Ruth de Moav, la mère du processus
Ruth se convertit en acceptant le destin du peuple juif, et sa grossesse unique annonce la royauté de David.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Boaz, le Gdol de sa génération et la vie comme Torah, 7 min
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Bonjour à tous ! S'il y a bien une personne qui est mamie par excellence, c'est Ruth, Ruth la Moabite. Pourquoi dis-je mamie ? Parce que tout le monde la connaît comme étant la grand-mère du roi David. En vérité, ce n'est pas sa grand-mère, c'est son arrière-grand-mère. Mais il semblerait qu'on ne puisse pas dissocier Ruth de la royauté, Ruth du roi David, et donc Ruth, évidemment, de la Machiah. Revenons à qui est ce personnage.
C'est qui, cette mamie ? C'est qui, Ruth la Moabite ? Comme son nom l'indique, elle ne vient pas de chez nous. Ruth vient de Moav. Elle est l'une des deux filles qui se sont mariées avec les fils de Naomi. Lorsqu'il y a eu une famine en Israël, Naomi, son mari et ses deux enfants sont partis d'Israël et sont allés de l'autre côté du Jourdain, à Moav. Là-bas, pour ses deux fils, Mahlon et Kilion, elle a trouvé deux princesses moabites, Orpa et Ruth.
Finalement, le père de Mahlon et Kilion va mourir. Mahlon et Kilion eux-mêmes vont mourir. Il ne reste plus que Naomi avec Ruth et Orpa. Naomi dira: « Rentrez chez vous, les filles, je n'ai plus d'enfants à vous donner en mariage, ce n'est pas la peine que vous me suiviez, vous n'êtes même pas juives à la base, retournez chez vos parents. » L'une d'entre elles dira ok, elle embrasse Naomi et elle retourne chez elle. L'autre dira:
« Je te collerai. Là où tu iras, j'irai. » C'est Ruth. D'ailleurs, nos sages nous diront que les fils de l'embrasseuse se battront avec les fils de la collée. Parmi les descendants d'Orpa, il y aura Goliath. Parmi les descendants de Ruth, il y aura David. Évidemment, cela nous remet les choses dans leur perspective. Ruth finalement vient avec Naomi. Elle décide de se lier au peuple juif.
Elle sera la première véritable convertie. Vous allez me dire: Yitro. Oui, mais Yitro, c'est une marloquette si lui-même s'est converti. Ses enfants, oui, mais lui, je ne sais pas. On va dire que Ruth est considérée comme la mère de toutes les converties. Pourquoi ? Parce qu'elle nous a donné le secret de la conversion. Je ne vais pas m'étendre aujourd'hui. Se convertir, c'est très compliqué. À l'époque de Ruth, c'est très simple: une phrase, une phrase qui résume tout. Lorsque Ruth se convertit, elle dit: « Ton peuple sera mon peuple, ton Dieu sera mon Dieu. »
Et pas dans l'autre sens. C'est-à-dire que la conversion, c'est avant tout décider d'accepter le destin collectif du peuple juif, avant de décider d'être un religieux. Si je devais caricaturer au maximum, je dirais que se convertir, c'est d'abord et avant tout accepter de se faire traiter de sale juif dans la rue. Une fois que tu as accepté de prendre pour toi le destin du peuple juif, le bon et le mauvais,
alors tu peux commencer à accepter également la relation du peuple juif avec Dieu au travers de sa Torah et de ses mitsvot. « Mon peuple, ton peuple, c'est mon peuple; ton Dieu, ce sera mon Dieu. » Mais, Ruth la Moabite, à ce moment-là, devient celle qui va accompagner le processus. Elle accompagnera le processus toujours. Elle comprend qu'elle est
la femme du chemin, la femme qui n'a pas d'endroit fixe, elle ne fait qu'avancer. Elle ne s'arrête jamais d'avancer. C'est le propre de la Machiah d'être toujours en mouvement, de toujours dévoiler comment on peut aller plus loin, et de toujours comprendre que chaque élément du processus est tout aussi important que l'idéal lui-même. C'est pour cela que nous lirons le Sefer Ruth, la Méguila de Ruth, à la fin d'un processus, celui de la Séfirat HaOmer.
On ne pourra pas terminer la Séfira sans lire le livre de Ruth à Chavouot. Parce qu'on comprend très bien, dans la Séfira du Omer, que si on a manqué un jour, on ne peut plus continuer. Si tu penses pouvoir continuer en ayant manqué un jour, cela veut dire que tu penses que ce jour-là n'est pas important dans le processus. C'est-à-dire que tu es prêt à dire: non, ce n'est pas grave, le 33e jour du Omer, on s'en fiche, on peut passer directement du 32 au 34. Cela veut dire que tu ne penses pas qu'il y a une importance à ce que tu construis dans ce 33e jour.
Prenons un exemple beaucoup plus simple. Vous connaissez beaucoup de femmes qui tombent enceintes et qui disent: « Moi, j'en ai marre d'être enceinte, viens, on saute l'étape du cinquième mois, on passe du quatrième au sixième. » Et tout le développement de l'embryon du cinquième mois, « c'est pas grave, on ira chez le docteur quand il aura dix ans, on lui collera un nouveau bras à ce moment-là » ? Non, ça n'existe pas. Toute femme qui est enceinte sait très bien que chaque jour est important, car chaque jour est un dévoilement et un développement de ce futur bébé.
On a vu qu'il y a eu plein de femmes dans le Tanakh qui ont eu des enfants. Et à chaque fois que ces femmes ont eu des enfants, il était écrit la formulation suivante: elle a conçu, elle est tombée enceinte, elle a enfanté. On sait très bien qu'il s'est passé du temps entre les deux. Mais la Torah me dit: elle a conçu, elle a enfanté. Il n'y a que pour Ruth, la grand-mère du roi David, l'arrière-grand-mère du roi David, la maman de la malkhout,
la maman de la royauté, la maman du processus, celle qui toute sa vie a été un processus, il n'y a que pour elle que la Torah me dit qu'elle a été avec Boaz, et qu'ensuite elle a conçu, comme tout le monde. Seulement là, la Torah ajoute un mot unique dans toute la Torah: « Et Dieu lui a donné une grossesse. » Toutes les femmes étaient enceintes. Mais chez Ruth, on nous parle de sa grossesse.
Elle est par excellence la maman du processus, parce qu'elle comprend que chaque étape du processus est fondamentale. C'est pour cela que lorsqu'on parlera des engendrements de Ruth, ces engendrements seront appelés « Eleh toledot Boaz ». Les toledot, on les retrouve souvent dans la Torah. Seulement, parfois il est écrit de manière défective, et parfois de manière complète.
Qu'est-ce que cela veut dire, complet ? On peut écrire le mot toledot soit avec deux vav, et il sera écrit de manière complète, tav, vav, lamed, dalet, vav, tav, soit en enlevant des vav. À chaque fois qu'on enlève des vav, nos sages nous expliquent que c'est parce que l'engendrement ne s'est pas fait à fond, il manque quelque chose. Dix fois, le mot toledot revient dans le Tanakh. Sept fois, il est marqué défectif, il manque un vav. Il y a une fois où il va manquer tous les vav: il est complètement haser. Je ne vais pas m'étendre là-dessus.
Mais il y a deux fois où il est écrit en entier. La première, au tout début de la Torah: « …
Cours de Machon Meir
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