Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le septième chapitre de Maïmonide et les écrans de la prophétie

Pourquoi les prophètes perçoivent Dieu à travers des écrans plus ou moins nombreux, selon leur niveau.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Liberté, contrainte et Pharaon selon Maïmonide, 43 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Fin du sixième chapitre

Chalom. Nous allons donc continuer notre étude approfondie du sixième chapitre des Chemona Pérakim. Nous sommes à la fin du sixième chapitre, à la page Kouf Pei Khet de la belle édition que vous avez sous les yeux. Ce sont les dernières phrases du sixième chapitre, que nous n'avons pas eu le bonheur de lire la dernière fois. Tout a été éclairci.

De tout ce que nous avons dit, quelle est la sorte de péché ? Quel genre de péché ? Celui qui ne les désire pas est plus important que celui qui les désire et se surmonte. Et quels sont les péchés

pour lesquels c'est le contraire ? C'est-à-dire que, pour le Rambam, il y a deux sortes de mitsvot, et donc de haverot. Il y a des mitsvot qui relèvent de ce qu'on appelle la morale naturelle, et il y a des mitsvot qui relèvent de l'obéissance. Avoir le désir d'accomplir une mitsva qui relève de l'obéissance n'est pas seulement un mal, c'est même un bien. Cela prouve qu'on est normal.

Et on est récompensé de s'être surmonté. En revanche, pour les mitsvot qui relèvent de la morale naturelle, si on a le désir de les accomplir et qu'on se surmonte, c'est vrai qu'on est louable, mais ce n'est pas le même niveau que celui qui n'a pas ce désir, étant donné que le désir du mal naturel est une déficience de la personne. Vezer kedouch nifla. C'est là une grande nouveauté.

Béha amid, hachné hama'amarim, parce que cela met en accord les deux paroles, celle des philosophes comme celle des prophètes. Oulchonam, moura, al-amitat, maché, béharnou. Leur formulation va dans le sens de ce que nous avons expliqué. Kourvar, nishlema, kavanat, zehaperek. Et ainsi nous avons achevé l'intention que nous avions dans ce chapitre.

## Le septième chapitre: de l'écran et de sa nature

Le Rambam estime avoir exposé tout ce qu'il avait à dire dans le sixième chapitre. Il le finit donc et commence le septième. Pourquoi le septième ? Parce qu'après six vient sept: après un sixième chapitre ne peut venir qu'un septième. Nous passons donc au septième chapitre, à la page Rech Aleph de la belle édition que vous avez sous les yeux. Mais même dans les autres éditions, il est relativement facile à trouver, puisqu'il s'agit d'un début de chapitre, n'est-ce pas ?

Le septième chapitre porte un drôle de nom: Bamhitsa verinyana, « de l'écran et de sa nature ». Il y a des écrans. Quels sont ces écrans ? Les écrans spirituels, évidemment. On ne parle pas ici d'écrans matériels, on parle d'écrans spirituels.

En fait, c'est une introduction à la science de la prophétie. Il y a des prophètes, et le prophète est l'idéal humain selon le judaïsme. Nous devons donc apprendre un peu ce qu'est un prophète. Nous allons apprendre des choses sur les écrans prophétiques.

## Les écrans prophétiques

On trouve souvent dans les Midrachim, dans les Haggadot — ce sont des textes homilétiques — et parfois aussi dans la Guemara, dans le Talmud, que parmi les prophètes, certains voient Dieu au travers de nombreux écrans, de nombreuses barrières. Oumehem: il y en a qui le voient à travers peu d'écrans, michi yiréou méachare mechitzot moatot, selon leur proximité envers Dieu, ilbarach, et selon leur niveau de prophétie, maalatam bénvua. C'est-à-dire que plus on est grand en prophétie, moins on a d'écrans; moins on est grand en prophétie, plus on a d'écrans.

Quels sont ces écrans ? Que veut dire voir Dieu ? Il ne s'agit évidemment pas d'une vision d'ordre physique, puisque Dieu est incorporel. Il s'agit donc d'une intuition, d'une compréhension du divin. Il existe différents niveaux de compréhension, et ces niveaux sont figurés comme des écrans. Hachem hou, jusqu'à ce qu'ils aient dit — Moïse, notre maître, que la paix repose sur lui — Ra Hachem Ilbarach, « a vu l'Éternel, béni soit-Il ». Mais achare mehidza'ahat behira, au travers d'un seul écran clair, klomar mazhira, c'est-à-dire brillant. Vehu omram, c'est ce qu'ils ont dit: istakel ba aspeklaria hameira, il a regardé à travers l'aspeklaria brillante, lumineuse.

Que signifie le mot aspeklaria ? Aspeklaria chemamara, c'est le nom du miroir. En latin, le mot specularia signifie un miroir: speculo, specu, speculos ? Oui, c'est cela: quelque chose dans lequel on se regarde. Vous avez dit comment ? Speculo ? Speculos ?

Il existe des gâteaux qui s'appellent Speculoos, c'est extraordinaire. Il existe aussi un fromage qui s'appelle le Boursin, dont on dit que c'est divin, n'est-ce pas ? Il y a donc effectivement des rapports entre le monde culinaire et les aspects spirituels les plus élevés. Aspeklaria, c'est donc le nom du miroir, anaasa migouf mazhir, qui est fait d'un corps brillant, késhoham uzzruchit, comme l'onyx et le verre, kémoshit baher, béssof kelim, comme nous l'avons expliqué à la fin du traité Kélim. Le traité Kélim est le premier des traités du Seder Taharot, qui traite de la pureté et de l'impureté des ustensiles. Il y a des ustensiles de toutes sortes, et la Michna nous explique ce qu'est l'aspect claria, c'est-à-dire les miroirs.

Vous savez que les miroirs n'étaient pas autrefois exactement comme aujourd'hui. C'était souvent un morceau de cuivre, par exemple, que l'on faisait briller: on le frottait très fort et l'on obtenait le reflet. Le miroir était alors une chose relativement chère, un objet de luxe. En tout cas, l'aspeklaria, dans la figure, dans la parabole, c'est comme si l'on regardait quelque chose à travers son reflet dans un miroir.

Si vous avez plusieurs miroirs, chaque miroir reflète un autre miroir. C'est comme dans un télescope, où la trajectoire de l'image fait plusieurs angles droits. C'est donc un peu comme si le prophète regardait l'Éternel à travers son reflet dans une série de miroirs. Parfois, les miroirs ne sont pas tous de la même qualité, et la limpidité de l'image dépend donc du nombre de miroirs et de leur limpidité intrinsèque, c'est-à-dire si le miroir est déformant ou non, propre ou sale, etc.

Ça, c'est pour l'image, n'est-ce pas ? C'est l'allégorie. Maintenant, qu'est-ce que cela veut dire concrètement ? Son intention à ce propos, je vais vous l'expliquer.

## Qualités et déficiences

Nous t'avons expliqué dans le deuxième chapitre qu'il existe deux sortes de qualités: des qualités morales et des qualités intellectuelles. Par exemple, être intelligent est une qualité intellectuelle; être bête est une déficience intellectuelle. En hébreu, la déficience se dit péhitout, le contraire de ma'ala, qui signifie une qualité. Péhitout vient du mot pachot, qui veut dire moins. Et comment dit-on plus ? Le terre. D'accord. En mathématiques, on dit en hébreu minus et plus. Donc il y a, par exemple, s'il y avait un roi…

Il existe donc des qualités intellectuelles: être intelligent est une qualité, être bête est une déficience. Ça, c'est sur le plan intellectuel. Maintenant, être orgueilleux est une déficience morale, être humble est une qualité morale. Nous avons donc des qualités et des défauts moraux et intellectuels. Jusque-là, vous me suivez ?

Cours de Machon Meir

Dans la même série

97 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Maïmonide, Rambam, Les huit chapitres, Libre arbitre.

  1. 58
    Le Rambam, les sots et la question du mal dans la connaissance de Dieu
    Le Rambam justifie l'existence des sots et montre pourquoi le mal fait partie de la connaissance de Dieu.
    51 min
  2. 59
    Prophétie et défauts moraux selon Maïmonide
    Pourquoi un prophète peut garder de petits défauts moraux, et l'exemple de Salomon et David.
    46 min
  3. 60
    Le yetzer hara et le conflit intérieur selon le Rambam
    Pourquoi le Rambam ne traite pas du tiraillement intérieur, et comment les Hakhamim et les prophètes en parlent différemment.
    50 min
  4. 61
    Le libre arbitre selon Maïmonide, face aux déterminismes
    Le Rambam réfute le fatalisme, l'astrologie et le déterminisme, et défend la liberté de l'homme.
    47 min
  5. 62
    Le septième chapitre de Maïmonide et les écrans de la prophétie
    Pourquoi les prophètes perçoivent Dieu à travers des écrans plus ou moins nombreux, selon leur niveau.
    En cours de lecture
  6. 63
    Liberté, contrainte et Pharaon selon Maïmonide
    Comment le Rambam concilie libre arbitre, prescience divine et punition de l'Égypte, et pourquoi la galout doit cesser.
    43 min
  7. 64
    Le libre arbitre face à la science de Dieu selon le Rambam
    Le Rambam pose la question : si Dieu connaît l'avenir, l'homme peut-il encore choisir librement ?
    16 min
  8. 65
    Les défauts des prophètes selon le Rambam
    Peur, angoisse, colère et tristesse : pourquoi ces émotions obscurcissent la prophétie, à travers Shmuel et Yaakov.
    53 min
  9. 66
    Le libre arbitre et les données de départ selon Maïmonide
    Pourquoi la nature et les tendances ne décident pas du bien et du mal : l'homme choisit ce qu'il fait de ses données.
    54 min
  10. 67
    Le libre arbitre selon le Rambam et le zivoug
    Le Rambam affirme l'entière liberté de l'homme, et le zivoug ne se réduit pas à un destin fixé d'avance.
    50 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav