Battre la mesure : la juste place de chacun
Émouna, tsipia, hessed : le triptyque qui permet de trouver sa place dans la symphonie commune.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Les voies de la reconnaissance de soi selon la pensée juive, 1 h 05
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov. Shalom à tous. Si vous cherchez un titre à inscrire sur vos feuilles, marquez « Battre la mesure ». Comment battre la mesure, pardon. Quand je dis « comment battre la mesure », je cherche d'abord le eich, c'est-à-dire le « comment », qui va devoir être commenté, bien entendu. Battre.
C'est-à-dire: comment se mesurer dans une véritable rencontre, presque conflictuelle, ze, mol zé, face à face. Il n'y a pas de place, le petit avenir ? Il y en a une là-bas ? Je n'aime pas te voir comme ça, Esselé. Et la mesure, c'est le mot cardinal ici, c'est mida. C'est-à-dire:
Est-ce que nous allons être capables, dans la rencontre avec nous-mêmes, de définir, malgré tout ce qui nous oppose, tout ce qui nous met en conflit, d'apporter une lecture à la mida, c'est-à-dire à la mesure ? Mida, en hébreu, ce n'est bien sûr pas la mesure dont nous allons parler, mais vous allez voir que, d'une certaine manière, si. La mesure dont je parle, c'est la vertu. Ce sont les caractères qu'on retrouve chez Montaigne. Je parle de la vertu dans le sens moral, éthique. La morale, vous vous rappelez, est un idéal. L'éthique en est la réalisation. Je suis dans l'amour de l'amour, mais ce n'est que lorsque je deviens l'amant que je suis en amour. C'est-à-dire que l'éthique réalise ce que l'idéal propose comme espérance. Y a-t-il des questions ? Très bien. Je vais doucement pour ne pas vous brusquer les petits neurones.
Il y a un triptyque qui va nous emmener.
C'est-à-dire un ensemble de trois points. Il y a un triptyque, que je vais vous énoncer, qui va nous emmener et nous permettre d'essayer de définir le sens de ces vertus, leurs tenants et leurs aboutissants. Ce triptyque, pour nous, les Hébreux, est émouna, tsipia et chesed. Je préfère le mot tsipia à tikva, et je m'explique tout de suite pourquoi. Chesed, ma traduction, vous le savez, est amour et non pas charité. Je fais très attention à ces traductions du français qui peuvent nous empêcher, par une traduction erronée, de comprendre le sens profond. Abraham est un homme d'amour. Ce n'est pas un être charitable. C'est parce qu'il est amour qu'il est charitable. Vous comprenez ce que je viens de dire ? Yafé.
Je reprends le triptyque. Émouna. Vous vous rappelez que le mot émouna, puisqu'il doit être un des outils de travail me concernant, a pour racine alef, mem, noun. Dans le mot émouna, j'entends amin, fidèle, amine, confiant, neheman, fidèle, et emet, vérité. Rappelez-vous donc que le premier des matériaux qui me permettent de me rencontrer, même si cela crée un conflit, c'est émouna, c'est-à-dire fidélité, confiance et vérité.
Deuxième élément du triptyque, deuxième arme entre vos mains: tsipia. Et pourquoi, Maître, ne dites-vous pas tikva ? Parce que la tikva, c'est l'espérance purement matérielle, alors que dans tsipia, il y a une volonté de voir dans les lendemains des lendemains qui traitent de l'ensemble de la réalité. Je vous aide. Letsapot, litspot, racine tsadik, pé. La même racine sert à dire litspot, l'éclaireur, et letsapot, espérer. Si nous avons deux occurrences dans la polysémie de cette racine, il faut trouver, je vous l'ai déjà appris: à chaque fois qu'un mot est polysémique, vous ne saurez pas le sens du mot en lui donnant simplement une traduction 1, 2 ou 3. Il faut essayer de rassembler 1 plus 2, plus 1, plus 1, plus 1, et dans la conjugaison de ces trois termes,
fidèles, les machades, ce qu'on vient de dire: confiance et vérité. Vous voyez tout de suite que, lorsque je dis Émouna, Amin… ça, ça vous engage. Vous êtes à l'instant même mes élèves. Quel est le sens de mon enseignement ? De faire de vous de vrais élèves. Pour quelle raison vous appelez-vous élèves ? Afin d'en ressortir plus élevé après le cours qu'avant le cours. C'est le sens de l'élève, dont la racine, l'origine, est le verbe élever. Bien élevé ou mal élevé. Vous comprenez que cela n'a pas simplement trait à la politesse. Cela a trait à la stature de l'individu. Cet ensemble, pour lequel nous travaillons avec fidélité, avec confiance, avec vérité,
une fois que vous avez compris confiance, fidélité et vérité, vous vous dites: pourquoi faire cette confiance, cette fidélité, cette vérité ? Pour être capable d'apprécier l'ensemble de ce qui se trouve autour de moi, au-dessus de moi et sous moi. Et qu'à travers l'appréciation, avec confiance, avec fidélité, avec vérité, de cet ensemble, que l'on appellera, entre guillemets, la totalité, qui n'est pas l'infini, si jamais vous aviez lu Définas,
la totalité me permet d'espérer. Car le conflit sera d'autant plus conflictuel, dit le Rav dans Orot HaKodesh. Je suis en train de vous enseigner exactement le troisième livre d'Orot HaKodesh, Adrisha, Lesikou, Ramidot: l'exigence de la transparence de la mesure. Sachez que Rav Yoël et moi-même étudions Orot HaKodesh. Vous comprenez que, tout seul, on ne peut pas y arriver, et qu'il nous faut être deux: lui avec son essence kabbalistique et moi avec mes connaissances philosophiques et sociologiques, afin d'essayer d'entrevoir ce que le Rav veut nous dire. Je vous donne donc ici, bien entendu, presque un plat prêt à manger.
Je reprends. Écoutez bien et suivez bien. Il y a des questions, posez-les. Si on reste une heure sur cette introduction, eh bien on restera une heure. Je répète d'abord pour Victor. Je n'ai même pas fini le troisième, mais j'y viens. Émouna, mon premier matériel. Ce matériel est une triple arme. Il exige de toi confiance, fidélité, vérité. Si tu es en possession de cette émouna et que tu sors en guerre, sache que cela te permettra d'avoir une meilleure appréciation du terrain dans son ensemble, et grâce à cela, d'espérer la victoire.
Et le troisième terme, qui est le terme cardinal. Est-ce que, jusqu'à maintenant, émouna… c'est-à-dire ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Émouna ? Non, j'ai traduit émouna. Après, de quoi j'ai parlé ? Narol. C'est-à-dire ? Le triptyque de notre combat, les armes de notre combat, c'est émouna, avec la émouna, tsipia, et l'amour. Le troisième point, c'est l'amour. Bien sûr, nous n'avons pas fait ce cours, parce que ce cours, c'est une année de séminaire. Il est très difficile d'en parler en quelques secondes. Mais si je vous donnais une définition de l'amour, je choisirais celle-ci, vous pouvez objecter. Oui, j'arrête, mais c'est pour vous mettre de temps en temps un peu d'air dans les poumons. Amour, c'est ahava.
Quel est, d'après vous, lorsque je dis que les armes sont la confiance, la fidélité, la vérité, l'appréciation de l'ensemble, et que tout cela me donne l'espérance, l'espérance de quoi ? D'établir l'amour dans ce conflit. C'est-à-dire que le conflit ne soit plus dualiste, mais qu'il soit Ehad, c'est-à-dire que je sois entier avec ce envers quoi j'ai confiance, ce envers quoi je veux être fidèle, ce qui représente ma vérité, ce qui est mon descriptif de la réalité, ce qui est mon espérance. Tout cela, c'est ce que fait l'amour: la capacité qu'elle aura à vouloir, bien qu'elle …
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