La génération de la délivrance et la soif de grandeur
Le Rav Kook explique pourquoi l'affaiblissement de l'instinct ouvre une période de transition vers une émouna consciente.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Israël, l'âme de la Torah selon le Rav Harlap, 56 min
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Bon, on est prêts ? C'est bon ? Ah, c'est où ? C'est où la caméra ? C'est bon, on est partis. Alors, ce qu'on va étudier aujourd'hui… Vous pouvez fermer la porte ? Vous avez moins de bruit, là-haut. C'est un article pris du livre Maamarei HaRe'iya. C'est le recueil des articles du Rav Kook qui ont été publiés dans les médias, dans les journaux de son époque. Qu'impose le patois ? La page 29.
Il s'appelle Tekoufat HaMa'avar, ce qui veut dire période de transition. De quoi s'agit-il ? C'est une analyse qui cherche à comprendre la cause essentielle de l'abandon de la religion, aussi bien dans l'humanité entière, ces derniers siècles, que, et c'est essentiellement ce qui nous importe le plus, dans le peuple d'Israël. Alors allons-y, rentrons dans le texte.
Si plus le monde se renforce et que l'esprit humain se développe en lui, on peut constater que la vie passe d'une situation instinctive à une situation consciente.
L'instinct de conservation existe de manière naturelle dans tous les vivants qui sont sur ce monde, dans tout l'univers, dans tout endroit où il y a de la vie. N'importe quel insecte a en lui un instinct de conservation qui fait que, quand il y a un danger imminent, il s'en écarte, et si c'est un animal plus fort, il attaque. L'essentiel, c'est de rester en vie. Ceci a été gravé par Dieu dans tout être.
Maintenant, il y a un phénomène intéressant: dès que l'intellect se développe, cet intellect qui est capable de juger, de discerner la valeur de la vie, non pas de manière naturelle mais de manière réfléchie, alors l'emprise de la tendance naturelle s'affaiblit.
Ça veut dire que plus l'intellect grandit, plus l'instinct de conservation s'affaiblit. Par exemple, si on compare: chez qui y a-t-il plus d'instinct de conservation ? Chez une petite bête de rien du tout ou chez un être humain ? Qu'est-ce que vous en dites ? L'être humain ? Non, tu te trompes. On peut être assis là, tranquilles, on rigole bien ensemble, et il y a un volcan qui s'apprête à exploser, et on n'est pas au courant.
Et on reçoit la lave sur la tête, et on est en train de se promener sur la lave. Ça, ce n'est pas l'instinct, ce sont les appareils qu'on a développés, qui peuvent déceler à l'avance. Et je parle de l'instinct: on n'est pas conscients des dangers imminents qui nous entourent. Alors que les tout petits animaux, même les petits insectes de rien du tout, ont en eux une capacité de déceler à l'avance les dangers imminents. Donc…
On voit que, même dans la différence entre les créatures, l'homme, en qui il y a plus d'intelligence que chez l'animal, a un instinct plus faible. Et le Rav ajoute encore une chose: plus la tendance intellectuelle se développe, plus cela vient au détriment de cet instinct qui est gravé en lui, dans sa vie. Tekhoufou miyad. Regardez. Kishasekhem mitore rafilou me'at. Dès que l'intelligence, l'intellect se développe,
ne serait-ce qu'un tout petit peu, Afalpiv vegam pnezeh, bien que, et peut-être spécialement à cause de cela, shahadayn ve-nono maspik, l'akhir et l'orot, donc il n'est pas à même de trancher, de discerner, d'évaluer, eder hachayim. Alors, Hachem et shilich, estirata matzav hakodem, gvar, niglav et nikar. Par contre, l'impact négatif, destructeur, de la situation précédente est déjà apparent. C'est-à-dire qu'il suffit d'une petite élévation de l'intelligence chez l'homme, qui n'est pas encore en mesure de lui donner la possibilité de juger et d'évaluer les dangers imminents, pour que cela ait déjà un effet négatif sur son instinct, qui s'affaiblit.
Maintenant vous comprenez le problème. Si l'instinct ne fonctionne plus, ou même s'il est seulement affaibli, et que l'intellect n'est pas encore assez développé pour mettre au point toutes sortes de matériels sophistiqués pour déceler les dangers, alors on se trouve dans une situation très critique entre deux situations. C'est-à-dire que l'instinct ne fonctionne pas assez bien, que l'intelligence n'est pas assez développée: on est dans un état très dangereux. C'est-à-dire ? Maintenant, même ceci, c'est-à-dire le fait que c'est un effet négatif qui met en danger notre situation, gam zeh, ou la Torah veshekhoul ? Ça aussi n'est pas par hasard.
C'est bien fait par Dieu. Afin que la volonté de vivre, qui n'est pas étrangère à l'intellect non plus, c'est-à-dire que, dès que l'intellect se rend compte que la situation est dangereuse, car l'instinct ne fonctionne plus et lui n'est pas encore à la hauteur,
c'est ça qui va le stimuler, le motiver, à accélérer son processus de grandissement. Donc ça aussi, c'est fait non pas par hasard, c'est fait par Dieu: il y a une situation de transition dangereuse pour stimuler l'intellect à accélérer son processus. Hachelo yagiyotah roshem hashelil imidak dola me'od. C'est-à-dire pour ne pas arriver à une situation irréversible dans laquelle l'impact des négatifs serait trop grand, et on n'aurait alors aucune emprise sérieuse sur la vie.
Lo titan, lo licher, lo orlam, me marmado ativi. Maintenant, il s'avère que du fait même qu'il y a dans ce monde un dynamisme constant vers le haut, l'homme ne peut pas rester constamment dans sa situation naturelle. Il est appelé à progresser. Ou mitromem, ou verover, al madrigat, al kara. C'est comme ça qu'il y a un dynamisme qui transporte l'humanité
d'une situation naturelle, instinctive, à une situation consciente. Et évidemment, ceci vient au détriment de l'instinct, qui lui est beaucoup plus fort, beaucoup plus solide, beaucoup plus stable, car il est profondément ancré dans la vie. Mais en fin de compte,
la fin du processus, c'est que l'intelligence, l'intellect prend la place de l'instinct de manière bien plus grande, plus solide, mais ça, c'est seulement à longue échéance. À courte échéance, comme on l'a dit précédemment, la situation est très dangereuse: l'instinct ne fonctionne plus, l'intellect n'est pas encore à la hauteur de gérer la situation, donc on se trouve dans une période de transition très difficile.
Donc là, il se répète: tant que l'homme se trouve encore dans sa situation naturelle, c'est l'instinct qui gère la situation afin qu'il survive. Et en plus, l'humanité devient de plus en plus civilisée et plus consciente.
Kimi, thor, akara, pini, mit, brua. Alors, l'humanité est appelée à agir non pas seulement par l'instinct, mais de manière consciente, et donc c'est censé être un peu plus sophistiqué. Kahougam, benoga, lekiu, madad, vayemouna. Maintenant, on en arrive à notre sujet: comprendre quelle est la cause essentielle de l'abandon de la religion dans l'humanité entière, et après, on en arrivera spécifiquement au peuple d'Israël.
Donc, il en est exactement de même concernant l'adhésion à la religion, à la émouna, dans l'humanité entière. Kouach hanetiyah hivit, c'est-à-dire la tendance naturelle. Gam zeh nesha'ad, ve-émouna ur zeku mi-nishtamrou ben ukhout. Elle a entraîné le fait que la religion et la émouna ont été profondément saisies et conservées, préservées dans l'humanité,
dans les domaines les plus larges. Car sans elle, sans la émouna et la religion, la société n'aurait pas pu subsister. La émouna et …
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