Parachat Toldot (18/11/14)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Toldot (28/11/16), 1 h 00
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bienvenue, bonjour à Bahim. Parachat Toldot. Après avoir été à Hévron, à Hayé Sarah, on a pu lire l'achat de la Maarat HaMakhpéla, je crois que c'était toujours sympathique. Et donc on rentre dans Parachat Toldot. Vous vous rappelez que les paracha sont divisées en couples, couples de paracha. Deux paracha, c'est la création du monde; deux paracha, c'est Avraham; deux paracha, c'est Yitzhak; deux paracha, c'est Yaakov. Donc là on rentre sur Yitzhak et un peu Yaakov.
On va avoir plusieurs thèmes dans la paracha, vous allez voir, des thèmes qui sont importants. Et s'il y a d'autres questions, si vous voulez qu'on approfondisse certains thèmes, on est toujours ouvert aux questions. La paracha commence comme ça, et ça va nous permettre de faire un rappel sur la semaine dernière: « Et voici les toledot de Yitzhak, fils d'Avraham. Avraham a engendré Yitzhak. » C'est-à-dire que s'il y a quelqu'un qui a oublié la première moitié du verset, alors on lui rappelle la deuxième moitié du verset. C'est fait pour les gens un peu limite, quoi. Vous êtes d'accord que ça va être simple: s'il y a marqué dans la Torah quelque chose deux fois dans le même verset, ça veut dire qu'il y a quelque chose.
Donc on a Yitzhak et Rivka, qui sont mariés, on l'a vu dans la paracha la semaine dernière. Yitzhak a 40 ans, et Rivka est stérile. Le concept de stérilité, c'est quelque chose qu'on voit très souvent dans la Torah: il y a des femmes qui sont stériles, et il faut vraiment des miracles pour qu'elles puissent avoir des enfants. À votre avis, pourquoi ?
Ça se répète, et pas seulement pour cette paracha. Ce n'est pas une épreuve parmi d'autres, même si ça aurait pu être une épreuve. Mais c'est un thème qui revient: chez Sarah, chez Rivka, chez Rachel, chez Léa, chez Hanna. On voit que c'est quelque chose de plus profond, parce qu'on aurait pu donner toutes sortes d'épreuves. Pourquoi ça revient, à votre avis ?
Parce qu'il y a très peu... Il faut comprendre la chose. Les Imahot sont stériles parce que donner naissance au peuple juif est quelque chose qui n'est pas naturel. C'est quelque chose de surnaturel. Vous vous rappelez quand Hakadosh Baroukh Hou a commencé à créer le monde ? Il a demandé à la nature de créer le monde. Il donne un ordre à la nature: faites ça, faites ça, faites ça. Des fois la nature elle fait, des fois elle fait moyennement.
Quand on est arrivé à la création de l'homme, Hakadosh Baroukh Hou demande à la nature de créer l'homme, et là, carrément, elle n'y arrive pas. Il dit alors: « Na'assé adam bitsalmenou » — « Faisons l'homme à notre image. » Dans la liste des choses qui sont demandées à faire, il y a marqué nefesh haya, et elle n'apparaît pas là-bas, dans la liste. Et tout de suite après, Hakadosh Baroukh Hou dit: « Bon, eh bien, on va faire nous-mêmes un homme. » Pourquoi ? Parce que la nature n'a pas réussi. C'est-à-dire qu'il y a des choses que la nature a du mal à faire toute seule, et il faut que Hakadosh Baroukh Hou intervienne. On voit ça sur la naissance du peuple juif.
Sarah, Rivka, Rachel, Léa, Hanna: il a fallu faire des miracles pour chacune. Ce n'est pas juste qu'on a besoin de ça dans la période clé de l'histoire. Après, ça continue, et après ça devient naturel. Mais on voit que c'est quelque chose qui a du mal à sortir. Le peuple juif a du mal à sortir tout seul de la nature, et Hachem intervient avec des miracles pour que Sarah, Rivka, Rachel, Léa et Hanna puissent avoir des enfants. Parce que naturellement, ça ne suffit pas.
La première partie de la paracha, si vous voulez, c'est la tefila de Yitzhak, et Rivka qui tombe enceinte, et la naissance de Yaakov et Essav. Il y a des dialogues qui sont un peu bizarres, et comme tous les dialogues bizarres, on essaie de ne pas les éviter, au contraire de les expliquer.
Il y a un dialogue qui peut nous paraître très, très bizarre. D'abord, on va expliquer ce qui se passe dans la tefila. Yitzhak prie de son côté, Rivka prie de son côté. Vous connaissez le houmach: Hachem a répondu à la tefila de Yitzhak. Pourquoi ? C'est surprenant, c'est ce qui est marqué là-bas, vous vous rappelez ? Parce que Yitzhak est tsadik, fils de tsadik, et Rivka est tsadika, fille de rasha.
Rachi nous dit: la tefila d'un tsadik, fils d'un tsadik, est plus écoutée que la tefila d'un tsadik, fils de rasha. Il est marqué comme ça. Alors, une seconde. « Vayetar Yitzhak l'Hachem le'nokhah ishto, ki akara hi, vayetar lo Hachem. » Yitzhak a prié Hachem à propos de sa femme, car elle est stérile. C'est le pasouk kaf alef 21. « Vayetar lo Hachem »: et Hachem lui a répondu. À lui, c'est bien marqué à lui, et Hachem dit lui et pas à elle, alors qu'elle aussi priait. Il n'y a que lui qui a été exaucé. Et Hachem lui répond: c'est parce que la tefila d'un tsadik fait des tsadikim.
Moi je trouve ça bizarre, on aurait pu croire le contraire. Non, ce n'est pas ça. Qu'il y ait des différences dans la tefila, c'est normal: deux personnes différentes, ce sont deux tefilot différentes, ce ne sont pas les mêmes héritages, donc ce ne sont pas les mêmes réponses. Mais là on parle de quelque chose de plus douloureux. Elle n'a pas choisi d'être née là où elle est née. Elle est fille de rasha, et malgré ça, elle est quand même sortie tsadika. Vous imaginez, moi j'aurais cru que c'est un plus grand miracle. Vous comprenez pourquoi je... Nous aurions pu croire que la tefila de Rivka aurait dû être plus grande que la tefila du tsadik. Même si c'est au même niveau de tsidkout, on va dire que c'est au même niveau, mais elle, elle vient de beaucoup plus loin. Elle est née dans une famille de... de tordus, on va dire.
On peut comprendre ça comme ça, mais je voudrais expliquer le phénomène psychologique: en quoi le tsadik fils de tsadik aurait plus de mérite que le tsadik fils de rasha ? On parle juste du mérite, parce que c'est ce qui sort de Rachi.
D'abord, ce que tu as dit, c'est sûr que c'est vrai. Partout où on va, on est accompagné de nos parents et de nos grands-parents, dans nos mérites et dans ce qu'on est. On est accompagné de nos parents, de nos grands-parents, dans notre capital génétique, parce qu'ils viennent de là-bas. Il y a des gens qui ne trouvent pas normal que quelqu'un ait du mérite à cause de son père. Par contre, tout le monde trouve normal que quelqu'un ait de l'argent à cause de son père. Je ne comprends pas la différence. Si le père a bien travaillé, s'il a réussi à avoir de la parnassa, …
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