Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Boaz, le Gdol de sa génération et la vie comme Torah

Pourquoi la Torah retient de Boaz qu'il mangea, but et dormit près de sa récolte, selon le Rav Kook.

7 min

Rav Eytan Fiszon

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous ! Nous revoilà plongés dans l'univers des Choftim. Nous n'allons pas parler d'un des Choftim, du moins il n'est pas mentionné dans le livre des Choftim. Mais il vit à la même époque. Il s'appelle Boaz. Il est Gadol HaDor à cette époque-là. Il est le plus grand de sa génération, Boaz.

D'ailleurs, nos sages nous enseignent qu'il y a un autre personnage qui apparaît dans le livre des Choftim, avec qui il ne s'entend pas du tout. Ce personnage, c'est Manoah, le père de Chimchon. Il ne l'a pas invité au mariage de sa famille. Incroyable. Pourquoi ne l'a-t-il pas invité ? Il semblerait qu'ils ne soient pas très copains tous les deux. Leur conception du peuple juif est totalement différente. Si Manoah est le père de Chimchon, Chimchon est quelqu'un qui va vivre le peuple juif au singulier. Boaz, de la tribu de Yehouda, vit le peuple juif au collectif.

Boaz est le plus grand de sa génération. Moi, j'aimerais savoir ce que la Torah a à m'apprendre sur celui qui est non seulement le plus grand de la génération, mais aussi celui qui va devenir l'arrière-grand-père de David, le roi Machia'h. On a toujours tendance à se rappeler que Ruth est l'arrière-grand-mère du roi David. D'accord, mais Ruth était mariée avec Boaz ! Boaz est donc l'arrière-grand-père du roi David. L'essence même de la royauté d'Israël, c'est Boaz.

Qu'est-ce que la Torah va me raconter sur lui ? Je ne sais pas grand-chose sur lui, à part qu'il est de la famille, lointaine comme ça, d'Elimélekh. À part qu'il possède un champ. Je ne sais pas grand-chose sur lui. À part aussi le fait que c'est Boaz qui va mettre en place, pour faire les birkot des Cheva Berakhot d'un mariage, qu'il faut un minyan. C'est Boaz qui va nous l'enseigner. Sauf que que me dit la Torah sur Boaz ?

La Torah me dit quelque chose de très bizarre. Un passouk pour me parler du Gadol HaDor. Moi, quand on me parle du Gadol HaDor, j'attends qu'on me parle de ses enseignements, d'une phrase incroyable qu'il a dite, d'un commentaire incroyable de la Torah. Mais ce n'est pas ça qu'on me dit sur Boaz. Oh non, non, non. La Torah me dit la chose suivante, je cite. Dans le livre de Ruth, on me dit:

Nous sommes à la fin des moissons. Boaz a récolté tout son blé, en d'autres termes tout son argent de l'année. C'est sa masquerette, c'est son salaire de l'année. Avec ça, il va vivre ou il va mourir. Comment ça marche, à l'époque ? Chaque personne qui possède un champ ramasse tout, met toutes les meules de foin, toutes les meules de blé, ensemble.

Seulement, avant d'aller pouvoir les mettre dans la grange ou les vendre, la nuit est tombée. Et donc Boaz a décidé d'aller dormir à côté de la haremah, à côté du tas d'argent. Pour lui c'est du blé, mais pour nous on va appeler ça le tas d'argent. Attendez, c'est ça qu'on m'apprend de Gadol HaDor ? Je traduis: il a mangé, il a bu, il a kiffé et il a été dormir.

C'est ça qu'on a à apprendre sur Boaz ? Alors ne vous inquiétez pas, le Talmud va tout de suite me dire: non, il ne faut pas comprendre comme ça. Il a bu et il a mangé, mais attention, il a mangé kazait pour pouvoir faire le birkat hamazon. Il a bu des chiourim, doucement, doucement, pour ne pas être un goinfre. C'est-à-dire qu'il a dit un dvar Torah, parce qu'on sait bien qu'un repas sans dvar Torah, ce n'est pas un vrai repas. Et après, il a été dormir jusqu'à Hatsot, et il s'est réveillé pour faire la tefila. Ça, c'est l'enseignement de nos sages.

Cet enseignement fait correspondre totalement Boaz à la vision que l'on a d'un grand Rav. Le problème, nous dit le Rav Kook, c'est que ce n'est pas ce qui a marqué dans le livre de Ruth. Nos sages ont ajouté plein d'éléments qui ne figurent pas dans le livre de Ruth: qu'il a mangé un peu, qu'il a bu sans gourmandise, qu'il a fait le birkat hamazon, qu'il a dit des divrei Torah et qu'il a prié au milieu de la nuit. Tout cela n'est pas écrit dans le livre de Ruth. Il dit le Rav Kook: dans le livre de Ruth, il y a juste marqué que Boaz a mangé, qu'il a bu et qu'il a kiffé.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Boaz est le plus grand de sa génération. Mais sa génération, c'est quoi ? C'est une génération dans laquelle Dieu se dévoile. C'est une génération où il y a la prophétie. C'est une génération où la présence divine est palpable. À ce moment-là, la dimension du rapport avec Dieu est totalement différente.

Nous, on n'a pas de bol. Ça fait déjà plus de 2000 ans que Dieu a retiré sa présence de manière évidente. Pour nous, notre moyen de nous lier à Dieu, c'est la Torah et les mitsvot. C'est l'étude de la Torah, la pratique des mitsvot qui nous permettent de nous rattacher à la volonté du Créateur. Mais dans une époque où Dieu est présent, évidemment que la Torah et les mitsvot font partie de tout. Il y a une autre dimension, qui s'appelle la vie.

Vayokhal Boaz vayesht, « Boaz a mangé et il a bu ». Vayitav libo, nous dit le Rav Kook: « il a kiffé ». Nos sages ont dit bedivré Torah, explique le Rav Kook. Oui, à l'époque de nos sages, vayitav libo, « il a kiffé », c'est parce qu'il a fait un dvar Torah. Mais lorsque tu remets cela dans son contexte, le dvar Torah de Boaz, c'est quoi ? Les paroles de Torah de Boaz, tu sais ce que c'est ? C'est quand Boaz mange et quand Boaz boit. Quand Boaz mange, c'est un dvar Torah. Boaz n'a plus besoin de dire un dvar Torah: Boaz, c'est un dvar Torah.

Le fait que Boaz mange et que Boaz boit, c'est un devoir de Torah. Aristote disait à ses élèves: quand il mangeait et que ça dégoulinait de partout, lorsqu'Aristote mange, ce n'est pas Aristote. Non, non. Lorsque Boaz mange, c'est Kodesh. Lorsque Boaz boit, c'est Torah. Lorsque Boaz vit, c'est Torah.

C'est la grande différence entre la Torah de l'exil, qui est une Torah qui nous fait espérer une relation avec Dieu, et la Torah de la Gueoula, la Torah d'Erets Israël, celle de Boaz, qui ne nous fait pas seulement espérer, mais qui nous fait vivre avec Dieu.

Toda Rabba.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

Portraits des figures de la Torah et du Tanakh, des patriarches aux juges.

  1. 16
    Devora la prophétesse et la présence divine
    Pourquoi Myriam et Devora peuvent chanter devant les hommes : la présence divine annule le yétser hara.
    6 min
  2. 17
    Guidone et les 300 hommes : ce que l'histoire ajoute
    Gidéon face aux Midianites, la comparaison avec Léonidas et la sélection par la soif à Harod.
    6 min
  3. 18
    Chimshon, le juge qui refuse de tendre l'autre joue
    Naissance, mariages et mort de Chimshon : pourquoi il rend les coups et comment il restaure la fierté juive.
    6 min
  4. 19
    Ruth de Moav, la mère du processus
    Ruth se convertit en acceptant le destin du peuple juif, et sa grossesse unique annonce la royauté de David.
    8 min
  5. 20
    Boaz, le Gdol de sa génération et la vie comme Torah
    Pourquoi la Torah retient de Boaz qu'il mangea, but et dormit près de sa récolte, selon le Rav Kook.
    En cours de lecture

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav