Le rire d'Abraham et la promesse d'Itzhak
Pourquoi Abraham rit à l'annonce de la naissance de Sarah, et ce que signifie le nom Itzhak.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Terach, Nahor et Haran : les quatre voies d'Israël, 12 min
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Shalom tout le monde. Il me semble que nous en sommes au chapitre Youd-Zaïn, au verset Tedzaïn. Me trompe-je ? C'est bien cela ? Très bien. Donc chapitre Youd-Zaïn, verset Tedzaïn, c'est-à-dire chapitre 17, verset 16. « Je vais la bénir. » Qui c'est qui va être béni ?
« Et je te donne d'elle aussi un fils. Je vais la bénir, elle deviendra des nations, des rois de peuples viendront d'elle. » Il lui annonce donc que Sarah, qui était jusqu'à présent stérile, va avoir un fils. Ça fait déjà 13 ans qu'Avraham a un fils. Qui est-ce ? Ismaël. Ce fils est le porteur des espérances d'Avraham. En effet, il est le fils d'Avraham et d'Agar, Agar qui représente l'Égypte dans la maison d'Avraham. Il se dit donc que c'est absolument génial: son projet cosmopolite, qu'il avait auparavant, et le projet de HaKadosh Baroukh Hou, qui est de fonder une nation, vont fondre en un seul. Et ce personnage unique, n'est-ce pas, ça sera la personne d'Ismaël.
C'est-à-dire que, d'une part, ça sera véritablement un peuple élu parmi les peuples, c'est vrai, mais ça choque moins la conscience morale d'Avraham, étant donné que ce fils est fait en collaboration avec la plus grande des civilisations de la terre d'Égypte. On peut donc dire qu'Avraham est tout content d'Ismaël.
Maintenant, pendant les 13 ans en question, quand Avraham se pose la question de savoir pourquoi Sarah n'a pas d'enfant, qu'est-ce qu'il se répond ? Pourquoi est-elle stérile ? Pourquoi ne le mérite-t-elle pas ? Parce que ce n'est pas d'elle que doit sortir le peuple élu. Pourquoi ? Parce que Sarah, c'est sa sœur, sa nièce. C'est-à-dire qu'elle est tellement proche de lui que si c'est d'elle que sortait un enfant, ça serait du particularisme exacerbé. Et donc Avraham est tout content de ce que Sarah n'a pas d'enfant. Il se dit: c'est important que ce soit Agar qui soit la mère et pas Sarah, n'est-ce pas ?
Et puis brusquement Dieu lui annonce: Sarah va avoir un fils. — Est-ce que tu peux m'expliquer ta question ? — C'est des trucs qui ressemblent… — Oui. Tu disais ? — C'est ce que pense Avraham.
Eh bien, d'après ce qu'on a expliqué jusqu'à présent, depuis le début de la paracha, tout est clair. Qu'est-ce que nous avons expliqué depuis le début de la paracha, pendant une quinzaine de cours ? Quel est le problème d'Avraham ? Le particularisme. D'accord ? Donc si l'enfant qui naît vient uniquement de sa famille, c'est du particularisme au carré. D'accord ? Donc ça l'embête. D'accord ?
Et donc il est tout content que, finalement, la solution ait été trouvée à travers Agar et Ismaël. Eh oh, je te cause ! Il est tout content que la solution, de son point de vue, ait été trouvée dans Agar, son union avec Agar et puis la naissance d'Ismaël. Et puis brusquement, le bon Dieu lui dit: Sarah va avoir un fils. Vous comprenez ce que ça fait à Avraham ? C'est un tremblement de terre.
Regardons la réaction. Verset Youd-Zaïn… Vayiphol Avraham al-panav vayitzhak. Avraham tomba sur sa face et rit. Quand est-ce qu'on rit ? Quand on est content, ou bien, oui, quand on se moque de la chose. Quel est le genre de rire d'Avraham ? On va voir. Vayomer el-libo: il se dit en son cœur, halabèn meah chana yiwalèd, est-ce qu'un centenaire peut avoir un fils ?
Ve'im Sarah bat tiša'im chana tèlèd ? Est-ce que Sarah, à quatre-vingt-dix ans, peut enfanter ? Ça veut dire quoi ? Il se dit que c'est impossible. Ça veut donc dire qu'il espère que ça ne se fera pas. Vayomer Avraham el Elohim: et alors Avraham dit à Dieu, lou Yishmaël yihyè lefanècha, puisse Ismaël vivre devant toi. En d'autres termes: non merci, j'ai déjà donné, j'ai Ismaël, c'est très bien comme ça. — Oui, effectivement. — Il doit le savoir.
Je ne sais pas s'il le sait. Moi, je le sais parce que j'ai lu la Torah, mais est-ce que lui, il sait ? En tout cas, lui, il n'en veut pas. Le rire d'Avraham est un rire de refus. Il se dit: de toute façon, heureusement, je suis centenaire, donc je ne peux pas avoir d'enfant, donc c'est très bien, ça sera Ismaël. Peut-être même pense-t-il que c'est une épreuve pour voir s'il aime vraiment Ismaël. Et Dieu lui dit: non, non, c'est bel et bien, que Ismaël vive devant toi. Vayomer Elohim. Et alors Elohim lui répond:
« Mais Sarah, ta femme, enfante pour toi un fils. » C'est-à-dire, c'est quoi, « mais » ? Je t'ai déjà dit que Sarah va avoir un fils, n'est-ce pas ? « Tu lui donneras pour nom Yitzhak. » C'est quoi, Yitzhak ? Le rire. C'est-à-dire: tu te rappelleras que tu as ri de ça. Eh bien, tu verras bien. Comment dire ? Qui rira bien ? Le dernier.
« Va'akimotì et briti itto livrit olam: c'est avec lui que j'accomplirai mon alliance, en alliance éternelle, pour sa descendance, après lui. » C'est-à-dire: alors que tu préfères Ismaël, sache que mon alliance, ça sera avec Yitzhak. « Et Ismaël, quant à Ismaël, che'matikha, je t'ai entendu, puisque tu as demandé, je vais quand même exaucer quelque chose. Hinè, voilà: beirakhti otó, je le bénis.
Je le fais fructifier. Je le rends abondant, beaucoup, beaucoup. De douze princes il va engendrer. Je ferai de lui une grande nation. Ouah, énorme, hein ? N'est-ce pas ? De l'Indonésie jusqu'à l'océan Atlantique. Énorme, Ismaël. Mon alliance, je la conclurai avec Yitzhak.
Comment comprendre cette interruption du discours ? Vayekhal lédaber ito, il cessa de parler avec lui. Comment vous comprenez ça ? — Oui, Elohim se leva au-dessus d'Avraham. — Il l'a quitté. — Comment ? Qui s'oppose ? — Mais non, celui qui a arrêté de parler, c'est Dieu.
C'est comme une réprimande. C'est-à-dire que c'est une fin de discours, n'est-ce pas ? En fait, Avraham a eu ici une réticence par rapport à la promesse d'un enfant de Sarah. Maintenant, qu'est-ce qui se passe ? Vous vous rappelez le verset Beth ? Ça, on l'avait vu dans un autre cours, donc je ne sais pas si vous vous en souvenez. Au verset Beth, vous êtes invités à regarder.
Du chapitre Youd-Zaïn. Tu regardes n'importe où. Chapitre Youd-Zaïn, verset Beth: Ve'etena briti beini ouvenekha, je vais donner mon alliance entre moi et toi. Ve'arbé otkha bim'od meod, et je vais te rendre abondant, beaucoup, beaucoup. Combien de promesses y a-t-il dans ce verset ? Deux. Deux ? Je sais que ça prend longtemps de compter jusqu'à deux, mais enfin, vous avez donné une réponse tout à fait satisfaisante: il y a dans le verset Beth deux promesses.
Qui sont la première ? « Je vais donner mon alliance entre moi et toi. » Et la deuxième promesse: « Je vais te rendre très abondant. » Regardez maintenant, gardez le contact avec ce verset, mais regardez en même temps le verset Yod-Tet, verset 19. Vayomer Elohim: Elohim dit …
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