Devora la prophétesse et la présence divine
Pourquoi Myriam et Devora peuvent chanter devant les hommes : la présence divine annule le yétser hara.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Guidone et les 300 hommes : ce que l'histoire ajoute, 6 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tous ! Maintenant que nous avons remis les choses en place, on va pouvoir rentrer en immersion dans le livre de Choftim. Que les choses soient claires: le livre de Choftim, ce n'est pas très compliqué, c'est un cercle qui revient tout le temps. On a pratiquement le même schéma dans tous les chapitres du livre. Bné Israël fautent. Dieu envoie un ennemi pour nous punir. L'ennemi nous persécute. On dit « aïe, aïe, aïe, on a mal ». On se remet à servir Dieu.
Dieu envoie un sauveur, le sauveur nous sauve des ennemis, on est tout bien tant qu'il y a le sauveur, et dès que le sauveur meurt, on repart en cacahuète. Et ça revient, et ça revient, et ça revient. Tout ça n'est pas sans but. Et si on se rend compte que chacun des chofétim vient d'une autre tribu, chacun va nous enseigner une nouvelle façon de se rattacher à Dieu. Et nous allons commencer aujourd'hui.
Par une femme. Une femme extraordinaire: Dvora. Dvora la prophétesse. Et je le dis volontairement, parce que la Torah présente Dvora dans le livre de Choftim, au chapitre 4, comme étant Dvora Ichet Névia. Pourquoi est-ce important de nous le dire ? Il y a d'autres personnages qui étaient prophètes, mais on ne le sait pas, on ne nous l'a pas précisé. Sarah et Méno étaient prophètes, mais on ne nous l'a pas précisé. Pourquoi ici ?
On a besoin de nous préciser qu'elle est prophète. Je ne peux pas ne pas faire la corrélation avec une autre femme dont on nous a précisé qu'elle était prophète: je parle évidemment de Myriam. On l'avait marqué dans la Torah, dans la paracha de Béchalla'h. Là aussi, on nous a dit qu'elle était prophète. Mais pourquoi faut-il le faire ? Dvora tient une place prépondérante à cette époque-là. Il y a la guerre contre Sisra. Celui qui devrait partir à la guerre, ça devrait être le chef des Bné Israël dans cette région-là, en l'occurrence Barak, fils d'Avinoam. Mais il ne veut pas prendre sa responsabilité.
Dvora est la personnalité qui rattache le peuple juif à Dieu à ce moment-là. Elle dit à Barak: « Vas-y, Dieu va te donner tes ennemis dans ta main. » Mais lui préfère être accompagné par cette personnalité qui représente le lien avec Dieu. Dvora lui dit: « Il n'y a pas de problème, mais sache que dans l'histoire, ta victoire ne sera pas la tienne. Elle sera celle des femmes d'Israël. »
Bon, pourquoi pas, qu'elle s'en tienne à cela. Oui, mais ça vient nous apprendre quelque chose: ces femmes d'Israël vont nous révéler quelque chose que, semble-t-il, Barak n'est pas capable de révéler. Tout d'abord, à la fin de la victoire contre Sisra, Dvora la prophétesse va chanter: Vatachar Dvora. Et évidemment, là aussi, on ne peut pas ne pas la mettre en relation avec le chant de Myriam à la fin de Chirat Hayam, celui de Moshe et des Bné Israël: Myriam chante.
Attendez. Il n'y avait pas un problème ? Depuis quand une femme a le droit de chanter devant tout le monde ? Non, vous n'en faites pas ! Plein de gens ont donné des excuses pour permettre la chose. Par exemple, chez Myriam, ils vont dire: « Mais non ! Myriam a pris le tambourin, c'est pour couvrir sa voix ! » Alors comment va-t-on expliquer le verset Vataané lahem Miryam, que Myriam a répondu aux hommes et leur a dit Chiru LaHachem ki gaa gaa, « Chantez à Dieu car Il s'est élevé hautement » ? Ils ont bien entendu.
Et là, Vatachar Dvora. Il n'est pas marqué qu'elle a pris un tambourin. Alors comment est-ce possible ? Elle a chanté devant des hommes ? Non, non, non: elle a chanté devant Barak, qui, d'après nos sages, était son mari, donc c'est bon. Nous, bémettes... Le Tanakh me dit qu'elle a chanté, et cette chanson est restée gravée dans les générations. D'où a-t-elle eu le droit de le faire ? Mes amis, nos sages nous ont dit que Kol béisha ervah, que la voix d'une femme, étant beaucoup plus sensuelle que la mienne,
Eh bien, elle va être interdite. Oui, mais attention, pourquoi ? Parce qu'il y a un acteur dont on n'avait pas parlé, qui s'appelle le yetser hara, et qui va me faire fauter. La faute, ce n'est pas elle, c'est moi qui suis peut-être en train de fauter. Alors pourquoi Myriam et pourquoi Dvora n'ont-elles pas peur de cette faute-là ? Pour une raison très simple: le yetser hara fonctionne très bien, sauf dans un cas. Il n'y a pas de yetser hara lorsqu'il y a Guilouï Chekhina.
Lorsqu'il y a la présence divine, il n'y a pas de yetser hara. C'est pour ça d'ailleurs, ne le répétez à personne, que dans le premier Beit Hamikdach, là où il y avait la présence divine, il n'y avait pas de méhitsa, il n'y avait pas de séparation entre hommes et femmes. Pourquoi a-t-on besoin de faire une méhitsa ? À cause du yetser hara. Pendant la première partie du deuxième Beit Hamikdach, il n'y avait pas non plus de méhitsa. Ce n'est qu'à la fin du deuxième Temple, lorsque la présence divine a quitté le Temple, que les sages ont dit qu'il fallait mettre une méhitsa.
Lorsqu'on nous dit que Dvora et Myriam ont chanté, on nous précise qu'elles étaient prophètes, pour nous dire qu'il y avait présence divine. Et comme il y avait présence divine, il n'y avait pas de yetser hara. Et donc, comme il n'y avait pas de yetser hara, il n'y avait pas besoin de les empêcher de chanter. Leurs chants, tant celui de Myriam que celui de Dvora, sont la preuve que l'idéal du peuple juif est d'arriver à un temps où Dieu est parmi nous. Et donc il n'y a plus de raison d'avoir peur du yetser hara. À ce moment-là, le yetser hara devient tout simplement un serviteur d'Akadosh Baroukh Hou, et il bosse main dans la main avec le yetser hatov.
Je terminerai en disant une dernière phrase. Vous avez déjà été à un mariage ? Oui, hein ? Tout le monde est content. Pourquoi tout le monde est content dans un mariage ? Le Rav Yehuda, Léon H. Kenazi, Manitou disaient: « Tout le monde est content dans un mariage. » Pourquoi ? Parce que tout le monde sait, à ce moment-là, et ressent que le yetser hara et le yetser hatov veulent la même chose ce soir. Vé'hamévinim yavinou. Toda raba.
Cours de Machon Meir
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