Sodome et Gomorrhe, la déchéance et la destruction
Le cri de Sodome, la justice divine et l'hospitalité refusée, selon la lecture du Rav Oury Cherki.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Isaac et les philistins : puits bouchés, mules et exil, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes dans Béréchit, au chapitre Yud Khet, Yud Khet, 18. Appelé également Ksvi, et au verset Tetzayim: « Les hommes se levèrent de là-bas et regardèrent en direction de Sdom. »
Abraham allait avec eux pour les accompagner. Étant donné que tout cela est une vision prophétique, cela signifie qu'Abraham est invité à participer à ce que ces hommes, ces anges, font. Or, qu'est-ce qu'ils font ? Ils regardent en direction de cette ville. Que veut dire « regarder en direction d'eux » ? Cela veut dire examiner, ou, plus précisément, juger.
Or, nous avons compris qu'Abraham est en train de faire son apprentissage de la midat ha-din, de la rigueur, du jugement. Abraham est donc invité à participer au jugement et à donner son avis. Le verset Yud Zayin continue: Vayomer Hachem, et Dieu avait dit.
Or, ici, le nom de Dieu n'est pas Yud Ke Vav Ke, mais Vav Yud Keh Vav Keh, Va-Donay. Qu'est-ce qu'on entend par le nom de Dieu précédé d'un Vav ? Le midrash nous dit que cela signifie Hou ve-Beit Dino, lui et son tribunal. Quand on met un Vav avant le nom d'Hachem, cela veut dire: lui et son tribunal. S'il y a un tribunal, on est ici dans la midat ha-din.
Donc Abraham va devoir entrer dans le tribunal, lui aussi.
— Oui, c'est vrai. Ça pourrait être comme ça.
— Ça veut dire, bien sûr, que c'est Dieu en tant que juge. C'est-à-dire que Dieu n'est pas toujours en train de juger. Il y a une action divine qui est le jugement, il y a des considérations, des délibérations de type jugement. Cela s'appelle le tribunal de Dieu.
Quel est le problème ? Ce n'est pas nouveau ! HaKadosh Baroukh Hou agit parfois en tant que Middat ha-Hessed, Middat ha-Rahamim, Middat ha-Din, et il y a des tas de choses comme ça. Qu'est-ce qu'il y a de tellement surprenant là-dedans ? J'ai compris, mais ce n'est pas tellement nouveau. HaKadosh Baroukh Hou agit par différentes middot. Il y a les treize attributs de miséricorde, je crois que c'est Middat ha-Rahamim. Il y a des tas de choses comme ça, d'accord ? Il y a les anges. Donc ce n'est pas nouveau.
Il n'y a donc pas de quoi être effrayé par ce genre d'expression. Bon. Hachem amar, et donc Hachem disait: Ha-mekhassé ani me-Avraham asher ani oassé ? Est-ce que je vais cacher à Avraham ce que je fais ? Ve-Avraham hayo yihyeh goy gadol ve-atsoum, alors qu'Avraham sera une nation grande et puissante. Ve-nivreku vo kol goyei ha-aretz, et par lui seront bénies toutes les nations de la terre. Ki yadativ ? Car je l'ai connu.
C'est-à-dire, je l'ai aimé, je l'ai choisi. Lemaan asher yetsavveh et banav ve-et beito aharav, afin qu'il enseigne à ses enfants et à sa maison après lui, ve-shamerou derekh Hachem, d'observer le chemin de Dieu, la-assot tsedaka u-mishpat, qui est de faire la charité et la justice. Il y a donc ici un projet de ce qu'on appelle l'unité des valeurs: la morale d'Israël est une morale d'unité des valeurs.
Quelle est la valeur qu'Abraham, naturellement, arrive à accomplir ? La charité ou la justice ? D'accord, la charité. Qu'est-ce qui lui manque donc ? La justice. C'est donc ce que HaKadosh Baroukh Hou va lui enseigner. Vayaver Hachem al Avraham et asher dibber al Avraham et asher dibber, afin que Dieu amène sur Abraham ce qu'il lui avait prévu. Vayomer Hachem: Dieu dit à Abraham.
« Le cri de Sodome et Gomorrhe est abondant, leur péché est très lourd. Je vais donc descendre pour voir. » Vous voyez que Dieu se représente ici par les deux accompagnateurs. « S'ils ont fait comme ce que dit le cri qui vient à moi, alors ils seront exterminés. Et sinon, je saurai. »
Dieu dit: je vais examiner le dossier de la ville de Sdom.
— Oui, quoi ? Qu'est-ce qu'il y a encore ?
— Il y a un cri qui vient de Sdom. Patati et patata…
— Non, ce n'est pas un cri, mais si, c'est un cri. C'est quoi, ce cri ? C'est le cri de la justice ?
— Non, il y a un cri d'injustice qui vient de Sdom. C'est quoi, ce cri ? Il y a un midrash qui dit qu'il y avait…
Une jeune fille qui avait donné du pain à un pauvre passant, et qui a été condamnée à être enduite de miel et dévorée par les abeilles, et son cri est monté jusqu'au ciel. C'est une manière figurée d'exprimer ce qu'est le cri de cette ville, d'accord ?
Et donc les hommes partirent de là-bas et allèrent vers Sdom. Abraham voit les deux hommes en train de descendre.
Ve-Avraham Omed Odeinu Omed lifnei Hachem. Or, Abraham était encore debout devant Dieu. C'est d'ailleurs le troisième: vous voyez dans l'image que Hachem est un des trois hommes. Il y en a deux qui descendent, et Abraham continue à parler avec Hachem. C'est très figuratif, très anthropomorphique.
Vayigash Avraham, vayomar. Abraham s'approcha pour dire. Que signifie le mot vayigash, « s'approcher » ?
Abraham va lutter. Il ne va pas être d'accord avec la destruction de Sdom. Pourquoi Abraham n'est-il pas d'accord avec la destruction de Sdom ? Il y a ici toute une discussion très pathétique, et il faut comprendre le bien-fondé de cette discussion. Ce que veut Abraham, c'est sauver Sdom. Or Sdom, c'étaient des salopards, des crapules, des scélérats.
C'étaient les pires hommes du monde. Selon les midrashim, ce qui se passait à Sdom était terrible. Or, si la ville de Sdom reste debout, cela veut dire qu'ils vont continuer à faire le mal, et qu'ils vont peut-être même détruire le monde.
Imaginez, pour bien figurer la chose, Abraham se situant, par exemple, dans un camp d'extermination. Il apprend que les alliés vont bombarder les fours crématoires et les chambres à gaz, et il intervient auprès de Dieu pour lui demander de l'empêcher, pour que des officiers SS ne soient pas tués. C'est très charitable, mais cela veut dire qu'ils vont continuer l'extermination. Le problème, c'est qu'il y a ici une volonté de clémence de la part d'Abraham qui s'oppose à la vérité morale.
Comment comprendre le comportement d'Abraham ? En fait, Abraham refuse, dans son principe, la midat ha-din. Dans le midrash, on met dans la bouche d'Abraham un discours qui n'est pas écrit dans la Torah, dans lequel Abraham dit à Dieu: Im din, atarotse et olam; im olam, atarotse et din. Si c'est la justice que tu veux, il ne peut pas y avoir de monde; et si c'est le monde que tu veux, il ne peut pas y avoir de justice, de jugement.
Ce que dit Abraham, c'est que le jugement est le contraire de la création. La création, cela veut dire donner, donner l'être. Juger, cela veut dire reprendre l'être. C'est donc soit l'un, soit l'autre: décide-toi. Puisque tu as décidé de créer le monde, tu n'as pas le droit de le juger. C'est ça, l'opinion d'Abraham ?
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