une seule conscience: il n'est pas un homme privé, il est l'ensemble qui est en train de rentrer, et sur ses épaules, cette responsabilité de nous raconter ce qu'il aura vu là-bas, dans les 99,9 %, dans la vérité absolue. Et donc on l'attend avec impatience, et on va lui faire une grande fête au moment de sa sortie. On va lui dire: qu'est-ce que tu as vu ? Raconte ! C'est pour ça qu'il rentre.

Ce n'est pas pour faire un travail qui n'a aucun rapport avec le dehors. Non. On t'envoie pour aller rentrer dans le ventre de maman. Vous vous rappelez ce que la Guemara nous dit dans le traité de Nida, à la page 30 ? Que quand nous étions fœtus à l'intérieur du ventre de maman, on savait tout, on voyait tout, de l'extrémité du monde jusqu'à l'extrémité du monde, parce qu'il y a une lumière qui est éclairée. Et tout était clair, limpide. Il n'y avait pas d'obstacle. Il n'y avait pas de temps. Il n'y avait pas d'espace. Il n'y avait même pas d'être.

La preuve, c'est que tu ne comptes pas les jours où tu étais dans le ventre de maman. Un bébé qui vient de naître il y a deux mois, tu ne dis pas qu'il a onze mois. On ne compte pas les neuf mois passés dans le ventre de maman. Pourquoi ? …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

Cours sur Yom Kippour, le pardon et la techouva.

  1. 4
    La bénédiction de Kippour selon la Mishna de Yoma
    Pourquoi Kippour purifie : la tahara, Jérusalem et le retour à son identité juive.
    17 min
  2. 5
    Kippour, l'unité hors du temps et la techouva
    Pourquoi Kippour est appelé Yoma et Akhat Bashana, et comment la techouva agit au-delà du temps.
    58 min
  3. 6
    Yom HaKippourim, un jour d'unité entre haut et bas
    Pourquoi la Torah parle de Kippourim au pluriel, et comment le jour de Kippour unit l'éternel au temps.
    59 min
  4. 7
    Yom HaKippourim, le jour qui touche au-delà du temps
    Pourquoi Kippour se dit au pluriel, et comment la techouva agit au-delà du temps et de l'espace.
    51 min
  5. 8
    Yom HaKippourim, lâcher prise et entrée dans l'infini
    Pourquoi le jour du Kippour est un voyage vers la réalité cachée, et comment vivre ce jeûne sans rester prisonnier du temps.
    En cours de lecture
  6. 9
    Le service de Kippour au Temple et la révélation des secrets
    Le grand prêtre entre dans le Saint des saints : il voit le monde des émanations et reçoit des secrets de la Torah.
    59 min
  7. 10
    Kippour, jour de pardon et de joie : l'union avec Hachem
    Rav Nahman de Breslev explique pourquoi Kippour est le jour de noces d'Israël et d'Hachem.
    2 h 16

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav