Guidone et les 300 hommes : ce que l'histoire ajoute
Gidéon face aux Midianites, la comparaison avec Léonidas et la sélection par la soif à Harod.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Chimshon, le juge qui refuse de tendre l'autre joue, 6 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tous. Nous retournons dans notre livre des Juges pour retrouver les figures qui ont façonné notre identité, celle d'Israël. Nous avons parlé de Dvorah et de sa chanson. Aujourd'hui, nous allons parler d'un personnage extraordinaire, Guidone, Gédéon en français, Guidone à chauffette. C'est un personnage extraordinaire pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'il donne évidemment naissance en nous à une question, mais attendez.
On a copié ou on n'a pas copié ? De quoi je veux parler ? Lorsqu'on lit l'histoire de Guidone, on se rend compte qu'il part au combat contre un ennemi surpuissant avec seulement 300 hommes. Tous ceux qui sont un peu férus de mythologie vont faire le rapprochement avec un épisode bien connu de la mythologie grecque, le grand combat de Léonidas contre les Perses, où il n'a pris avec lui que 300 Spartiates. Est-ce eux qui ont copié, ou nous ? Dans ce cas, il semblerait que ce
soit eux qui ont copié, parce que Guidone est plus ancien, au niveau de la chronologie, que l'épisode de Sparte. Mais en vérité, il y a plein de ressemblances entre les histoires de la Torah et les histoires racontées dans les différentes mythologies. Et la question n'est pas de savoir qui a copié sur qui. Hakadosh Baroukh Hou se dévoile dans le monde, pas seulement au travers d'Erets Israël, mais aussi au travers du monde entier. Il est donc tout à fait normal qu'on retrouve les mêmes ambiances chez eux
et chez nous.
La question n'est pas de savoir qui a copié sur qui. Regardez bien: il ne faut pas seulement voir ce qui ressemble, mais les points de différence. Dans l'histoire grecque, cela devient finalement une véritable tragédie où tous les Spartiates sont morts. Dans l'histoire de Guidone, ces 300 hommes dévoilent Dieu et réussissent là où leurs amis grecs ont échoué. Guidone est un personnage extraordinaire. Il vient d'une famille que l'on qualifierait de « patrie religieuse ». Son père, Yoash, est le prêtre numéro un de Baal, de Avodah Zara, de l'idolâtrie, dans son village. C'est dans cette ambiance-là que Guidone vit.
Guidone et les Juifs, à ce moment-là, sont persécutés par les Midianites. La Torah nous dit alors que Guidone est obligé de se cacher pour battre son blé et l'utiliser, afin qu'il ne soit pas volé ou pillé par les Midianites. C'est à ce moment-là que Dieu se dévoile à lui et lui dit: « Guidone, c'est par toi que je vais amener la Gueoula. » Guidone n'est pas dupe. Il répond: « Excuse-moi. Dieu est avec nous, c'est ça que tu es en train de me dire, ange de Dieu ? Mais attends, comment se fait-il qu'on soit dans un tel balagan ? Comment se fait-il qu'on soit à ce point persécutés ? »
D'après le Midrash, Guidone cite son père. L'événement où le Malakh s'est dévoilé à Guidone se passe le soir du Séder. Le Midrash nous dit que Guidone dit au Malakh: « Écoute-moi bien. Mon père cette nuit m'a raconté le Hallel et toute l'histoire de la sortie d'Égypte. » Attendez, je viens de vous dire que le père de Guidone était idolâtre. Oui, idolâtre peut-être, mais encore extrêmement imprégné de son identité juive. Il a raconté à son fils qu'il fut un temps où Dieu nous a sauvés des Égyptiens. Alors Guidone dit au Malakh: « Je ne comprends pas. Si Dieu a sauvé nos ancêtres, alors de deux choses l'une. Si nous méritons d'être sauvés, de la même façon que tu as sauvé nos ancêtres, sauve-nous. Et si nous ne le méritons pas, sauve-nous quand même, parce que nous avons le mérite de nos ancêtres. Sauve-nous dans tous les cas. »
Guidone est le premier grand avocat du peuple juif. C'est peut-être la raison pour laquelle il a été choisi pour sauver le peuple juif. Dieu va finalement lui dire: « Vas-y, Guidone, y va. » Mais comme toute personne normalement constituée, en mode « je suis un soldat », il veut prendre avec lui beaucoup d'hommes. Dieu lui dit: « Attends. »
Là, c'est un combat qui va déterminer l'appartenance de chacun à l'identité d'Israël. Tu ne peux pas prendre des gens qui sont moites. Donc, la première chose: tous ceux qui ont peur, tu les renvoies chez eux. Attendez, n'est-il pas normal d'avoir peur lorsqu'on part au combat ? Bien sûr qu'il est normal d'avoir peur, sauf quand celui qui t'a dit de partir au combat, c'est Dieu, et qui t'a dit: « Ça marchera. »
La deuxième sélection consiste à dire: tu as encore trop de gens avec toi. Maintenant que vous avez beaucoup marché, que vous êtes fatigués, vous êtes arrivés à la source de Harod, dans le nord d'Israël. Eh bien, nous allons faire un nouveau test. Tout le monde a soif. Va leur dire d'aller se reposer et d'aller boire. Ceux qui vont se prosterner à l'eau pour boire sont des gens qui ont une tendance à se prosterner. Ces gens-là, tu les enlèves. Seuls ceux qui amèneront l'eau à eux sont des gens que tu peux prendre avec toi. Finalement, il restera les 300 hommes de Guidone, qui vont être ceux qui amèneront la Gueoula au peuple juif.
Guidone, en tant que premier grand avocat du peuple juif, dira à Dieu: « Tu nous sauves. Tu sais pourquoi ? Car qu'on le mérite ou non, tu nous sauves. » Et c'est ce même leitmotiv qui est revenu quelque 3000 ans plus tard, 3000 et quelques années plus tard, lorsque Hakadosh Baroukh Hou a décidé de nous sauver. Pas parce qu'on le méritait forcément, mais parce qu'on était le peuple juif.
Rabbi Chaim ben Attar, Or HaChaim HaKadosh, dira: quel est le mérite du peuple juif pour être sauvé après tant d'années d'exil ? Il est possible que le peuple juif ait abandonné toute la Torah, mais s'il reste le peuple juif, c'est-à-dire s'il ne s'est pas assimilé aux Goyim après tant d'années, c'est un mérite suffisant pour qu'il soit sauvé. Guidone a été le premier à le savoir.
Cours de Machon Meir
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