Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Libre-arbitre et causalité chez le Rambam

Le Rambam réfute le fatalisme : l'homme agit librement, Dieu fixe seulement les lois de la nature.

53 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La nature et le miracle selon Maimonide, 52 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Nous continuons, après un petit délai qui fait que la semaine dernière nous n'avons pas pu étudier. Nous continuons le huitième chapitre du Chemona Pérakim. Dans la splendide édition que vous avez sous les yeux, je crois que c'est à la page Resh Lamed Zayin. Le sujet est le libre arbitre. Le libre arbitre est un des fondements du judaïsme selon le Rambam.

Il l'affirme de manière bien nette et précise, on ne peut pas se tromper, à l'opposé des déterministes. Il y a différentes sortes de déterministes, entre autres le fatalisme oriental, affirmé par la majorité des musulmans, les sunnites, selon lequel les actions de l'homme sont déterminées à l'avance, décidées à l'avance par Dieu. Et le Rambam dit que c'est complètement faux. Il amène pour cela des arguments d'ordre rationnel.

Il amène également des arguments tirés du Tanakh, de la tradition biblique, aussi bien de la Torah que des prophètes. Il amène également des arguments tirés de l'enseignement des Hakhamim. Il y a une fameuse phrase bien connue: « Hakol beyad Chamayim, ḥoutz mi-yirat Chamayim », « Tout est aux mains de Dieu, si ce n'est la crainte de Dieu ».

Il explique que la crainte de Dieu, cela veut dire toutes les actions humaines. Et quand on dit que tout est aux mains de Dieu, il s'agit des lois de la nature. Je prends ici à la page Resh Lamed Zayin: « Ve-ḥa-ma-ra-mi-ti… » Quant à la fameuse phrase bien connue chez les gens,

on trouve également des traces chez les sages et dans les paroles des prophètes. Qui est-ce ? Que la station assise de l'homme ou la station debout, et tous ces mouvements, sont de la volonté de Dieu et de son désir.

« Houma amar amiti, al-ṣadeq had », est une parole véritable d'un certain côté, « ve-hou… kemi shei ischlich even Allah avir ve-ardaleh mata ». C'est-à-dire, quand on dit que tout est aux mains de Dieu, y compris les mouvements de l'homme, qu'est-ce que l'on veut dire par là ? D'une certaine manière, c'est vrai. Par exemple, quand je décide d'être assis ou debout, cela est le fruit d'une décision libre. C'est vrai.

Mais d'un autre côté, je ne pourrais pas être assis ou debout si HaKadosh Baroukh Hou n'avait pas donné, dans les lois de la nature, la possibilité d'être debout ou assis. N'est-ce pas ? C'est-à-dire que la donnée qui fait que je peux être debout ou que je peux être assis, cela, c'est voulu par HaKadosh Baroukh Hou. Maintenant, l'emploi que je vais faire de ces possibilités, cela dépend uniquement de moi. D'accord ? C'est ce qu'il explique.

« Ve-ḥo… ki-mi she-yishlikh even… » Comme par exemple quelqu'un qui a jeté une pierre en l'air et que cette pierre descend vers le bas. « Ha-shaman… » Nous dirons que c'est par la volonté de Dieu qu'elle descend en bas. Et c'est en vérité vrai. Par exemple, je jette une pièce de monnaie, je la jette comme ça, clic, et puis elle retombe. Elle tombe parce que Dieu l'a voulu, parce que moi je l'ai voulu.

Parce que Dieu l'a voulu, parce que Dieu a créé les lois de la gravitation qui font que les objets lourds tombent. N'est-ce pas ? Remarquez une chose: le Rambam ne dit pas qu'elle est montée en haut par la volonté de Dieu, mais uniquement qu'elle est descendue par la volonté de Dieu. Pourquoi ? Exactement. C'est-à-dire que, selon la physique d'Aristote, les objets tombent par voie naturelle, mais ils montent par voie, par voie, non pas naturelle, mais par contre-nature, on pourrait dire.

Parce que chaque élément a ce qu'on appelle un lieu naturel. Pour les philosophes de l'Antiquité, il y a quatre éléments dans le monde: la terre, l'eau, l'air et le feu. Vous avez entendu parler de cela ? Aujourd'hui, on parle de beaucoup plus de quatre éléments, mais chez les anciens, on parlait de quatre éléments, seulement la terre, l'eau, le feu et l'air.

Pourquoi est-ce que, lorsque je prends un morceau de terre en l'air et que je le lâche, il tombe ? Les philosophes disaient: c'est parce qu'il a ce qu'on appelle un lieu naturel. Le lieu naturel de la terre, c'est le centre du monde, qui est la terre, le globe terrestre. Et donc si je prends un morceau de terre et que je le mets en dehors de son lieu naturel, il va tomber.

Maintenant, pourquoi est-ce que, quand il y a de l'eau sous le sol, l'eau monte ? Les philosophes diront: parce que le lieu naturel de l'eau, c'est au-dessus de la terre. Et donc l'eau va remonter pour retrouver son lieu naturel.

— Comment ? Ce n'est pas du tout ce que dit la physique moderne.

C'est ce que disait la physique de l'Antiquité. Si je fais des bulles dans l'eau, les bulles vont monter, parce que le lieu naturel de l'air, c'est au-dessus de l'eau. Si j'allume une allumette dans l'air, le feu va monter, parce que le lieu naturel du feu, c'est au-dessus de l'air. D'accord ? Il y a une sphère de feu qui entoure le monde. C'est ce que disaient les anciens. Ce n'est pas exactement ce que dit la physique moderne. La physique moderne a employé d'autres formules, ce qu'on appelle la gravitation universelle, etc.

D'accord ? En tout cas, on voit que le Rambam est influencé par cette manière de voir la physique. Et donc il nous dit: lorsque quelqu'un lance une pierre en l'air et qu'elle tombe en bas, nous disons de cela que c'est la volonté de Dieu qu'elle tombe vers le bas, qu'elle descende vers le bas. C'est une sentence véritable.

Dieu béni soit-il, Ratsa a voulu que la terre entière soit au centre. Au centre de quoi ? Au centre du monde. Ce qui peut choquer certaines personnes qui penseraient que c'est elles le centre du monde. Eh bien non: ce n'est pas elles, c'est la terre qui est le centre du monde. L'homme a été fait à partir de la terre et d'un souffle. D'accord ?

Pourquoi la terre ? Parce que c'est l'élément le plus grossier, dans lequel la forme a moins de domination sur la matière. D'accord ?

— Physique ?

Oui, physique. Ou hyphesé, et c'est pour cela. B'khol ețhi achlikhou chelek m'bena ha-maala. À chaque fois que l'on jette un morceau de terre vers le haut,

il retombe, et le Maqom, il se dirige, ce morceau, vers le centre. De même, chaque partie du feu, si elle monte, s'oriente vers le haut, à cause de la volonté primordiale que le feu monte vers le haut.

Mais cela ne veut pas dire qu'au moment où ce morceau de terre tombe vers le sol, c'est à ce moment-là que Dieu a décidé qu'il descendrait vers le sol. C'est une loi, une loi primordiale. D'accord ? Et c'est en cela que nous sommes en désaccord avec les mutakallimin, c'est-à-dire les partisans du...

Kalam. C'est-à-dire les mutakallimin.

— Quoi ? Les mutakallimin ?

Cours de Machon Meir

Dans la même série

97 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Maïmonide, Rambam, Les huit chapitres, Libre arbitre.

  1. 64
    Le libre arbitre face à la science de Dieu selon le Rambam
    Le Rambam pose la question : si Dieu connaît l'avenir, l'homme peut-il encore choisir librement ?
    16 min
  2. 65
    Les défauts des prophètes selon le Rambam
    Peur, angoisse, colère et tristesse : pourquoi ces émotions obscurcissent la prophétie, à travers Shmuel et Yaakov.
    53 min
  3. 66
    Le libre arbitre et les données de départ selon Maïmonide
    Pourquoi la nature et les tendances ne décident pas du bien et du mal : l'homme choisit ce qu'il fait de ses données.
    54 min
  4. 67
    Le libre arbitre selon le Rambam et le zivoug
    Le Rambam affirme l'entière liberté de l'homme, et le zivoug ne se réduit pas à un destin fixé d'avance.
    50 min
  5. 68
    Libre-arbitre et causalité chez le Rambam
    Le Rambam réfute le fatalisme : l'homme agit librement, Dieu fixe seulement les lois de la nature.
    En cours de lecture
  6. 69
    La nature et le miracle selon Maimonide
    Pourquoi la notion de nature est absente de la Torah, et comment le septième jour éclaire le miracle.
    52 min
  7. 70
    Le Pharaon et la perte du libre arbitre
    Maïmonide distingue la faute individuelle du décret collectif et montre comment Dieu empêche parfois la techouva.
    50 min
  8. 71
    Connaissance divine et liberté de l'homme chez Maimonide
    Dieu sait-il à l'avance nos choix ? Maimonide distingue la connaissance divine de la multiplicité des êtres.
    44 min
  9. 72
    La connaissance de Dieu et la liberté humaine selon le Rambam
    Pourquoi Dieu connaissant tout n'entre pas en contradiction avec la liberté de l'homme, selon le Rambam.
    43 min
  10. 73
    Le libre arbitre selon Maïmonide : les quatre preuves
    Le Rambam réfute les terministes en appuyant le libre arbitre sur la Torah : commandement, récompense, étude et précautions.
    50 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav