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L'âme et ses cinq parties selon le Rambam

Pourquoi seules deux parties de l'âme portent les mitsvot : le Zan et le Médamé n'ont pas de liberté.

57 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le libre arbitre et la partie intellectuelle selon Maïmonide, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Je pense que nous avons fini le premier chapitre, non ? Je crois, oui. Je résume très rapidement ce que nous avons vu, aussi bien dans l'introduction que dans le premier chapitre. Dans l'introduction, le Rambam nous a expliqué quelle était la finalité de la morale. La finalité de la morale, c'est la prophétie, c'est-à-dire la perception d'une vérité supérieure. Et qui acquiert la prophétie ? Eh bien, c'est l'âme.

Il s'agit d'une mauvaise traduction du mot hébreu nefesh. Le mot nefesh désigne, d'après le Rambam, plusieurs choses différentes. Tout d'abord, l'être humain dans son ensemble. L'être humain dans son ensemble est une seule et même chose. C'est ce qu'il dit: nefesh ha-adam yehida, que l'âme humaine est une. Vous vous rappelez de ça ? Oui.

L'intention du Rambam n'est absolument pas de faire une affirmation sur l'identité de l'âme. Ce n'est pas du tout ce qu'il voulait dire. Il voulait simplement dire qu'elle est unique. D'accord ? Il y a, à part cela, une subdivision, une division plus précisément, de l'âme selon les différentes écoles. Le Rambam dit que la division de l'âme est une fiction. En vérité, l'âme est une, même quand elle a plusieurs fonctions.

Mais pour des raisons de commodité, et non de vérité, nous désignons les différentes parties de l'âme, les différentes fonctions de l'âme, comme étant des parties. D'accord ? Chacune de ces parties peut donc également être appelée nefesh, âme. Mais en vérité, c'est une seule et même chose.

Quelles sont ces fonctions ? Il y a deux manières essentielles de diviser les fonctions de l'âme: soit en trois, soit en cinq.

En trois, c'est ce qu'on appelle Nefesh Tsomahat, Béhémit, Chaya. C'est-à-dire qu'il y a l'âme végétative, qui est commune à tous les êtres vivants, végétaux, animaux ou humains. C'est la capacité, par exemple, de croître, de se reproduire, de s'alimenter.

Il y a une deuxième faculté, qu'on appelle la faculté animale, qui est commune à tous les animaux mais pas aux plantes. Entre autres, la capacité de se déplacer, d'avoir des sentiments, des sensations. Et puis il y a une troisième partie, qui est particulière à l'homme: c'est la partie intellectuelle. Vous avez donc Tsomahat, Béhémit et Dibérit. Mais il est plus pratique de diviser la deuxième, c'est-à-dire la partie animale, en trois parties, ce qui nous donne finalement cinq.

Et quelles sont ces cinq parties dont le Rambam traite ? Ce sont Zan, Medamé, Margish, Mit'oorer et Sikhli. J'entends par là: Zan, ce sont les fonctions biologiques, ce qui correspond à peu près à l'âme végétative. Ensuite, vous avez Margish, ce sont les sens, les cinq sens. Puis Medamé, c'est l'imaginatif, tout ce qui concerne l'imagination et la mémoire des sens. Puis la quatrième partie, Mit'oorer, ce sont les sentiments, les désirs. Et la cinquième partie, Sikhli, c'est l'intellectuel.

Jusque-là, vous vous rappelez de tout cela ? Oui. On était aussi entré dans le détail des cinq parties qui se représentent.

Tout cela, pour le Rambam, est une sorte de substrat, une matière. Les cinq parties de l'âme ne sont en fait qu'un réceptacle. Elles sont le réceptacle d'une deuxième entité, qui est le sekhel. Il ne faut pas le confondre avec le sikhli, c'est-à-dire la partie intellectuelle ou intelligente. D'accord ? Ce sont deux choses différentes.

C'est-à-dire qu'il faut être en bon état, en bon état du point de vue du Zan, du Medamé, du Mit'oorer, du Margish, du Sikhli. Une fois qu'on est en bon état, on devient un réceptacle qui va recevoir en lui des connaissances éternelles et absolues, qu'on appelle les intelligibles. C'est pour cela que cela s'appelle, dans la philosophie, ou en hébreu,. Est-ce que là vous suivez ? Oui, c'est clair ce que je dis là, ou pas ?

Si ce n'est pas clair, il faut le dire ! Parce qu'après, je vais continuer et vous ne comprendrez plus rien.

— Ce qui n'est pas clair, c'est la fin.

La fin. Alors, pour cela, je vais vous faire un dessin. Est-ce que vous auriez par hasard une feuille de papier ? Mouskalote. Un feutre aussi ! Ah, c'est très bien ça. Bon, je m'explique. C'est en bleu clair, c'est un peu difficile à voir, mais j'espère que vous y arriverez.

Vous voyez, je pense que vous arrivez à discerner, malgré la distance, deux cercles. Il n'y a aucune prétention esthétique. C'est simplement pour nous permettre de mieux comprendre. En fait, vous avez là devant vous quelque chose qui ressemble à deux cercles, l'intuition de deux cercles. Là, vous avez le Nefesh, que nous avons étudié en long et en large dans le premier chapitre. Ce Nefesh comporte cinq forces différentes: Zan, Margish, Medamé, Mit'oorer et Sikhli. Mais tout cela ne sert que de substrat.

Une fois que tout cela est en bon état, s'introduit, si l'on veut dire, on peut dire pénètre tout cela, une autre entité, qu'on appelle le Sekhel. Hein ? Pas du tout. Ça, c'est un contenu, et ça, c'est un contenant. C'est comme un réceptacle et un contenu. Le contenant, c'est le Nefesh. Les cinq forces sont un contenant.

— Exactement. Si, justement, la matière, ça s'appelle matière et forme. Mais c'est la même chose.

C'est quoi, matière et forme ? Ça veut dire contenant et contenu, tout simplement. Enfin, plus ou moins. C'est de l'hylémorphisme.

— Oui.

Si, il est adapté. Mais il n'a pas la même forme. De même qu'un verre n'a pas la forme du liquide que vous allez y mettre. D'accord ?

— Non, pas du tout.

Non, non. Le cerveau, en hébreu, se dit moah. C'est l'organe. L'organe de l'intelligence, c'est le cerveau. Mais le sekhel, ce n'est pas le cerveau. Bien que, dans les mots croisés en hébreu, pour la définition « sekhel », il faille écrire moah. Et ça, je me plie à ces règles-là, parce que ce sont les règles des mots croisés. Mais ça n'a rien à voir, en fait. Non, pas du tout.

Le Sekhel, c'est quelque chose d'abstrait. Tandis que le mohar, le cerveau, c'est l'organe dans lequel se manifeste le Sekhel. D'accord ? Par exemple, il y a certaines personnes qui, de manière extrêmement surprenante, ont un cerveau alors qu'elles n'ont pas de Sekhel. On se demande à quoi cela leur sert, mais enfin, il y en a. J'ai vu, j'ai la preuve qu'ils ont un cerveau, bien qu'ils n'aient pas de Sekhel. Donc, jusque-là, vous suivez ?

— Oui, quoi ?

— Est-ce que le Sekhel est extérieur ?

Oui, d'après le dessin, oui.

— Si, c'est nous.

C'est nous, et là, le problème est de savoir comment ça devient nous. D'accord ? J'acquiers une connaissance; cette connaissance est une connaissance absolue; elle devient une partie de moi-même, ou je deviens une partie d'elle. Et donc j'acquiers l'éternité, la béatitude. Bien sûr que ce n'est pas une question d'espace, mais c'est quelque chose de spirituel. Nous faisons des représentations figurées de quelque chose qui n'est pas figurable. D'accord ? Bon, jusque-là, vous suivez ?

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