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Avram Livni : la crise moderne est une crise d'identité

Le savoir technique ne suffit pas : l'homme se perd sans lien à son Créateur, et l'avenir reste incertain.

5 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Bamidbar, le désert comme lieu où la parole s'élève, 14 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour depuis la télévision Meir TV de la Yeshiva du Machon Meir, à Jérusalem. Je suis heureux de vous retrouver. Aujourd'hui, j'ai choisi un autre ouvrage, celui du professeur Avram Livni. Une histoire, bien entendu, trépidante, celle d'un homme qui, dans les années 60, va découvrir le judaïsme, qui quitte le monde académique de la France, qu'il connaissait si bien et parmi lequel il avait vécu, pour rejoindre Jérusalem, où sa rencontre avec le Rav Tsvi Yehouda Kook va générer ce merveilleux ouvrage, réédité et traduit dans plusieurs langues: Le retour d'Israël et l'espérance du monde.

Écoutez, c'est toujours passionnant, à chacune des pages qu'il écrivit. Car l'origine du mal et la cause première de la crise sont bien évidemment spirituelles.

Le niveau de culture et de science auquel est parvenue l'humanité n'est encore qu'un acquis fragile, masquant un fond d'ignorance fondamental. Le progrès technique n'accorde en réalité que des pouvoirs. Il n'est pas valablement source de savoir, encore moins de connaissances. Ce n'est pas le pouvoir technique qui distingue véritablement l'homme de l'animal.

Il n'y a pas que la bête nazie qui nous ait démontré que la culture technique peut laisser l'homme au niveau d'un animal instruit. Il est en réalité fort possible que l'humanité moderne ait beaucoup moins de connaissances authentiques qu'au siècle de Socrate, contemporain des prophètes Zecharia et Malachi, dont nous avions parlé ici même. Nous sommes de faux savants, des savants sans connaissances, car les connaissances spirituelles essentielles, celles qui seules distinguent véritablement l'homme de l'animal, manquent cruellement à la majorité des hommes.

Or l'homme qui est privé de la possibilité de connaître ce qui le rattache à son Créateur divin est privé par là même de la possibilité d'accomplir sa véritable vocation d'homme. Il lui est impossible d'équilibrer et de déployer sa véritable stature morale.

Ainsi, jamais l'humanité n'a été si riche de biens terrestres et si pauvre de biens spirituels, qui, à la limite, sont les seuls véritables biens de l'homme. La crise de notre monde moderne est en effet essentiellement une crise d'identité, nous en conviendrons, sous-jacente aux aspects moraux, culturels et politiques d'une crise qui saisit aussi bien les sociétés que les consciences individuelles. Et là se cache une angoisse d'ordre métaphysique.

L'angoisse d'hommes ne sachant comment retrouver leur identité et le sens d'une vie d'homme. Jamais l'avenir de l'humanité n'a pu paraître aussi incertain. Deux guerres mondiales, horriblement meurtrières et moralement traumatisantes, ont fait perdre aux hommes la vision du sens de leur existence. La crainte que l'aventure humaine n'ait peut-être point de sens et que l'histoire ne soit que le jeu absurde entraîne les hommes à se contenter de satisfactions immédiates, je rajouterais d'un « maintenantisme », d'un tout pour maintenant.

Ils ne recherchent plus que les plaisirs, comme nous le disions il y a un instant, ceux du moment présent, mais sous les apparences d'un bonheur facile, celui qu'une société de consommation vulgarise au rythme des progrès techniques et des gadgets quotidiens dont nous sommes les témoins.

Jamais le divorce n'a été aussi grand entre la facilité des jouissances superficielles offertes par la civilisation et la pauvreté morale et spirituelle où la culture moderne l'escroque. La confrontation avec l'absurde et le vide, la rencontre avec le non-sens et l'absence d'avenir, loin d'être des facteurs de défi, susceptibles d'éveiller au combat pour la dignité de l'homme, sont devenues des causes de relâchement et de déperdition de la véritable stature morale de l'homme.

Eh bien, vous voyez, entre notre dernière petite émission à propos d'Emmanuel Levinas et ce propos du professeur Avram Livni, n'y trouvez-vous pas comme un fil d'Ariane, où le défi véritable de l'homme reste encore cette véritable stature morale de l'homme et son application dans l'éthique de son quotidien ?

Depuis Jérusalem, Meir TV, la Yeshiva du Machon Meir, je vous dis à très bientôt. Shalom, shalom.

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