Parachat Leh-Leha (07/11/16)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Leh-Leha (19/10/15), 55 min
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Par le roi de l'époque, qui s'appelait Nimrod. Nimrod va donc l'amener pour le juger. En face de lui, il y a un brasier qui attend Avraham Avinu. Et là, il va lui dire la chose suivante: écoute, j'ai appris que tu avais profané ce qu'il y avait de puissant dans l'idole. Vous comprenez que le jugement d'Avraham Avinu, c'est d'être un jugement religieux. C'est intéressant en soi. Et il va commencer, en fait, une discussion théologique sur…
Sur la émouna. Il y a quelque chose qui va encore derrière la émouna, qui est le rapport, la place de l'homme dans le monde, entre Nimrod, le grand idolâtre, et Avraham Avinu, le grand croyant. Je vous raconte le dialogue, il est intéressant à faire.
Nimrod dit: « Alors, est-ce que c'est vrai que tu as cassé toutes les idoles ? » Avraham répond: « Oui, mais bon, les idoles, ce ne sont pas vraiment des divinités. » Nimrod dit: « Bon, alors voilà. Il y a un feu, ici, qui t'attend. »
Avraham se prosterne devant le feu, et on oublie tout. Il dit: « Mais le feu, c'est une blague, le feu n'est pas fort, il y a de l'eau qui arrive et il éteint. » Nimrod: « Ah bon, d'accord, il n'est pas fort. » Avraham se prosterne devant la flaque d'eau. Il dit: « Mais la flaque d'eau, c'est rien, il y a de l'air qui vient et ça se transforme en nuages. » Nimrod: « Ah bah très bien, il y a des nuages. » Avraham se prosterne devant les nuages. Il dit: « Mais les nuages, c'est rien, il y a du vent qui arrive et il pousse les nuages. » Nimrod, qui était assez patient au début, dit: « Bon… »
Et qu'est-ce qu'il y a de plus fort que le vent ? Il dit: « Alors, qu'est-ce qu'on attendait qu'Avraham Avinu dise ? Qu'est-ce qui est plus fort que le vent ? HaKadosh Baroukh Hou. » Réponse d'Avraham Avinu: pas du tout. Il dit: « Il y a l'homme. L'homme peut construire une maison qui va résister au vent, à la pluie, et à un nuage. » Pas du tout la réponse qu'on attendait du grand croyant. On viendra comprendre la profondeur de cela après. Et là, Nimrod dit: « Ah, l'homme, donc toi, tu es un homme ? » « Oui. » « Donc le feu, c'est la plus… »
La plus basse de toutes les divinités, comme on l'a dit, d'accord ? Donc toi, tu es un homme, lui c'est le feu, normalement tu… Kata narecha, ce n'est rien pour toi, le feu, d'accord ? Allez, on fait un tour là-bas, on va voir ce qu'il gagne. Il pousse Avraham Avinu dans le feu, et Kajibokhou, Kemi Avraham Avinu: il va sauver Avraham, et Avraham va sortir de là-bas. Grande problématique religieuse ensuite, dans tout le territoire, tout autour de Nimrod: qu'est-ce qui va se passer ? Et ça, c'est déjà une autre histoire. J'aimerais expliquer cette histoire de dialogue. Oui ? Hein ?
Il y avait Haran qui était en train de regarder. On lui dit: « Alors, toi, tu fais quoi ? » Il répond: « Eh bien, moi, je déciderai après. Je vois ce qui se passe avec Avraham, après je décide. » Ensuite, on lui dit: « Bon, ça y est, tu as décidé, Avraham, on l'a jeté. » Il voit qu'il n'y a rien à faire avec Avraham, et il dit: « Allez-y, moi aussi. » Il est parti, mais le feu l'a brûlé. Donc pour lui, ça s'est mal passé. C'est vrai. Mais je voudrais rester sur Avraham. J'aimerais vous raconter ce qu'il y a de très profond derrière ce dialogue.
Quand vous êtes idolâtre, ce n'est pas seulement que vous constatez des bêtises, d'accord ? D'autres disent ça. C'est la question du côté religieux, dogmatique, de l'idolâtrie et du paganisme. Il y a quelque chose qui implique l'homme à tous les moments, et qui n'est pas seulement dans le domaine du religieux mais dans le domaine du moral: c'est devant qui vous êtes responsable, devant qui vous avez des comptes à rendre. Si vous êtes idolâtre…
Vous comprenez bien qu'en fait, où que vous alliez, vous pouvez trouver une divinité vers laquelle vous tourner. Si vous avez bien bu, vous avez le dieu du vin; si vous faites la guerre, vous avez le dieu de la guerre. Vous pouvez toujours trouver quelqu'un avec qui vous êtes en accord. Donc l'homme, en fait, n'a aucune responsabilité. Parce que, quoi qu'il fasse, il peut toujours se retourner vers une des divinités, car il y en a toujours un paquet qui va lui donner raison. Vous comprenez ? Et ça, Avraham Avinu a très bien compris la problématique, et Nimrod aussi a très bien compris la problématique.
Quand Avraham lui répond: l'homme, Nimrod va dire non. Oubliez ces divinités. C'est toi qui es responsable de tes actes. Ne viens pas me chercher: c'est là, c'est là, c'est là. C'est toi. C'est toi l'homme, c'est toi qui dois faire construire une maison ou ne pas la construire. C'est toi qui es responsable. Maintenant que c'est toi qui es responsable, évidemment, pour Nimrod, vous imaginez bien qu'il fait partie d'une civilisation, et lui en premier, qui veut tout sauf être responsable de ses actes. Nimrod veut absolument faire ce qu'il veut, ce qu'il aime, s'éclater. Vous imaginez. Donc, tout d'un coup, on va lui dire non.
L'homme est responsable. C'est toi. Il n'y a personne d'autre. Tu ne peux pas aller chercher des copains qui vont te pardonner. C'est toi l'homme. Alors, tout d'un coup, évidemment, Nimrod n'est pas content, et il jette Avraham Avinu dans la fournaise. Vous avez donc, dans ce dialogue, une implication très profonde du monothéisme. Le monothéisme, ce n'est pas seulement quelque chose qui veut dire: vous servez un seul Dieu, bon d'accord. C'est autre chose. C'est que vous ne pouvez pas enlever la responsabilité de l'homme.
Parce que, où que vous alliez, vous vous retrouverez face à Lui. Vous savez, dans les synagogues, il y a écrit: Da lifnei mi atah omed: sache devant qui tu te tiens. Parce qu'il est partout. Vous ne pouvez pas changer, vous ne pouvez pas interchanger, vous ne pouvez pas aller ailleurs. Et donc, ce que ça va créer, c'est un rétablissement, si vous voulez, de la nécessité d'un ordre moral, à tous les niveaux. Et le moral, ce n'est pas seulement…
Être gentil avec son voisin. Ce n'est pas toute la morale: il y a aussi, les mitsvot spirituelles. Donc vous comprenez la raison, vous comprenez la profondeur de ce dialogue. Jusqu'à aujourd'hui, le peuple juif demande cette chose-là face à l'humanité, et face à ces choses-là, vous avez des systèmes qui sont…
Qui ne sont pas encore arrivés là. Je vous donne deux exemples que vous connaissez. Vous avez le christianisme, qui est de l'idolâtrie. C'est un progrès par rapport au Visigo …
Cours de Machon Meir
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311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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