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Le livre de Béréchit, livre de la droiture

Pourquoi la Genèse précède la Torah : les patriarches et la droiture morale, selon le Rav Naftali Tzvi Yehouda Berlin (Ha'Emek Davar).

21 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Adam androgyne et la conscience du « nous, 5 min

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Chers amis, bonjour, content de vous retrouver. Nous allons terminer aujourd'hui le livre de Béréchit, la Genèse, c'est-à-dire ce premier livre des 24 livres du texte biblique, et essayer, en quelque sorte, de faire une conclusion concernant ce livre de Béréchit.

D'abord et avant tout, je voudrais vous dire que lorsqu'il est question que nous recevions au Sinaï le livre de la législation d'Israël, c'est-à-dire le livre des commandements, puisque le livre de la Torah veut dire enseignement, c'est la volonté probante de l'Éternel d'offrir à ce peuple qu'il va faire sortir d'Égypte, et à qui il va proposer cette Torah, c'est-à-dire cet enseignement-là, qu'il puisse être, en tout état de cause, question d'une législation dès les premiers mots du texte biblique. Or, il n'en est rien. Il n'en est rien, étant donné que le premier commandement qui va s'adresser au peuple d'Israël est énoncé dans la parachat Bo du Sefer Chemot, c'est-à-dire du livre des Nombres.

Il y a 24 générations qui séparent ici le moment de la création jusqu'au moment du don de la Torah. À quoi servent l'ensemble de ces générations ? Pourquoi venir nous conter l'histoire de personnages, hommes, femmes ? En quoi cela concerne-t-il la loi pure et dure ? Avoir choisi son peuple, lui offrir une constitution, c'est lui dire dès le début ce qu'il doit faire ou ce qu'il ne doit pas faire. Or voici que tu commences beaucoup plus tard.

Et je voudrais comprendre ce livre que nous avons étudié, qui nous a permis de rencontrer Adam et Eve, Caïn et Abel, Abraham et Sarah, Yitzhak et Rivka, Yaakov, Rachel, Léa, Yosef, Yehouda, Reouven, Jampa... ce sont des meilleurs. Que veut dire cela ?

Il y a, dans un livre que j'ai beaucoup aimé, le HaAmek Davar, écrit par le Rav Naftali Tzvi Yehuda Berlin, le natif de Volojin, dans sa préface, une approche qui m'a absolument intéressé de ce que veut dire le livre de Béréchit. Le livre de Béréchit est appelé Sefer HaYachar, le livre de la droiture. Qu'est-ce à dire ?

Le prophète des nations, Bilam, appelé pour venir maudire Israël, ne pourra que bénir et ne pas maudire, et finira sa mission en disant: Tamot nafchi mot yecharim, que je puisse mourir de la mort de ces gens droits. Si tu parles de nos patriarches, dis: chassidim, tsadikim, yecharim. C'est quoi ? Des gens droits. Vous entendez ? Le terme ici, c'est yachar, c'est faire yachar, parce que le livre de Béréchit, comme l'indique ici le natif, va servir d'essence, c'est-à-dire de contenant, à ce contenu qui sera donné aux enfants d'Israël et que nous appelons la Torah. Mais là, la Torah dans le texte, dans la texture législative du texte, alors que le livre de Béréchit est venu nous présenter ces hommes et ces femmes.

Oui, à travers eux, je vous l'ai dit, nous ne cherchons pas le sens des événements, mais nous cherchons le sens des hommes qui font les événements. Car c'est au travers du sens de ces hommes, tels qu'ils sont, que nous découvrirons l'identité morale, dont je parle tout le temps, l'identité morale des Hébreux, qui sont à même de révéler l'identité morale de cette humanité.

Isaïe, le prophète, nous le dit: tu veux savoir qui tu es ? Eh bien, regarde le rocher d'où tu as été taillé, regarde Abraham, ton père, et Sarah, ta mère. Qu'avaient-ils de particulier ? Des traits de caractère, non pas ceux de la brouillerie, bien sûr, mais des traits de caractère absolument éminents. Et surtout, comme phénomène angulaire d'une identité à venir. Jamais, au grand jamais, il ne faut détacher son oreille, son œil, ni sa main de l'accompagnement de ses patriarches et de ses matriarches, de l'ensemble de ses hommes et de ses femmes.

Nous allons passer un peu en revue quelques exemples. Avram est le père de ce que nous appelons le chesed. Vous savez, moi je traduis le chesed non pas par bienfaisance ou par bonté, mais je traduis chesed par amour. Car je crois que pour être bon et bienfaisant, il faut aimer. Je n'ai jamais vu de gens qui n'aimaient pas pouvoir être bons et bienfaisants, bien entendu.

Le père du chesed, son fils Yitzhak, nous avons l'habitude de l'intituler Midat HaDin, c'est-à-dire cette espèce de légalisme, c'est-à-dire de prétendant à la justice pure et dure. Et pourtant, ni de l'un ni de l'autre... L'histoire vient nous conter que ces personnages ne seront pas les pères du peuple d'Israël. Enfin si, ils sont les pères du peuple d'Israël, bien entendu. Mais celui qui va véritablement engendrer les douze tribus, ce sera Yaakov.

Alors lui, Yaakov, n'est ni considéré comme étant Chesed, ni comme étant Din, c'est-à-dire amour ou justice, mais on a l'habitude de l'appeler Yaakov Midat Emet. Midat, c'est une mesure. Vous voulez un autre terme ? Vertu, c'est très bien: vertu. Alors il est la vertu de la vérité. Abraham, la vertu de l'amour; et Yitzhak, la vertu de la justice. Pourquoi les enfants d'Israël ne sont-ils pas nés d'Abraham ? Il était très bien, on ne fait que le louer. Yitzhak, d'autant plus. Mais seulement de Yaakov.

Eh bien oui, le mot émet en hébreu s'écrit Alef, Mem, Tav. Enfin, comme vous me voyez, c'est Alef, Mem, Tav. Alef et Tav sont les deux lettres extrêmes de l'alphabet hébraïque. C'est comme si nous parlions de l'amour et de la justice: ce sont deux extrêmes. Comment faire pour mettre un peu d'eau dans son vin ? Quand l'eau serait la base, même si son pH est à zéro, mais elle serait comme l'amour, et le vin acide, alors ce serait comme la justice. Mettre un peu d'eau dans son vin: vous connaissez cette expression, qui faisait dire d'ailleurs à nos sages...

... qu'au Sanhédrin, lorsqu'on devait donner un jugement définitif, on disait: « Savré Maranan ! » « Qu'est-ce que vous en pensez, mes maîtres ? » Et on ne devait pas mettre le pouce en haut ou en bas, comme chez les Romains, mais tout simplement dire: « Lamavet, oh les Haïm ! » Vous connaissez: « Savré Maranan, les Haïm ! » C'est bien entendu pré-monitoire de faire valoir que nous aspirons seulement à la vie et pas seulement à la mort. Et la seule fois où le Sanhédrin condamna un homme à mort, il en fut excessivement contrit.

Et revenons à nos personnages: l'amour et la justice. Au milieu, vous avez un même. Vous savez, quand on est sofer, qu'on écrit l'écriture hébraïque sur le parchemin, le même s'écrit Chaf Vav. Et vous savez qu'en hébreu on aime jouer aux chiffres et aux lettres, bien avant Armand Jammot et France 2, d'ailleurs. Et le Chaf Vav, ça fait 26. Et me direz-vous, la lettre même vaut 40. Alors, comment se fait-il que dans l'écriture nous formions 26, et que dans l'absolu la lettre vaille 40 ?

Ces 14 qui différencient... Donc ça, je vous enseigne que ces 14, c'est comme Yad, Yod, Dalet. 14, comme les 14 phalanges qui sont les nôtres, ces 14 phalanges qui sont la main de l'homme. Car …

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