Sarah, le rire caché et la prophétie de Yitzhak
Pourquoi Sarah rit sans le savoir, et ce que la Torah enseigne sur la prophétie du fils promis.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Brit Mila et Erets Israël dans la section Lekh Lekha, 46 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom Aleykhem à tout le monde. Nous sommes au chapitre Vayéra de Béréchit, au verset Tet. C'est bon ? Pas de problème. Comment ? C'est un effet de la Providence, direct. Ouais, ouais, absolument.
— Non ? Prochain poste de Machiah, pourquoi pas ? Allez, ouais. Mais c'est assez serré là-bas, il y a plein de postulants. Ouais, j'en ai rencontré pas mal déjà.
Bon. Chapitre Vayéra, verset Tet. Vayomer élav. Est-ce qu'aujourd'hui c'est ton anniversaire par hasard ? Non, ce n'est pas le mien non plus. Quelle coïncidence. Bon, Vayomer élav, il lui dit.
Il répondit: « La voilà dans la tente. » Ce mode d'adresse est extrêmement surprenant. Si un ange ou Dieu a quelque chose à dire, ou même un prophète, qu'il le dise. Pourquoi a-t-il besoin de dire « Où est Sarah ta femme ? » Comme s'il ne le savait pas. D'accord ? Même s'il ne le savait pas, pourquoi la question a-t-elle été amenée dans le texte ?
Le texte aurait pu se passer de ce détail. C'est-à-dire que la Torah n'amène pas n'importe quoi. Elle amène des choses qui sont importantes pour l'intelligence de l'événement que nous rencontrons. Donc, s'il est dit Ayé Sarah ichtekha, « Où est Sarah ta femme ? », ça a donc une signification. La signification est que ça se passe sous forme, disons, d'incidence. C'est comme par hasard. Comme si on demandait: « Ah, au fait, où est-elle, Sarah ? »
On va voir par la suite que, dans le dialogue avec Sarah qui va s'instaurer maintenant, tout se passe comme si on ne parlait pas directement à Sarah. Oui, mais c'est bizarre. En fait, si c'est une vision prophétique tout ce qui se passe là, et que Sarah fait partie de la vision, donc elle aussi elle prophétise. Ou pour dire quasiment: c'est une prophétie à deux, n'est-ce pas ?
Bon. Ça, ce sont les enseignements que nous en retirons. Qu'est-ce que ça veut dire, dans notre monde, un comportement à la manière de Sarah ? Mais chez Sarah elle-même, ça n'a rien à voir avec la tsniout, ça a rapport avec la nature même de sa prophétie.
Et ça, c'est ce que nous allons devoir élucider.
Mais en tout cas, ce qui est très clair, c'est qu'on annonce à Abraham que Sarah va avoir un enfant. Posez une question: Abraham ne le savait-il pas ? Il le savait. Comment tu sais qu'il le savait ? Dans le chapitre précédent, ça a déjà été dit, n'est-ce pas ? Au chapitre précédent, au verset Tedzane, il est dit en toutes lettres que Sarah va avoir un fils. Et quelle est la réaction d'Abraham quand il entend ça ? Il rit. Il rit, n'est-ce pas ?
Et donc, après que HaKadosh Baroukh Hou le dit: Sarah va avoir un fils, il l'appellera Its'hak, le rieur. À cause de quoi ? À cause de ton rire. Donc Abraham est déjà au courant, il connaît déjà le nom de l'enfant qui va naître, et il sait que c'est lié au rire. Alors qu'est-ce qu'on lui apprend ici ?
Alors, qu'est-ce que disent les superficiels appelés les critiques ? Les critiques disent qu'il y a ici deux récits. Un qui dit que le rire était celui d'Abraham, et l'autre qui dit que le rire était celui de Sarah. Et que le rédacteur en chef de la Bible n'a pas fait attention au fait qu'il présentait ici deux textes qui ne concordaient pas; il les a collés ensemble avec du scotch, n'est-ce pas ? Deux points de vue différents, oui, d'accord.
Mais pour en savoir, qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Est-ce que HaKadosh Baroukh Hou a annoncé à Abraham, et alors il a ri ? Ou est-ce qu'il a annoncé à Abraham, et que c'est Sarah qui a ri ? D'accord ? Vous comprenez le problème ?
Alors, la critique biblique, qui a l'habitude d'être superficielle, dit: c'est très simple, il y a ici deux récits, deux traditions différentes qui ont été mises ensemble par le rédacteur en chef. Maintenant, comment faut-il comprendre la prophétie ? Le problème, c'est que si on avait, par exemple, un récit double, et que ce phénomène se passe une fois ou deux fois dans la Torah, alors la thèse de la critique biblique commencerait peut-être à avoir du sens. Le problème, c'est que c'est tout le temps comme ça dans la Torah.
C'est-à-dire que, depuis le début de la Torah jusqu'à la fin du Tanakh, nous avons toujours des récits doubles qui se contredisent. Alors peut-être que c'est une méthode. Peut-être que ça fait partie du style même de la Bible: qu'elle parle dans deux langages, comme s'il y avait deux récits différents. Très brouillon, dans tout le Tanakh. Bien que le Tanakh soit fait de vingt-quatre livres différents, de différents auteurs, donc probablement. Et je veux dire que tous ont eu le même défaut de rédaction: ils n'ont pas fait attention, quand ils ont mélangé leurs fiches comme ça, à bien raccorder les coutures entre les différents morceaux.
Avant de dire que le rédacteur en chef, et donc le Créateur du monde lui-même, n'a pas fait attention… Il est intéressé à ce que le style de sa révélation soit justement fait de ces deux niveaux-là. C'est vraiment que la Torah veut nous enseigner quelque chose de très profond: tout se passe à deux niveaux. Il y a toujours deux niveaux dans les phénomènes, dans les événements.
Alors il y a ici, par exemple, un phénomène important: la révélation, la prophétie. Qui fait prophétiser Abraham dans le chapitre précédent ? Qui ? Non, pas du tout. Qui s'adresse à Abraham ? C'est Elohim, évidemment. Et dans notre chapitre à nous ? C'est Hachem, avant la circoncision, après la circoncision. Donc c'est la même prophétie qui revient, elle est reçue différemment.
Elle est reçue différemment en fonction de si c'est Elohim qui parle ou si c'est Hachem qui parle. Et donc le réceptacle n'est pas le même. Abraham a fait une transformation dans son être à travers la circoncision. Et donc maintenant il y a une participation du rire de Sarah au rire d'Abraham. C'est plus le rire de… ça se décale. Mais c'est la même révélation. Ce ne sont pas deux prophéties différentes: c'est la même, dans un autre réceptacle. Vous avez compris ?
C'est comme si vous preniez un contenu, un liquide par exemple, et que vous le versiez dans un récipient. Et après, vous décidez de prendre le même contenu et de le reverser dans un autre récipient. C'est le même contenu dans un autre contenant. — Qu'est-ce que t'en sais ? — Elle est présente dans la première prophétie de manière, disons, implicite. Il dit « Ne l'appelle pas Sarah », et elle s'appelle Sarah. Donc elle est là. Là aussi, elle est là. D'accord ? C'est comme ça que ça doit être compris.
Mais ça, c'est déjà trop complexe pour une pensée de critique biblique. La critique biblique a une origine allemande. La culture allemande est souvent dénuée de nuances. Il y a de l'ordre; il faut …
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