Parachat Tetsave (19/02/13)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Tetsave 5777, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Térouma et Tetsavé
Paracha Tetsavé. Alors, quel est le principal sujet de la paracha ? Ça, on continue. En général, les habits du Kohen Gadol, les habits du Kohen. Il y a forcément un rapport entre Tetsavé et le fait qu'on parle des habits du Kohen Gadol. Pour comprendre ce rapport, on va essayer de voir l'évolution.
Entre Térouma et Tetsavé, on a dit qu'on avait quatre parachot et demie qui parlaient de la construction du Mishkan. Vous vous rappelez ? Quelles sont ces parachot ? Térouma, Tetsavé, la moitié de Ki Tissa, qui parlent du Michkan, du tabernacle, du temple portatif, et Vayakhel-Pekoudé. Ça fait quatre et demie. Le mot Térouma, on a dit que ça voulait dire don, n'est-ce pas ? Et le mot Tetsavé, ça veut dire quoi ? Ordonne.
Vous comprenez donc qu'il y a une opposition entre Térouma et Tetsavé. Dans Térouma, chacun, tout celui qui voudra, il donnera, c'est ce qui est écrit au début de la paracha de Térouma. La paracha de Tetsavé, c'est le contraire: « Et toi, tu ordonneras… » On va donc voir le rapport entre cette opposition, entre l'ordre donné dans Tetsavé, et le fait qu'on parle des habits, puisqu'il y a forcément un rapport.
Les deux parachot nous parlent du Mishkan. Pardon, vous voulez que je distribue tout de suite ? Je n'en ai imprimé que sept ou huit, donc ce que vous avez, vous l'avez. Dans la paracha Térouma, on a l'essentiel de la construction du Mishkan, mais il n'y a pas les habits du Kohen Gadol. C'est comme si, dans le Mishkan de Térouma, il n'y avait pas de Kohanim. C'est-à-dire qu'en vrai, celui qui veut entre. C'est un Mishkan très… il n'y a pas d'intermédiaire.
C'est quoi un Kohen ? Un Kohen, c'est un intermédiaire entre nous et HaKadosh Baroukh Hou. Même dans toutes les religions, on a compris qu'il fallait quelqu'un comme ça. Mais dans le Mishkan de Térouma, on n'a pas besoin de ça. Dans ce Mishkan, on n'en parle pas, c'est normal. Il n'est pas écrit qu'il faille faire entrer… Dans Ki Tissa, il y a la moitié, et après on parle de la faute du veau d'or.
Et après, il y a Vayakhel-Pekoudé. Il manque encore quelque chose dans le Mishkan de Térouma, qu'on verra dans la paracha de Kedoshim… c'est le Kior HaNechoshet. À quoi sert le Kior ? Vous connaissez ? Il sert à la purification. C'est-à-dire que dans le Mishkan de Térouma, on pourrait croire, à la limite, qu'il n'y a même pas besoin de purification et que n'importe qui peut entrer. Vous comprenez donc l'opposition entre Térouma et Tetsavé: dans Tetsavé, on va imposer
cet intermédiaire, on va imposer le Kior qui vient après. On va imposer une discipline, un ordre, une ordonnance qui n'existait pas avant. Forcément, au niveau conceptuel, il s'est passé quelque chose entre Térouma et Tetsavé, comme l'explique le Rav Cherki. Alors, quand on dit « Ve'atah Tetsavé », à qui parle-t-on ? À Moshé. Comment sait-on qu'on parle à Moshé ? Parce que c'est écrit: « Et toi, tu ordonneras… à ton frère Aaron. » Bon, comme Aaron, il n'y a pas beaucoup de frères.
Donc on comprend qu'on parle de Moshé. Mais malgré tout ça, le nom de Moshé n'apparaît pas dans la paracha. Vous avez remarqué ça ? C'est très rare. Dans la Torah, en général, ça n'arrive pas: qu'une paracha entière, après la naissance de Moshé Rabbénou, ne mentionne pas son nom. C'est unique. Et il y a encore un rapport, forcément, entre cela et tout ce qu'on a dit sur la différence entre Térouma et Tetsavé. Et le nom d'Aaron n'apparaît pas non plus dans la paracha de Térouma.
Ce n'est pas du tout un style courant dans la Torah. Dans la Torah, ce n'est pas « Hachem parla à Moshé, disant… », « parle aux enfants d'Israël ». Là, tout d'un coup, on a: « Et toi, tu ordonneras à Aaron. » C'est un style très différent, comme si c'était un style qui demandait une certaine autorité. Tout cela apparaît dans une conjoncture qui a changé entre Térouma et Tetsavé. Si on essaie de comprendre ce qui s'est passé entre Térouma et Tetsavé pour que Moshé n'apparaisse pas…
Moshé, à un moment dans la Torah, dit à HaKadosh Baroukh Hou: « Efface-moi de ton livre. » À quel moment dit-il cela ? Au moment où le peuple a fauté, à cause de quelle faute ? À cause du veau d'or. Donc, si vous voulez, vous commencez à mieux comprendre. Moshé Rabbénou a dit à HaKadosh Baroukh Hou: efface-moi de ton livre, mais ne les efface pas. HaKadosh Baroukh Hou, évidemment, n'a pas effacé son livre, mais dans une paracha, il l'a effacé: son nom n'apparaît pas, alors qu'il devrait apparaître. On le voit dans beaucoup de Soukkiot…
On voit le nom de Moshé, il veut apparaître, il veut « Ve'atah Tetsavé », c'est un style qui n'est pas ordinaire, et à plusieurs endroits, « Aaron, mon frère »… Donc on sent que le nom de Moshé veut apparaître, mais il n'apparaît pas dans la paracha. Au niveau constitutionnel, la différence entre Térouma et Tetsavé, c'est une différence avant la faute et après la faute. Je vais l'expliquer, et on va comprendre le rapport avec les Kohanim et les habits. Alors, on a dit qu'à l'origine, quand on a reçu la Torah…
On a même corrigé la faute d'Adam HaRichon, puisqu'à l'époque, vous vous rappelez, quand HaKadosh Baroukh Hou nous a donné deux couronnes à chaque juif, on était monté à un niveau au-delà de la faute d'Adam HaRichon. On était monté à un très, très haut niveau de spiritualité, qu'on a tout cassé quand on a fait le veau d'or. Donc, entre Térouma (chacun fait ce qu'il veut, il donne de son plein gré, ça marche très bien), jusqu'à un certain moment où il y a une faute comme le veau d'or au milieu, on ne peut plus passer par là. On est obligé de donner des ordres.
Vous comprenez ? C'est comme un enfant: quand on voit qu'il fait tout ce qu'il faut, on est gentil avec lui, on lui dit « c'est bien, fais ça, fais ce que tu veux ». Quand on voit qu'il fait des bêtises, on commence à lui donner des ordres, on commence à lui donner des limites. En général, c'est le rôle du père de faire ça. Des fois, c'est l'inverse, et en général, ça donne un peu un résultat bizarre. Sachez une chose: aujourd'hui, vous vivez dans une époque où les hommes sont féminisés et les femmes masculinisées, et ça fabrique des gens pas très heureux.
Aujourd'hui, on fabrique des gens qui ont du mal à être bien. Une femme cherche un homme, qui soit un homme. Mais aujourd'hui on en trouve plus beaucoup, parce qu'on fabrique des… des hommes, quand on fabrique autre chose. En Israël, il y a l'armée, qui virilise un peu… bon, Hachem. Malheureusement, là-bas aussi, on trouve des femmes qui vont être mifakdot, qui vont donner des ordres, qui sont elles aussi …
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