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Yom HaKippourim, un jour d'unité entre haut et bas

Pourquoi la Torah parle de Kippourim au pluriel, et comment le jour de Kippour unit l'éternel au temps.

59 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Yom HaKippourim, le jour qui touche au-delà du temps, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## La sainteté du temps

Dans la notion de la sainteté du temps. Ce jour-là est appelé dans la Torah Chabbat Chabbaton, c'est-à-dire qu'il a la valeur du Chabbat du Chabbat. C'est quelque chose d'extraordinaire, et on va essayer de comprendre pourquoi. Yom HaKippourim muska tamid belachon rabbim. La première chose qu'il faut savoir, c'est qu'on ne dit pas Kippour, il faut dire Yom HaKippourim, toujours au pluriel.

Kippour, ça ne veut rien dire. Yom HaKippourim, c'est le nom que la Torah donne. Pourquoi déformer ce que la Torah nous donne ? N'inventez pas d'autres noms qui n'existent pas. Si la Torah décide de parler de cette journée comme étant celle des Kippourim, c'est qu'elle a une raison. Sa raison, c'est qu'il y en a deux. Et le minimum du pluriel, c'est deux.

Ça veut dire que dans Kippourim, il y a deux degrés dont je dois savoir l'existence d'abord et avant tout, et savoir ce qui se passe avec ces deux degrés. Donc, la raison, c'est que cette journée-là, qui est extrêmement précise et spéciale dans l'année, à tel point que la Torah, dans un autre endroit, nomme cette journée

l'unité du temps. Or, nous savons très bien que le temps n'est pas dans l'unité, mais dans la pluralité. Rappelez-vous, Chana vient du mot Chnaïm, c'est-à-dire qu'il y a déjà un double. Or, pourquoi et comment me dis-tu qu'il y a une unité dans le double ? Eh bien, le Ehad correspond à cette unité, et Chana représente en fait le pluriel. Donc c'est comme s'il y avait, ce jour-là, un mariage entre l'unité divine et la pluralité de ce monde. Nous sommes dans un monde qui est géré par le temps, par l'espace, par les différences que nous avons entre nous, mais il y a un degré où tout est un. Il n'y a pas ce genre de séparation. C'est cette unité-là

qui se dévoile, entre guillemets, le jour de Yom HaKippourim. Donc vous avez deux étages, l'étage d'en bas et l'étage d'en haut, qui se marient, et c'est pour ça qu'on parle de Kippourim. Et dans la Kabbale, on parle de la révélation, qu'on appelle Malchout, et de sa source, qu'on appelle Binah. Donc nous avons en fait ce que vous connaissez dans votre langage: Olam hazé et Olam Haba. Donc la Malchout et la Binah, deux degrés.

Je donne un exemple de ma bouche. Ma bouche parle, mais elle révèle quelque chose de très, très profond. Qui se trouve où ? Dans mon cœur. Pas dans la tête. La tête passe au cœur, qui passe à la bouche. Ça veut dire que les paroles que je sors de ma bouche sont un résultat de quelque chose de beaucoup plus profond. Eh bien, la Chana, l'année, qu'on s'est souhaité Chana Tova, c'est en réalité soit un bon pluriel, soit une pluralité qui va t'amener à grandir. Comment vas-tu faire pour que ton année, que ton temps, soit un bon temps, Chana Tova ? Eh bien, il faut que tu intègres dans ce temps l'unité divine.

Donc la Torah va nommer ce jour-là l'unité divine qui rentre, qui pénètre dans le temps. C'est comme si nous montions tous de notre monde de révélation à notre source, à la maman d'en haut. Comme si on pénétrait dans un grand mikvé, comme si on rentrait dans un bain où tout est nettoyé, parce que d'où proviennent toutes les fautes ?

Du deux. S'il n'y avait pas de deux, s'il n'y avait pas de possibilité de dévier d'un degré à un autre, il n'y aurait pas de faute. Donc toutes les fautes proviennent du monde dans lequel nous sommes, c'est-à-dire de la pluralité, du deux. Un homme qui dévie, rappelez-vous, on l'appelle Satan. Donc le Satan, le dévoiement, le degré deux, dévié du bon chemin, vient parce que j'ai plusieurs possibilités.

En haut, étant donné qu'il n'y a pas d'autres possibilités, première des choses, le temps n'existe pas, parce qu'il n'y a pas de Chnaïm, il y a Ehad. Dans le Ehad, dans l'unité, le temps n'existe pas. Donc le changement n'existe pas. Donc El Chinouï. Hakadosh Baroukh Hou dit de lui-même: Ani, moi, je ne peux pas changer. Je n'ai pas de changement. Quand vous entendez le mot changement, il y a aussi une connotation de faiblesse, d'accord ? Dieu n'a pas de faiblesse, donc il ne peut pas changer. Quelqu'un qui change, ça veut dire qu'un jour il a pensé comme ça, et le lendemain il pense autrement. Chez l'éternité, ça n'existe pas. C'est une faiblesse

de changer de degré. Même si on change pour le bien, ça montre qu'en réalité on a plusieurs degrés dans ce monde. Hakadosh Baroukh Hou, c'est quelque chose de droit, quelque chose d'absolu, quelque chose de concret, mais qui est stable, dans l'ordre de l'éternité. Et l'éternité ne change pas. Donc il y a le Netzah en haut, et il y a le Chinouï en bas. De la même manière que nous venons de lire deux parachiyot: Nitzavim, qui correspond donc à Ehad. Que veut dire en hébreu Nitzavim, en français ? Stabilité. Vayelekh, deuxième qu'on a lu hier: marcher. Ça veut dire que le peuple d'Israël marche parce qu'il est capable de sortir d'une stabilité. Ok ? Donc le Nitzavim va engendrer le Vayelekh.

Vous êtes avec moi ? Donc nous partons d'une stabilité absolue, qui est le divin, qui ne varie pas, qui ne change pas, qui n'a pas de faiblesse, qui n'a pas d'arrêt, qui n'a pas de commencement. Dieu n'a pas commencé. Il est. C'est une éternité que nous, les hommes, nous ne comprenons pas, parce que chez nous il y a un début, il y a un milieu, il y a une fin. On n'arrive pas à comprendre ces notions.

Eh bien, Yom HaKippourim, pour réellement profiter de la journée, il faut s'abandonner à ce degré-là de l'unité. Premier degré de cette action d'abandon, c'est tout simplement de lâcher prise complètement. Donc on n'est plus de ce monde. On ne mange pas, on ne boit pas. On ne porte même pas des vêtements colorés, parce qu'il y a déjà une certaine tendance. Quand c'est rouge, il y a une tendance. Quand c'est bleu, il y a une autre tendance. Le blanc, il n'y a pas de tendance. C'est comme le divin, comme le moment où toi tu t'arrêtes. Au moment où on habille le mort, on l'habille en blanc. Pourquoi ? Parce qu'il a tout lâché. Et quand toi tu lâches l'homme, qui se met immédiatement en mouvement dans ta vie ?

Ça veut dire que la plupart du temps, à cause de nos mouvements du deux dans lequel nous sommes, on brasse tellement d'air qu'on n'est même plus à l'écoute de l'unité divine. Un jour dans l'année, on te dit: tais-toi, ne fais plus rien, s'il te plaît, ne me dérange pas. Et donc tu t'arrêtes, et quand tu t'arrêtes, tu commences à comprendre que c'est cette unité-là qui gère le tout, que ce n'était pas toi. Avec tout le kavod qu'on peut donner à un homme, ce n'est pas toi qui fais les choses. Eh bien, une journée dans l'année, …

Cours de Machon Meir

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