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La résurrection des morts et le retour en Erets Israël

Comment Rav Kook lit la deuxième bénédiction : le peuple dispersé comme ossements, puis la résurrection par le retour.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La prière selon Rav Kook et la Guemara, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, nous allons continuer notre étude pénétrante et profonde du Chmona Esré. Je crois que nous sommes arrivés à la deuxième bénédiction, et nous étions vers la fin. Nous avons fait remarquer qu'il est cinq fois question de la résurrection des morts dans la deuxième bénédiction, et que cela avait donc besoin d'être élucidé. Je reprends ici le texte.

Nous avons expliqué cela comme signifiant: tu es vivificateur des morts. Qui sont les morts qui sont vivifiés par Dieu ? Il s'agit de nous, c'est-à-dire de tout ce qui reçoit son existence du Créateur. C'est ce qu'on appelle le monothéisme intégral. N'était la vie qui nous est donnée par le Créateur, nous n'existerions pas. On peut donc dire que nous sommes des morts vivifiés. C'est la première explication.

Pour ce qui est de la deuxième Tehiyat HaMétim, Mehayé Métim berahamim rabim, qui donne la vie aux morts avec une grande abondance de miséricorde: qui sont les morts qui ont besoin de miséricorde ? Il s'agit des méchants, les Recha'im. Le Rasha est un mort, mais on le laisse en vie pour lui laisser la possibilité de faire techouva. Donc, au départ, il s'agit de quelque chose d'indifférencié, et après, c'est différencié. Il y a une différence entre les Recha'im et les Tsadikim.

Et puis, nous avons la troisième forme de résurrection des morts: Oum Qayyem emounato lichenei afar, qui accomplit son alliance avec ceux qui dorment dans la poussière. Nous avions expliqué que ceux qui dorment dans la poussière, ce sont les Avot, Abraham, Its'hak et Yaakov, qui ne sont qu'endormis et qui ne sont pas véritablement morts.

Pourquoi ne sont-ils pas véritablement morts ? Parce que leur descendance est vivante. Leur descendance est éternelle, et comme ils sont les patriarches de cette descendance, ils sont éternels eux aussi. Ils ne sont donc en fait qu'endormis. Oui ? Je n'en sais rien. En tout cas, ils sont endormis, et il y a avec eux une alliance. Cette alliance est accomplie par le Créateur. C'est cela, la résurrection des morts. De quelle alliance parle-t-on ?

On parle du retour en Erets Israël. Je crois que nous avons cité la dernière fois un texte du prophète. Comment dit-on ? Il faut trancher. En français, on dit Ézéchiel, et en hébreu Yehezkel. Contrairement à l'erreur courante chez les francophones, qui consiste à dire Yehezkiel, comme s'il y avait un youd. C'est faux. C'est Yehezkel qui parle de la vision des ossements desséchés. Vous connaissez cette vision, nous l'avons lue la dernière fois. Le prophète voit l'assemblée d'Israël sous la forme d'un amoncellement d'ossements desséchés, éparpillés dans la plaine. N'est-ce pas ? Oui, il les voit éparpillés dans la plaine.

Et en fait, c'est une image. Le Saint, béni soit-Il, révèle au prophète de quelle image il s'agit: il s'agit du peuple d'Israël dans sa Galout. C'est-à-dire que la Galout est un grand cimetière, et que dans ce cimetière il y a des ossements desséchés. Que sont les ossements desséchés ? Ce sont les Juifs. Mais pour qu'il y ait des ossements, il faut d'abord qu'il y ait eu un corps, et que ce corps ait été fait de chair, de nerfs, de peau. Qu'est-il devenu ?

Qu'est-ce que c'était que la chair ? Et la peau ? Et les nerfs ? Et pourquoi n'en est-il resté que des ossements ? Si l'on va jusqu'au bout de la représentation, n'est-ce pas ? C'est la question que pose le Gaon de Vilna. Il répond très simplement: dans le corps du peuple d'Israël, il y a deux sortes d'individus. Il y a les Hahamim, les rabbins, qui sont l'ossature du peuple, c'est eux le squelette. Et puis il y a les Hamé'haratsot, les ignorants, la masse, c'est la chair.

Et la chair est dévorée en premier par les vers. Qui sont les vers, dit le Gaon dans cette image ? Ce sont les nations, les persécutions que nous font les goyim. Elles décomposent le corps d'Israël. Et ceux qui sont atteints en premier, ce sont ceux qui n'ont pas de Torah. Qu'est-ce qui reste donc d'Israël pendant la Galout ? Il ne reste que les rabbins et ce qui est associé aux rabbins. C'est le judaïsme rabbinique.

C'est l'essence du Juif de la Galout. Cela tourne autour de la synagogue, du Beth Hamidrach, du mikvé, de la charcuterie casher. D'accord ? C'est autour de cela que cela tourne. Ce sont les ossements. Mais ce qui manque, c'était la chair vivante du peuple juif à l'époque du Temple: c'est la masse de toutes sortes de Juifs. Vous n'avez qu'à lire par exemple Flavius Josèphe, La Guerre des Juifs contre les Romains. C'est passionnant: on y voit toutes sortes de Juifs, pas seulement des religieux.

Il y a des Juifs du Likoud, il y a des Juifs d'Avodah, il y a des gens de Shalom Ha'Tsha'ar, il y a des assimilés, il y a un peu de tout. N'est-ce pas ? Il y a des gauchistes, il y a des gens de droite, il y a tout. Il y a même des religieux. D'accord ? Il y a des prêtres, il y a des sadducéens, il y a des pharisiens, il y a un peu de tout. Et puis, finalement, la Galout a détruit tout cela. Il n'est resté que les ossements.

Mais les ossements doivent ressusciter. Comment vont-ils ressusciter ? Ils vont ressusciter par le retour d'Israël sur sa terre. C'est ce que dit le prophète. N'est-ce pas ? C'est donc une des formes de résurrection: une troisième forme de résurrection, la résurrection dite nationale. Je voudrais ajouter un petit élément là-dessus. Le Gaon de Vilna rentre dans les détails. Ceux qui ont une âme sensible sont priés de quitter la salle, parce que...

Quoi, tu es encore là ? Le Gaon explique qu'en fait, lorsque le corps est dans la terre, c'est vrai que la chair se décompose, mais il reste quelque chose: il reste un squelette. Et le squelette, au début, est entier, dit le Gaon, c'est vrai. Les Hahamim étaient tous au même endroit, ils étaient à Babylone, c'est-à-dire en Irak. Le corps était donc entier, bien que mort. Et puis après...

...les ossements ont commencé à se disloquer. Il y a eu différents centres du judaïsme, un peu dispersés dans le monde: l'Espagne, l'Afrique du Nord, la France, l'Allemagne. Il y avait des Juifs un peu partout. Au Yémen... ça commençait, disons, les ossements ont commencé à se séparer. Mais chaque ossement était un bel ossement, bien entier. Il y a donc une partie du peuple juif qui a vu l'exil du tibia, une autre l'exil du crâne, de la mâchoire, etc., parfois des dents. Chaque communauté d'Israël est un ossement, d'une importance plus ou moins grande, du squelette d'Israël. Tout cela, c'est le Gaon de Vilna, ce n'est pas moi.

Puis il dit: mais il y a un problème, c'est qu'il vient un moment où même les ossements se putréfient. Et il ne reste plus... Quoi ? Pas du tout. Enfin, presque. Il ne reste plus qu'un peu de pourriture, je ne vais pas être méchant. C'est …

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