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La bénédiction des Cohanim, une bénédiction d'amour

Aaron, modèle du Cohen : aimer la paix, poursuivre la plénitude, rapprocher les créatures de la Torah.

17 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Avram Livni : la crise moderne est une crise d'identité, 5 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction

Chalom, heureux de vous retrouver dans cette suite d'émissions d'études bibliques. Vous vous rappelez, la dernière fois, je vous avais laissés lorsque nous étions dans le désert. Et dans ce désert, nous avions assisté au dénombrement et surtout essayé de comprendre pourquoi dénombrer les enfants d'Israël. Dans ce désert, il y a aussi un moment qui restera épique. Vous allez voir, celui-ci ne vous est pas totalement étranger. Il s'agit d'un court texte de cinq versets qui concerne non seulement Aaron, mais la famille d'Aaron, c'est-à-dire les descendants, qui, d'une certaine manière, vont former une sorte de caste de prêtres, à même de recevoir les devoirs dévolus à cette caste. Et l'une des premières choses qui est énoncée concernant le devoir de ces prêtres, ce sont ces cinq versets que je vais vous lire.

L'Éternel parle à Moïse en disant: parle à Aaron et à ses fils, voici comment vous bénirez les enfants d'Israël. Et oui, il s'agit de cette fameuse birkat kohanim, c'est-à-dire de cette bénédiction des kohanim:

« Que l'Éternel te bénisse et te protège. Que l'Éternel fasse rayonner sa face vers toi et te soit bienveillant. Que l'Éternel tourne sa face vers toi et t'accorde la paix. Ils imposeront mon nom sur les enfants d'Israël, et moi, je les bénirai. »

Bien sûr, cette Birkat Kohanim est connue par la plupart d'entre nous dans un de ses moments les plus émouvants, les plus sensationnels: ce moment que l'on appelle l'heure de clôture du grand pardon, le moment de la Neila, Kippour, où l'ensemble du qahal de la communauté se couvre la tête et attend d'être béni, dans ce dernier moment de la journée la plus solennelle, par les Kohanim.

Mais vous aviez remarqué que non seulement ce jour-là cela était imposé à nos prêtres, mais que tous les jours, en Erets Israël, les Kohanim devront bénir le peuple d'Israël. Avant de prononcer les phrases dont il est question, il leur est imposé de monter vers l'Arche Sainte et là de prononcer une bracha, une bénédiction, non point comme celle que nous avons l'habitude de réciter, une bracha un peu différente. Je vous en donne lecture: les prêtres disent qu'il nous a sanctifiés par la sainteté d'Aaron. C'est-à-dire que nous agissons parce que nous sommes les descendants d'Aaron, et qu'en tant que descendants, nous portons un tant soit peu de la sainteté qui fut la sienne.

Très bien. Est-ce que cela se termine comme nous aurions pu le penser ? Non, point. Voici comment elle se termine. La première question que vous pourriez poser à ce sujet, c'est de me dire: et si jamais celui qui l'a prononcée n'avait pas vraiment de sentiments d'amour concernant ce qu'il devrait bénir, mais qu'au contraire il ferait cela de manière très technique, en fin de compte comme un perroquet, si vous préférez ?

Ce qui est demandé ici aux Kohanim, à ces prêtres qui, avec Moshe, vont devoir accompagner les enfants d'Israël, leur montrer quelle manière d'être, quelle manière de se comporter, quelle sera l'identité morale de cette manière d'être homme hébreu, bien que nous ne soyons pas encore arrivés au foyer ancestral, je veux dire la Terre d'Israël. Ils accompagneront Moshe, mais ce qu'ils feront savoir, c'est que le Kohen, le terme Kohen, vient du verbe lechaén, c'est-à-dire « être en fonction ». Le Kohen, lorsqu'il s'appelle Kohen, c'est comme s'il s'appelait « monsieur le fonctionnaire ». Fonctionnaire de qui ? Fonctionnaire de l'Éternel. À l'égard de qui ? Des enfants d'Israël. Voici ce qu'est le Kohen véritablement.

Mais on demande à ce Kohen, bien entendu, d'être en plein amour de ses créatures. En aucun cas de faire les choses, comme je le précisais précédemment, d'une manière un peu régulière, mécanique, on pourrait dire. Non point. Il est demandé de le faire avec amour, parce que cet amour est la quintessence même du commandement. À tel point que je vous emmène dans les Pirké Avot, dans ces Pirké Avot où il est dit, dans ce qu'on appelle les Maximes de nos pères, bien entendu: sois un des disciples d'Aaron. Oui, être le disciple d'Aaron, mais pour quelle raison ? Oh, elle est simple: être le disciple d'Aaron parce qu'il aime la paix, poursuit la paix, aime les créatures et les rapproche de la Torah.

Chacun de ces moments ici est important, non seulement pour être un Kohen, bien évidemment. Pour être en haut de la pyramide, il fallait-il être, au demeurant, semblable à ce père que fut Aaron et à sa manière d'être. Mais cela ne concerne pas seulement les Kohanim. Vous vous rappelez, c'est dans ce désert que la parole s'exprime, parce que l'environnement lui permet d'être une pleine expression, sans aucun dérangement. Donc chacun des propos que nous disons est à même de fournir les éléments nécessaires à ceux qui devront devenir

les enfants d'Israël, c'est-à-dire ceux qui accepteront le message octroyé au mont Sinaï, et qui, une fois devenus la nation d'Israël sur sa terre, seront à même d'être les vecteurs, c'est-à-dire les éléments médians par lesquels non seulement il sera capable de se racheter, mais aussi de racheter l'humanité tout entière. C'est donc que je ne suis que parce qu'aussi, en étant, je permets aux nations du monde de découvrir ce que veut dire être, dans l'identité morale qui est la mienne.

Alors, je reprends le texte. Il est dit: « Disciples d'Aaron, qui aiment la paix. » Oheiv chalom. Entre nous soit dit, je ne vois pas beaucoup parmi nous qui n'aimeraient pas la paix. Oui, je sais, je vous l'accorde, il existe un certain nombre de personnages qui sont toujours vindicatifs, divergents, polémistes, etc., qui ne cherchent pas les plus petits dénominateurs communs, mais essaient au contraire de creuser nombre de crevasses et de fossés pouvant séparer les hommes de plus en plus les uns des autres. Ça, c'est le contraire d'Aaron, qui aime la paix.

Est-ce que c'est suffisant d'aimer la paix ? Et si jamais cet amour de la paix se trouvait confronté, à un certain moment, à des difficultés, des vicissitudes, est-ce que nous dirions: eh bien, il n'y a plus d'amour ? Non, dit Aaron. Ce n'est pas qu'il n'y a plus d'amour. Et si jamais je ressens les premiers relents d'une décadence, d'une dégradation de l'amour, alors je suis à même de me réveiller. C'est une provocation pour essayer de retrouver cet amour d'antan, cet amour premier.

Rodef chalom, poursuit la paix. Chalom, nous n'en avons rien dit, mais chalom, les lettres sont shin lamed mem, c'est-à-dire chalem, c'est-à-dire entier. C'est d'une certaine manière faire valoir un idéal où la plénitude d'être serait présente. Je suis à la recherche de cette plénitude. Je n'accepte pas d'être déchiré, fracturé, brisé, fêlé. Je suis en inspiration de cette plénitude où tout serait entier, sans aucun défaut.

Alors j'aime la paix, je poursuis la paix, je poursuis cette chlémout, c'est-à-dire je poursuis cette plénitude. Mais c'est intéressant qu'en hébreu, le mot plénitude, le mot entier, soit intimement lié dans son expression à la terminologie de la paix. Ce n'est pas « fous-moi la paix », dans le sens de …

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