Les offrandes identiques des princes d'Israël
Pourquoi la Torah répète-t-elle les mêmes offrandes ? Chaque tribu y apporte sa lumière propre.
Rav David Partouche
Ensuite : Combien de matsa manger à Pessah : les quantités, 3 min
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Chabbat Chalom. Nous allons lire la paracha de ce Chabbat, Bezrat Hachem, la paracha Nasso. Au début de la paracha, il y a énormément de discussions autour de cas précis de la Torah, comme par exemple le Nazir, qui a pris sur lui le vœu de se séparer de la vie matérielle, mais aussi de la femme Sota, la femme adultère. Ensuite, au milieu de la paracha, nous trouvons la fameuse Birkat HaKohanim, la bénédiction des prêtres, que les Kohanim avaient l'ordre de bénir l'âme d'Israël.
De faire passer la bracha, la bénédiction du Hakadosh Baruch Hou, sur l'âme d'Israël. Et juste après Birkat HaKohanim commencent les korbanot, les sacrifices qu'ont apportés les Nessim, tous les princes d'Israël, pour inaugurer le Michkan. Et on voit que lorsqu'on parle des korbanot, des sacrifices, des cadeaux que les Nessim, que les princes d'Israël ont apportés pour inaugurer le Michkan, on trouve énormément de répétitions. À chaque fois, nous parlons...
On donne le nom du chef de la tribu, du Nassi, le prince de la tribu, et on dit: « Vekorbano karat kessef », il a apporté une coupe d'argent. « Cheloshim umea michla », son poids était de cent trente. « Mizrak kessef, chivim chekel », on donne des détails de ce qu'ils ont apporté, et on découvre que chaque tribu, que chaque prince de tribu, a apporté le même cadeau.
Et on sait qu'on va arriver à un moment dans la Beit Knesset, quand on va entendre, lorsque le baal kore, celui qui lit la Torah, lit ce passage, on a l'impression que cela se répète, que cela se répète, que cela se répète. Et on voit pour chaque prince de tribu ce qu'il a apporté, et ils ont apporté exactement la même chose. On s'étonne. On sait que la Torah pèse ses mots. Il n'y a pas un mot de trop, il n'y a pas une lettre en plus dans la Torah. Alors comment se fait-il que la Torah réécrive des versets entiers qui sont répétés ?
D'autant plus que nous voyons, par exemple, dans les lois de Chabbat, qu'il y a très peu de versets qui concernent les lois de Chabbat. Alors que pour le Chabbat, le jour du samedi, il y a des centaines de milliers de halakhot et de lois que la Torah aurait dû écrire et n'a pas écrites. Pourquoi ? Parce que, selon ce principe, chaque lettre de la Torah est pesée, et ce dont on n'a pas eu besoin d'écrire, on ne l'écrit pas. Donc on s'éteint. Comment se fait-il qu'ici, dans notre paracha, on a l'impression d'avoir une répétition, une répétition et une répétition ? La réponse est la suivante.
Chaque personne est unique. Le Hakadosh Baruch Hou sait que la volonté divine qu'il a placée dans la tribu de Reouven est différente de la volonté divine qui a été placée dans la tribu de Lévi. Chacun, chaque tribu, chaque personne dans la tribu, est un être particulier, a une richesse particulière. On aurait pu penser qu'étant donné que chacun a une richesse particulière, chacun aurait apporté des cadeaux différents. Et la grandeur était la suivante: même si extérieurement les choses étaient les mêmes, on parlait d'une même coupe d'argent, on parlait du même poids d'argent qui était dans cette coupe, on voyait briller à travers cette coupe la lumière toute particulière de chaque tribu.
Notre vie, notre vie de Torah, notre vie de mitsvot, on a l'impression que tout le monde fait les mêmes gestes. On met tous les tefillin, on allume les de Chabbat, on met les tefillin: on a l'impression que tous font la même chose. Mais l'erreur, c'est de penser que l'acte se suffit à lui-même, alors que c'est faux. Nous savons que c'est l'homme qui fait cet acte, et alors l'acte prend toute sa valeur, même si, de façon extérieure, l'acte est égal.
Toutes les personnes font les mêmes actes, toutes les personnes font les mêmes actions, mais ceci uniquement extérieurement. Intérieurement, c'est Reouven qui a fait cette action. Et si c'est Reouven qui a fait cette action, alors ce n'est pas la même chose que si Issakhar a fait cette action, ou si Lévi a fait cette action. Chacun est particulier et arrive à mettre sa particularité, même dans la matière qui est à l'extérieur, qui est la même.
Lorsqu'une mère reçoit un cadeau de ses enfants, elle reçoit de son enfant un cadeau. Et si un autre enfant apportait le même cadeau, quelle serait la réaction d'une mère ? Elle dirait au second enfant: c'est gentil ce que tu m'as fait, mais je l'ai déjà reçu. Non, parce qu'elle voit à travers le cadeau, pas la chose extérieure, pas le cadeau en soi. Elle voit qui a apporté le cadeau, et ce qu'il a éveillé, ce qu'il a mis en éveil pour apporter ce cadeau. Et c'est ça que le cadeau a beaucoup à vous. A vu dans tous les princes d'Israël la particularité de chacun, même si, au niveau extérieur, les cadeaux étaient les mêmes.
Que nous ayons le mérite de ne pas avoir, dans nos mitsvot de tous les jours, une routine, mais au contraire que chaque jour se renouvelle en fonction de notre personnalité et de notre éveil personnel à vouloir faire la volonté du Hakadosh Baruch Hou. Chabbat Chalom.
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