Parachat Leh-Leha (29/10/14)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Massei (02/08/16), 54 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ok, bienvenue. Paracha Lekh Lekha. Comme on l'a dit avant, une bonne traduction: « Va-t'en pour toi, va-t'en vite. » Une bonne paracha pour commencer le semestre. Et pour ceux qui n'ont pas encore fait leur aliyah, vous pouvez réfléchir. Il y en a qui n'ont pas encore fait leur aliyah, mais en général, après les cours, ils ont plus envie, je ne sais pas pourquoi. Donc on va parler de Lekh Lekha. Quand on regarde la Torah, comment elle est construite, on risque d'avoir le vertige. Pourquoi le vertige
? Parce que regardez comment la Torah est construite. Il y a deux parachiot qui parlent de la création du monde et de l'homme, Béréchit et Noa'h. Après, on a deux parachiot sur Avraham, deux parachiot sur Israël, deux parachiot sur Yaakov, deux parachiot sur les enfants de Yaakov, et après c'est fini, c'est jusqu'à la fin du Tanakh. Ce qui intéresse HaKadosh Baroukh Hou, c'est uniquement l'histoire du peuple juif.
Et ça, quand on réfléchit un petit peu, on doit avoir le vertige. Imaginez: le Créateur du monde, c'est lui qui nous donne son message. C'est lui qui a écrit ce texte. Lui, il s'adresse à Moshe, le prophète, et il va nous parler du peuple juif. On peut traduire, on peut comprendre ça, on est obligé de comprendre ça: ce qui intéresse Hachem, c'est l'histoire du peuple juif. Et si vous regardez un peu les actualités, c'est aussi ce qui intéresse l'humanité. C'est-à-dire qu'on intéresse pas mal l'humanité.
Ce n'est pas un hasard. L'humanité se sent concernée par ce qui se passe à l'intérieur du peuple juif. En général, ce n'est pas traduit par beaucoup d'amour pour le moment, plutôt le contraire, mais en tout cas par un très grand intérêt. L'humanité n'est pas intéressée par le Ghana, ou la France, ou la Chine, uniquement quand ça les touche directement. Mais l'humanité est intéressée par Israël même quand ça ne la touche pas du tout. Des pays dont on n'a jamais entendu parler, et pourtant ils s'intéressent beaucoup à nous, alors qu'ils n'ont jamais vécu là-bas. Vous savez ?
Ils ont traduit... Quand les Russes ont commencé à « éduquer » le Japon et la Chine, ils leur ont traduit plein de livres qui existaient en russe, en chinois et en japonais, pour les éduquer, en leur transmettant en même temps les valeurs qu'ils voulaient leur donner. Parmi les valeurs qui étaient importantes pour le RSA, et qui sont toujours importantes, il y avait l'antisémitisme. Dans l'antisémitisme, il y a un livre célèbre qui s'appelle Les Protocoles des Sages de Sion, qui raconte une histoire où il y a des sages du monde entier, qui sont juifs, et qui dirigent en fait la planète. Il y a beaucoup de gens qui y croient encore aujourd'hui. Dans le monde arabe, tout le monde y croit. C'est très connu: les chefs d'État dans le monde arabe citent ces livres comme si c'étaient vraiment des livres scientifiques.
Et au Japon et en Chine, ils ont réagi super différemment. Les Japonais, les Chinois, qui ont toujours rêvé d'un grand empire, quand ils ont vu ces juifs, un petit nombre, qui ont réussi à devenir ce qu'ils sont dans le monde, ils ont dit: « Eh bien, nous aussi, on veut être comme eux. » Et ça a créé l'effet inverse. Vous avez aujourd'hui, en Chine et au Japon, une très, très grande estime pour Israël. En Corée, il y a plein de... il y a beaucoup de gens.
Je lui avais raconté l'histoire d'un directeur de ma société, une start-up israélienne de treize personnes, qui avait rencontré deux PDG: un de Mitsubishi, six cent à sept cent mille employés, et un de notre petite société japonaise, qui avait quarante mille employés. Lui était au milieu, c'est lui qui a organisé la rencontre, et tout le monde était très, très fier de le rencontrer. Nous, on était treize dans la société. On n'était pas nombreux. Et le directeur de Mitsubishi lui a donné un petit livret que chaque chef
d'entreprise japonais reçoit, où sont marqués les secrets de la réussite israélienne. Pour vous dire comment ils ne s'y arrêtent pas.
Donc tout ça est lié évidemment à la paracha Lekh Lekha, on va expliquer pourquoi. Ce qui va intéresser HaKadosh Baroukh Hou, c'est l'histoire du peuple juif. Il va investir, si vous voulez, dans le peuple juif. Il va lui donner énormément de choses pour faire avancer l'humanité. Le peuple juif a comme mission, depuis très tôt, Vé-ti Uman Ech'el Koni Vé-Kadosh. C'est la version de la Torah, mais déjà la version de Moshe Rabbénou. Qu'est-ce qu'on lui dit à propos des autres familles de la planète ? On lui
dit: Venivrekhou bekha kol michpekhot ha-adama, « seront bénies par toi toutes les familles de la Terre ». C'est-à-dire que très tôt, on va donner à Avraham Avinou son rôle universel. Et on va faire la différence, aujourd'hui, dans cette paracha, entre l'universel et le cosmopolite. Ce sont deux versions complètement différentes de la volonté d'élever l'humanité, et on va voir en quoi Avraham Avinou lui-même s'était trompé dans sa vision du monde.
Vous savez qu'Avraham a changé de nom dans la paracha, on va le faire passer de Avram à Avraham. Et il va y avoir une grande différence. La première chose qu'on va dire à Avraham, alors qu'il avait déjà découvert le monothéisme en Irak, là où il habitait (en Mésopotamie, c'est pas très clair où ça se situe), c'est de quitter sa maison et de venir en Erets Israël. Donc directement, vous avez un rôle national pour Avraham Avinou. Pour Avraham Avinou, c'est une idée très difficile. Il n'est pas du tout dans les plans d'Avraham Avinou. Je vais vous raconter ce que le Ramban nous raconte sur les premiers versets. Il écrit ceci: Hachem dit à Avraham: « Va-t'en pour toi, de ta terre, de là où tu viens, de la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai, et je ferai de toi une grande nation. » Et Avraham Avinou n'est pas content.
Le Ramban a cette idée suivante: Avraham a vu, avec l'Esprit Saint, que dans le futur le peuple juif dirait « Elokei Avraham »: là il était content. Après, il a vu « Elokei Yits'hak », il n'était pas content. Il a vu « Elokei Yaakov », il n'était vraiment pas content. Il est écrit qu'un homme n'est pas jaloux, ni de son fils, ni de son élève. Or Yits'hak et Yaakov, ce sont ses élèves et ses enfants, ses petits-enfants. Comment peut-on être jaloux ? Ensuite il est écrit:
Bo'eh Hachem Magen Avraham. Quand il a vu que dans la tefila, la bénédiction de la 'Amida se termine par « bouclier d'Avraham », Magen Avraham, alors il était content. On ne comprend pas très bien cette idée, on va l'expliquer. Avraham, enfin, surtout quand il s'appelait Avraham, pour lui le but, c'était d'élever l'humanité. Il a très bien compris qu'il faut rendre les gens meilleurs. Et vous savez comment faisait Avraham, à l'époque, …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.
- 209
Parachat Korah (28/06/16) - 210
Parachat Leh-Leha (07/11/16) - 211
Parachat Leh-Leha (19/10/15) - 212
Parachat Leh-Leha (23/10/12) - 213
Parachat Leh-Leha (29/10/14) - 214
Parachat Massei (02/08/16) - 215
Parachat Matot (17/07/14) - 216
PARACHAT MATOT (22/07/08) - 217
Parachat Matot (25/07/16) - 218
Parachat Matot-Massei (02/07/13)
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav