L'arbre au centre du jardin d'Éden : Bereshit 3
Pourquoi l'arbre de la vie et celui de la connaissance sont au même centre, et ce que signifie la mort après la faute.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Caïn, né acquisition : la liberté et le premier Mashia'h, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour tout le monde. Alors nous sommes dans Béréchit, je crois. Oui, au chapitre Guimel, au verset Vav.
« Elle prit de son fruit et elle mangea [Vatokhal]. » A-t-elle commis un péché ? Oui, dites-vous, parce qu'il lui avait dit de ne pas manger. Si je pose la question, c'est que la réponse est non. Il faudrait bien voir ce qu'on lui a interdit de manger, plus précisément. L'arbre de la connaissance. Qu'a-t-elle mangé ? Le fruit de l'arbre de la connaissance. Donc elle n'a pas péché, n'est-ce pas ? L'interdiction portait sur l'arbre; elle a mangé le fruit, donc le fruit, ça va.
Petite question: cet arbre, où se trouve-t-il ? L'arbre de la connaissance, dans le jardin, où est-il ? Au centre. Comment le savez-vous ? Prouvez-moi que c'est au centre. Comment dit-on « centre » en hébreu biblique ? Non, ça, c'est l'hébreu moderne: merkaz. Et ça, c'est l'hébreu de la Michna. En hébreu biblique, le centre se dit tokh. Non, en hébreu moderne, tokh veut dire l'intérieur.
Que ce soit au centre ou pas, en hébreu biblique, tokh veut dire centre. Et donc il faut que vous me prouviez que l'arbre de la connaissance se trouve au centre. Allez-y. Regardez au verset Vav: « Elle vit… » Et alors ? Ça prouve que c'est au centre ? Non, ce n'est pas tokh. Je sais bien que chez les francophones on mélange le R et le R…
C'est comme cette femme qui m'a téléphoné pour me demander s'il n'y avait pas des Baroukhim qui pourraient l'aider à déménager. Il s'agit des Bahourim. Bahourim, ça veut dire des jeunes gens. Baroukhim, ça veut dire des bénis. Ce n'est pas la même chose.
Bon. Le verset Guimel, dans quel chapitre ? Dans le chapitre Guimel. Chapitre Guimel, verset Guimel, très juste: « Oumi-pri-ya vesakhar betokh hagan, amar Elohim lo lo tokhlu mimenu… » Qui parle ? C'est la femme qui répond au Nakhash. Elle dit: quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit de ne pas en manger. Elle pense que le fruit est interdit, n'est-ce pas ? Mais elle dit « au milieu ». Tokh !
Maintenant, l'arbre de la vie, où se trouvait-il ? Au milieu. Prouvez-le. Non, c'est bien avant. Au chapitre Beth, verset Tet: « Vayatsmakh Hachem Elokim min haadama… etz hachayim betokh hagan. » Et au milieu du jardin, l'arbre de la vie.
Donc l'arbre de la vie était au milieu, et l'arbre de la connaissance était au milieu. En hébreu biblique, tokh veut dire milieu. Aujourd'hui, regardez Rachi, par exemple, sur le mot betokh hagan: que dit Rachi ? « Emtsa hagan », au milieu du jardin. Ou bien regardez dans le Michkan: ve'ab 'arei hatikhon betokh hakerashim, la traverse centrale qui était au milieu des madriers. D'accord ?
Maintenant, la question qui se pose: combien de milieux peut-il y avoir dans un jardin ? Un seul. Alors comment deux arbres peuvent-ils être au même milieu ? C'est le même arbre. Ah, ça devient encore plus compliqué. Parce qu'on avait dit qu'il fallait manger de l'arbre de la vie, et qu'il ne fallait pas manger de l'arbre de la connaissance. Et on dit que c'est le même arbre ?
— Je n'ai rien compris. Je comprends de moins en moins.
Si l'on nous dit qu'il faut commencer par l'arbre de la vie, puis par l'arbre de la connaissance, et que vous dites que c'est le même arbre, alors ça ne va pas. — Ça va de pair. — Et alors ? Le but de la vie, c'est de connaître. Donc vous voulez dire que… — Oui, mais alors on commence par quoi ? — On commence par la vie, et on finit par la connaissance. Très bien.
Approfondissons ce que vous venez d'entamer. Le contenu, la matière que je cherche, peut être envisagé de deux manières. D'habitude, on dit: l'étude de la Torah, c'est l'arbre de la vie, puisque la Torah est appelée Etz Hayim. Les études profanes, c'est l'arbre de la connaissance. Est-ce bien vrai, ce que je dis là ? Imaginez que je prenne la Torah et que je m'en serve pour faire un doctorat de philologie. Le texte que j'étudie, c'est la Torah. Mais il est étudié sous l'angle de l'arbre de la connaissance. Imaginez au contraire que je fasse des études de physique pour connaître le Créateur du monde: c'est l'arbre de la connaissance, mais envisagé sous l'angle de l'arbre de la vie.
Donc, ce qui fait qu'un contenu est vie ou connaissance, ce n'est pas forcément le contenu lui-même, mais l'approche. De quelle manière je m'approche de cela ? D'accord ?
C'est comme si je disais, dans cette salle où nous sommes, qu'il y a là une demi-tonne de chair et d'os. C'est vrai ou pas ? C'est absolument vrai. Il y a ici une demi-tonne de chair et d'os. C'est la vérité. Mais en vérité, ce n'est pas vrai: il y a ici des hommes, des personnes. Pourtant, j'ai dit la vérité tout à l'heure en disant que c'était de la chair. Oui. Mais c'est pris sous un angle qui perd l'essentiel.
Je peux considérer un homme comme un paquet de protéines. Qu'est-ce que c'est ? C'est un paquet de protéines, c'est un homme. C'est pas vrai du tout. Ce n'est pas un paquet de protéines, bien que ce soit effectivement fait de protéines. C'est autre chose.
Eh bien, c'est là le problème: a-t-on mangé l'arbre de la connaissance ou l'arbre de la vie ? Vous avez compris le problème. Or elle a mangé du fruit de la connaissance, et ça, c'est kacher, parce que cela signifie que ça a commencé par la vie. Donc elle avait le droit d'en manger.
Revenez au chapitre Guimel, verset Vav. Je reprends: « La femme vit que l'arbre était bon à manger, elle prit de son fruit et elle mangea; elle en donna aussi à son homme, avec elle, et il mangea. » Qu'a-t-il mangé, lui ? Le fruit ou l'arbre ? Je ne sais pas. Regardez le verset Yod-Alef.
Dieu dit: « Qui t'a dit que tu étais nu ? As-tu mangé de l'arbre dont je t'avais commandé de ne pas manger ? » Et qu'est-ce qu'il répond ? « Vayomer Ha-Adam: Ha-isha asher natata imadi hi natna li min ha-etz… » L'homme répondit: la femme que tu as mise avec moi, c'est elle qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé. Donc celui qui a fait le péché, c'est l'homme; celle qui a causé le péché, c'est la femme. Qui sont l'homme et la femme, ici ? Ce ne sont pas des entités séparées.
C'est une seule et même personne. Bien sûr, ils sont séparés, mais il y a en nous-mêmes une séparation. On me demande: qu'est-ce que tu penses d'aller faire une balade dans le Hermon ? Je dis: intellectuellement, je suis contre, mais sentimentalement, je suis pour. Mais qui est ce « je » ? Est-ce mon sentiment, ou mon intellect ?
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