Le libre arbitre face à la science de Dieu selon le Rambam
Le Rambam pose la question : si Dieu connaît l'avenir, l'homme peut-il encore choisir librement ?
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les défauts des prophètes selon le Rambam, 53 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Écoute, imagine un juif et un Grec assis sur un banc à Sderot Amiri. Tu sais où c'est, Sderot Amiri ? C'est ici. Ils sont assis sur un banc à côté du kiosque et ils discutent entre eux. Passe un tsadik (il y en a plein dans le quartier), et il glisse sur une peau de banane et se casse la jambe. Réaction du juif: « Mais enfin, c'est un tsadik ! »
Pourquoi s'est-il cassé la jambe ? Réaction du Grec: « Ça va pas la tête ? Tu n'as pas vu qu'il a glissé sur une peau de banane ? » Et le Grec sort son calepin et écrit: « Loi: toute personne qui glisse sur une peau de banane selon un angle déterminé se casse la jambe. » Tout content, il a découvert une loi de la physique. Les peaux de banane cassent les jambes. Ce qui fait problème pour le juif ne fait pas problème pour le Grec. Pour le juif, le monde devrait se comporter en vertu de la morale.
Donc, si la peau de banane n'a pas tenu compte de ça, c'est qu'il y a un problème. Et ça, c'est ce qu'on appelle « le soleil est enveloppé ». Parce que le soleil, c'est ce qui permet de voir la vérité, mais le soleil est enveloppé. Viendra un jour où cette enveloppe disparaîtra. Et quand la vérité se révèlera, les tsadikim et les rechaïm seront brûlés. Le rasha se rendra compte brusquement que le monde n'était pas ce qu'il imaginait, et le tsadik sera guéri d'être tsadik: il était malade parce qu'il est tsadik. Vous avez compris ?
C'est ce que dit ici le Rambam: viendra un jour où la vérité sera apparente. Le monde deviendra translucide, et alors on pourra voir le monde tel qu'il est en vérité, et non tel qu'il est actuellement dans la réalité. C'est bien clair ? Car en philosophie, on fait toujours cette différence entre la vérité et la réalité.
« Eloha Psukim » ! Voilà, c'était jusqu'à présent les versets. Hamsu Pakim, qui emmène des doutes. Où va Mikra ? Dans la Torah et chez les prophètes. Chez Hiray Mehem, qui semblerait faire comprendre. Chez Hachem Yitbarakh, que Dieu soit béni. Yahya Allah Haverot oblige de faire des péchés. Ve'yineh be'arnou inyanam be'losafek. Et nous t'avons expliqué ce qu'ils veulent dire, sans laisser de doute. Nous avons donc eu trois principes qui sont sortis de ces…
Et c'est une explication véritable si tu y portes ton attention comme il faut. Nous restons donc avec notre principe: l'homme est libre de faire la mitsva ou la transgression. C'est lui qui choisit ses actions.
Ce qu'il veut faire, il le fait; ce qu'il ne veut pas faire, il ne le fait pas. À moins qu'il ne soit puni par Dieu de perdre son libre arbitre, comme nous l'avons expliqué. Il ressort également que l'acquisition des vertus et des défauts est entre ses mains.
Et c'est pour cette raison-là, Tsarikh lo chéyishtadel likanot lenafsho maalot, qu'il doit s'efforcer d'acquérir les vertus. Chéen lo mi yezoulato, chéyerou aléhem: parce que personne d'autre que lui ne l'éveillera à les acquérir. Veou om ram bemoussar zo tamé sérata: et c'est cette parole que nous trouvons dans les… dans les…
Les principes de morale de ce traité… de quel traité, au fait ? Pirkei Avot, exactement. Que disait Hillel ? « Im ein ani li, mi li ? » Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi ? C'est-à-dire que l'homme est dans sa totale solitude au niveau de sa liberté, alors qu'il y a quand même une fraternité avec les autres. Et si vous voulez, l'homme reste une individualité totalement libre de choisir entre le bien et le mal.
Oui. Il y a les Shamaï. C'étaient des tsadikim, évidemment, parce qu'ils l'ont bien voulu. S'ils l'avaient voulu, ils auraient été des méchants. Est-ce que Shamaï était un tsadik malade ? Tous les tsadikim sont malades, d'après ce que nous avons dit. Ils sont malades de vivre à la manière des tsadikim dans un monde qui fonctionne autrement. On pourrait donc dire que le tsadik est malade par définition. Le sort…
— Ça veut dire le hasard. C'est un terme grec. La fatalité, si tu veux. — Ce n'est pas vraiment la fatalité. Non, pas la fatalité. Non, non, non. Je peux me tromper. — Non, le sort: c'est-à-dire qu'on est livré à son sort. C'est ce que ça veut dire. C'est-à-dire que les bananes nous font glisser, que nous soyons tsadikim ou rachaïm. C'est absolument immoral. Il faut protester. — Oui, le sort, en français, peut vouloir dire plusieurs choses. Cela veut dire ce qui est fatal, comme je dis, mais cela veut dire aussi le hasard. On emploie les deux.
Donc, pour l'instant, le Rambam nous a amené d'abord le principe, qui est que l'homme est libre. Il nous a amené des preuves, quatre preuves différentes, intellectuelles. Il a amené des preuves tirées de la Torah et des prophètes. Il a amené des objections, et également des preuves tirées des paroles des hachamim. Ensuite, il a amené des objections tirées de certains passages de la Guemara, puis des objections tirées de passages de la Torah et des prophètes. Et finalement, après avoir réglé tous ces problèmes, le Rambam reste dans son principe, qui est que l'homme est libre.
Il reste une objection philosophique: il y a un dernier point que le Rambam n'a pas encore élucidé. Nous allons commencer à le traiter maintenant. Je ne pense pas qu'on arrivera à le finir aujourd'hui.
Il ne reste de tout cela qu'une seule chose, chétsarikh ledaber bo meat, dont on doit parler un peu: hachlamat kavanat hazeh hapérek, pour en finir avec l'intention de ce chapitre. Il n'était pas dans mon intention d'en parler du tout, mais la nécessité m'y a amené. Quelle nécessité ? Des gens m'ont posé la question.
Elle est: « Hachem Yitbarakh sait à l'avance ce qui va arriver. » C'est la question qui est posée par tous les lycéens, en général: « Est-ce que Dieu sait à l'avance ce que je vais choisir ? » La réponse est: « Mais bien sûr, puisque Dieu sait tout. Il sait donc ce que je vais choisir. » Deuxième question: « Est-ce que je peux choisir autrement que ce qu'il sait ? » Eh bien non, parce que sinon cela remettrait en question sa connaissance totale. Conséquence: je ne suis pas libre. Et alors, où est ma liberté ?
C'est ce qu'on appelle, en hébreu, le problème de yedia vebehirah, de la connaissance et du choix: la connaissance que Dieu a de l'avenir et le choix que j'ai de choisir. Il y a des hectolitres d'encre qui ont été versés autour de ce problème, aussi bien par des juifs que par des goyim. Les livres de philosophie sont pleins de cette question. Nous allons étudier ici l'opinion du Rambam.
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