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Maïmonide, les âmes de l'homme et l'unité de la personne

Pourquoi l'homme n'a pas plusieurs âmes distinctes, et pourquoi la division en cinq âmes sert la morale.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les huit chapitres de Maimonide : l'âme et ses forces, 28 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, shalom tout le monde. Nous avons ici une chance assez extraordinaire: une version bilingue, je vois, qui a été photocopiée, du Shemoneh Prakim, ce qui est un avantage important. Si vous passez à la page 3, vous arrivez au premier chapitre. Après l'introduction, nous avons donc le premier chapitre.

Rappelons une chose importante. Le Shemoneh Prakim traite de morale, c'est-à-dire de la science du bien et du mal. Qu'est-ce que c'est que le bien et le mal ? Pour parler de morale, et donc de science du bien et du mal, il est nécessaire de poser certaines bases sans lesquelles la morale est impossible. Par exemple, le fait que l'homme est libre. Si je ne suis pas libre, la morale n'a aucun sens. Je ne peux pas choisir. Or, on est jugé moralement selon qu'on a choisi le bien ou le mal. Donc, ce que cela suppose, si je parle de morale, c'est que l'homme est libre. Autre chose: je suis capable de définir le bien et le mal.

Autre chose, cela suppose que l'identité humaine est une. Il y a une unité de l'identité humaine. Par exemple, si on me dit: « Mais pourquoi est-ce que tu te mets en colère ? C'est une mauvaise chose », je répondrais: « Mais non, ce n'est pas moi qui suis en colère, c'est mon âme colérique. Mais moi, je m'identifie justement avec mon âme pacifique. » Donc, vous ne pouvez pas m'accuser: c'est mon âme colérique qui s'est mise en colère, mais ce n'est pas mon âme pacifique. À moins qu'on considère que l'homme est une seule personne, que tout est interdépendant, et qu'alors il y a un sens à la morale.

Nous avons donc déjà donné trois idées fondamentales nécessaires pour parler de morale: que l'homme est libre, qu'on sait définir le bien et le mal, et qu'on est un. Le premier chapitre du Shemoneh Prakim va nous expliquer l'unité de l'homme. Le deuxième chapitre va nous parler de la liberté. Le troisième chapitre va nous parler de la définition du bien et du mal. Et le quatrième chapitre va nous parler de la stratégie du bien et du mal. Tout cela, ce sont les quatre premiers chapitres. Le cinquième chapitre va nous dire: mais à quoi tout cela sert-il ? Quel est le but de tout cela ?

Le sixième chapitre, le septième et le huitième vont nous parler de sujets subsidiaires, qui sont importants mais qui sont, si vous voulez, des ajouts. Par exemple, dans le sixième chapitre, le problème de la lutte morale, qui s'appelle Yetzer HaTov et Yetzer HaRa. Le septième chapitre… En fait, ce sont les cinq premiers chapitres qui forment le bloc fondamental du livre, et les trois derniers, des sujets annexes. Tout cela est clair ? Alors on peut foncer dans le premier chapitre.

Il est écrit là-dedans, je lis en hébreu, parce que la traduction en français est utile, mais elle ne correspond pas toujours, elle n'est pas toujours aussi précise que je voudrais: Ben nefesh ha adam v'chochotea, de l'âme humaine et de ses forces. Combien d'âmes y a-t-il ? Quand on dit l'âme ici, le mot nefesh ne veut pas dire l'âme au sens où nous l'entendons d'habitude, mais la personne. C'est-à-dire la personne, cette partie de moi qui dit « moi », n'est-ce pas ? Mon corps ne dit pas « moi ». Mon corps n'a pas de conscience, oui ? On peut dire l'esprit. En fait, tous ces termes sont très vagues, et pour les comprendre, il faut toujours les comprendre dans leur contexte, aussi bien les mots en français que les mots en hébreu. Ils sont interchangeables, n'est-ce pas ?

Ce que nous dit ici le Rambam, c'est le premier principe dont on a parlé tout à l'heure: Da nefesh ha-adam ahat. Sache que l'âme de l'homme est une. Rien à voir avec l'affirmation comme quoi la Torah serait tunisienne, comme on dit que la Torah est une. C'est une vanne insipide qui ne rime à rien dans notre contexte. Nous sommes ici dans ce qui dit que l'âme de l'homme est une, c'est-à-dire qu'elle est unique, et qu'elle possède différentes actions séparées l'une de l'autre. On appelle certaines de ces actions « âmes », au pluriel, des âmes.

C'est la raison pour laquelle on considère parfois que l'homme a plusieurs âmes. Kemot, shekha, shevou, arofim, comme l'ont considéré les médecins: Ad, shessam, rosh, arofim, peticha, tzifro. À tel point que le maître de tous les médecins a mis au début de son livre, Shanefashot shalosh, que les âmes sont au nombre de trois: Tévit, Hiyounit, Nefechit. C'est-à-dire l'âme naturelle, l'âme vitale et l'âme intellectuelle. Ce que les médecins ont découvert, et parmi eux également les philosophes, c'est que l'homme est une plante. La preuve, c'est que je grandis, que j'ai des ongles, des cheveux et des dents. Ça pousse. Et j'étais tout petit et j'ai grandi. Je suis donc une plante, une carotte. Indépendamment du fait que je sois une plante, et donc qu'on peut dire que j'ai en moi une âme végétative, ou végétale plus précisément, qu'on appelle aussi l'âme naturelle, c'est une âme végétale.

Je suis également un animal, je suis un chat. La preuve, c'est que lorsque je veux manger, je me déplace. Je vais au kiosque à côté du Mahonir, et si vraiment il n'y a rien, je vais dans la salle à manger. N'est-ce pas ? C'est-à-dire que je suis comme un chat. Le chat, quand il a faim, il va chercher. Qu'est-ce qu'il trouve ? Qu'est-ce qu'il mange ? Dans les poubelles. Certaines légendes affirment que les chats mangent des souris. Je n'en ai jamais vu. Ce n'est pas une légende ? C'est la vérité ?

J'ai la vue, oui. La vérité, moi aussi j'ai la vue. Mais enfin, c'est assez extraordinaire, ce qui confirme que parfois des choses qu'on pensait relever de la mythologie sont vraies. Mais les chats, comme tout le monde sait, mangent dans les poubelles, ce qui prouve que les poubelles ont toujours existé depuis des temps immémoriaux, puisque depuis des temps immémoriaux, il y a des chats. Oui ? Rien.

C'est-à-dire que, pour savoir où se trouvent le bien et le mal, il faut avoir une carte, la carte de l'homme, puisque la morale concerne l'homme. Je voudrais savoir dans quelle partie de l'homme se trouve la morale. Pour bien le savoir, il faut faire un plan général de ce qu'est un homme. On va donc parler aussi de tas de choses qui n'ont rien à voir avec la morale, pour ne pas se tromper. Par exemple, est-ce que c'est un problème moral d'avoir des cheveux blancs ? Oui ou non ? Non, cela ne dépend pas de moi. D'accord ? C'est-à-dire que quelque chose qui appartient à la biologie n'a rien à voir avec la morale.

Maintenant, si quelqu'un ne le sait pas, il va s'accuser, il dit: « Ah, j'ai des cheveux blancs, je dois faire techouva. » Cela n'a rien à voir. Ce n'est pas un mal d'avoir les cheveux blancs. D'accord ? Ce …

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