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Gomel Hassadim Tovim et le zékhout avot selon le Rav Kook

Pourquoi la bonté peut faire du mal, et comment le mérite des Pères peut être rappelé par la techouva.

52 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Shema Kolenu : quand il n'y a plus rien à demander, 53 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, Chalom à tous. Nous allons continuer l'étude du Sidour, je crois. Oui, je pense qu'on est déjà arrivé à Gadol, Ghibor, Vénora et Lélion. Vous voyez ça ? Je crois qu'on avait commencé à élucider ce que veulent dire les termes Gadol, Ghibor, Vénora.

Oui, et après on a fait Elohé Noé, Elohé Avoteinou, et puis on a vu Elohé Avraham, Elohé Yitzhak, Elohé Yaakov. Ensuite on a continué sur Ha'El, Hagadol, Hagibor, Vehanora, et on est arrivé à El Elyon. Voilà. Et là, nous allons commencer par Gomel Hassadim Tovim, n'est-ce pas ? Revenir sur l'idée de venir, c'est-à-dire tu te réfères au mot Atta.

Le mot Atta est un mot qui se trouve tout au début de la Bera'ha, et nous en sommes déjà arrivés à Gomel Hassadim Tovim. C'est un peu revenir à une couche très ancienne de notre étude. Mais puisque tu l'as demandé, je vais quand même le faire. Atta, en hébreu, il y a un verbe pour dire venir, c'est lavo, ba. Il y a un autre verbe, une autre forme grammaticale, moins usitée, qui est Atta, alef tav, qui veut dire venir également.

Maintenant, en araméen, cela a donné le verbe ata, alef tav alef, qui est un terme beaucoup plus courant en araméen: c'est le terme normal, usuel, pour dire venir en araméen. En hébreu, il n'apparaît que dans les formes poétiques. Là, c'est dans le langage poétique, mais ça reste quand même un mot hébreu. Le mot ata, qui veut dire donc venir, donne le terme ata, avec un dagesh dans le tav, qui veut dire toi.

C'est-à-dire que s'adresser à quelqu'un, à la deuxième personne, c'est prendre acte du fait que cette personne vient à moi. D'accord ? Donc Baroukh Atta: le mot Atta signifie « qui vient à moi ». C'est ce qu'on avait dit, je crois, la dernière fois. Enfin, l'avant-avant-avant-dernière fois. Depuis, nous avons beaucoup avancé. Nous avons continué sur Hachem, puis sur Elohé Noé. Après, nous avons étudié les termes Vé'Elohé Avoteinou. On a même étudié ce que veut dire Elohé Avraham, Elohé Yitzhak, Elohé Yaakov.

Et on est arrivé ensuite à l'explication de ce que veut dire Ha'El, puis Hagadol, Hagibor, Vé'anora, ainsi que le mot El Elyon. Tout ça, nous l'avons vu la dernière fois, n'est-ce pas ? Et nous en sommes donc arrivés à Gomel Hassadim Tovim, Konéh hakol, Vézokher hassdé avot. Vous me suivez ou pas ? Très bien. Alors, que veulent dire ces trois termes-là: Gomel Hassadim Tovim, Konéh hakol, Vézokher hassdé avot ?

En fait, c'est à nouveau le détail d'Elohé Avraham, Yitzhak et Yaakov. De même qu'on a vu que Gadol, Ghibor, Vénora sont des dérivés d'Elohé Avraham, Elohé Yitzhak et Elohé Yaakov, de même, au niveau de la… pardon. On a également ces trois louanges-là. Que veut dire Gomel Hassadim Tovim ? Qui pourvoit des bonnes grâces, des bonnes bontés. C'est bizarre, ça, une « bonne bonté ».

Si on suppose qu'il y a une bonne bonté, cela veut dire qu'il y a également une mauvaise bonté. C'est ça ? C'est-à-dire que la bonté n'est pas toujours une bonne chose. La bonté et la générosité, ce sont à peu près des synonymes. Si quelqu'un, par exemple, me dit: « Écoute, tu n'as pas 100 balles ? — Pourquoi faire ? — Ben écoute, j'ai absolument besoin d'acheter un revolver pour me suicider, et le problème, c'est qu'il me manque 100 balles. Ça m'embête beaucoup, parce que c'était aujourd'hui que j'avais prévu le suicide… Il me manque 100 balles, tu peux pas, s'il te plaît ? C'est un prêt, je te rends, je te rembourserai. »

Bon, alors, lui donner, c'est faire un acte de générosité, de bonté, puisqu'il a demandé, je lui donne, n'est-ce pas ? Mais c'est lui faire du mal. C'est-à-dire qu'il y a ce qu'on appelle Hassadim Tovim et Hassadim Rahim, des bonnes bontés et des mauvaises bontés. Il y a un texte de la Guemara très intéressant qui dit comment reconnaître un juif. On reconnaît un juif à trois comportements: Baïchanim, Rachmanim, Gomléi Hassadim. Baïchanim: les juifs sont honteux. Rachmanim: ils sont miséricordieux. Et Gomléi Hassadim: ils sont généreux.

Et quelles sont ces trois particularités, pourrait-on dire ? Eh bien, ce sont des défauts. Ce ne sont pas des qualités, ce sont des défauts. Par exemple, le Baïchan, le honteux: la honte est un mal, parce que la honte, cela veut dire se remettre en question, remettre en question la légitimité de son propre être. C'est grave. Pourtant, les juifs ont une tendance à ce genre-là, puisque les juifs sont occupés une très grande partie de leur temps à justifier leur propre existence. Vous avez déjà vu un Italien essayer d'expliquer pourquoi l'Italie a le droit d'exister ? Non. Tandis que nous, même sur la scène internationale, en politique internationale, on ne cesse d'exiger le droit d'Israël à l'existence. Vous connaissez ça ? On entend parler tout le temps de ça.

Cela veut dire qu'il y a un manque d'assurance extrêmement grave dans notre être, qui fait que nous ne sommes pas sûrs que nous avons le droit d'être. C'est ce qu'on appelle Baïchanim. Rachmanim, le miséricordieux. Il y a en hébreu deux mots pour dire être miséricordieux: il y a Rahman et il y a Merachem. Le mot Merachem, c'est l'aspect positif de la chose, c'est-à-dire prendre en pitié les gens et s'occuper d'eux. Tandis que Rahman…

… signifie l'ébranlement psychologique que me cause la pitié, qui me paralyse. C'est être paralysé: c'est ça, être Rahman. Donc, le fait que les juifs sont des Rachmanim, c'est également une mauvaise chose. Et le troisième terme est également péjoratif: Gomléi Hassadim, il donne des bontés. C'est-à-dire qu'il donne à celui qui demande. Même avant que la personne demande, on lui donne ce qu'il veut.

Et donc HaKadosh Baroukh Hou, lui, nous apprend comment être vraiment Gomel Hassadim. C'est pour ça qu'on dit de lui Gomel Hassadim Tovim. Exemple biblique: vous connaissez Avraham Avinou ? Qui prie pour les habitants de Sodome. C'est très grave de prier pour les habitants de Sodome. Cela veut dire que les habitants de Sodome, qui sont des scélérats, qui mettent plein de désordre sur la terre, plein d'iniquité sur la terre, doivent continuer à vivre. Pourtant, c'est ça qu'Avraham veut. Oui. Tu veux dire quelque chose ? Voilà. Oui. Quoi ?

— HaKadosh Baroukh Hou, lui, il a le droit d'être Rahman.

Ça ne pose pas de problème chez lui. Mais parce que HaKadosh Baroukh Hou, étant donné qu'il est tout-puissant, omniprésent et omnipotent, tout ce que tu veux, alors, l'Ara Khamanout justement fait partie de ses prérogatives. Il est le seul qui a le droit d'avoir l'Ara Khamanout, de même qu'il est le seul à avoir le droit de l'orgueil, Gaava. Parce que chez lui, c'est justifié. D'accord ?

— Oui. Non. Alors, non, on a appris d'Avraham la bonté. Avraham est quelqu'un de très génial. Qu'est-ce qui se passe ?

Non, mais c'est une question. D'accord, je sais bien, je sais bien, ce n'est pas la peine de… Bon. Avraham est un homme …

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