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Le libre arbitre selon Maïmonide : les quatre preuves

Le Rambam réfute les terministes en appuyant le libre arbitre sur la Torah : commandement, récompense, étude et précautions.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Maïmonide : l'homme parfait et celui qui lutte encore, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Nous continuons donc dans le huitième chapitre des Chemonah Peraqim. Dans la belle édition que vous avez devant les yeux, c'est à la page Resh Lamed Reich. Jusqu'à présent, nous avons vu que le Rambam refuse l'opinion des terministes. Mais une fois qu'il a refusé cette opinion, il faut également qu'il amène des sources.

Les sources en faveur de la liberté ont plusieurs origines. La première, c'est la Torah. La deuxième, ce sont les prophètes. La troisième, ce sont les rabbins. Ensuite, il va devoir répondre à des objections, aussi bien intellectuelles que tirées des sources.

Et tout ceci en considérant les quatre arguments qu'il a amenés jusqu'à présent, n'est-ce pas ? On va voir que ces quatre arguments apparaissent en toutes lettres dans la Torah elle-même. Om nam ha-emet, hacher enza fegbo: la vérité qui ne fait aucun doute est que shepuulot ha-adam kulan mesurot lo, que toutes les actions de l'homme dépendent de lui.

S'il veut, il les fait; s'il ne veut pas, il ne les fait pas, mibilti ehrar, sans que rien ne le contraigne. Ou mipnese Raoul et Savoto, et c'est pour cela qu'il est digne de recevoir un commandement. Ça, c'était donc un des quatre arguments. Le premier est que s'il y a une mitsva, c'est qu'il y a possibilité d'avéra. S'il y a commandement, il peut y avoir transgression, ce qui est un signe de la liberté.

Amar, ainsi qu'il est dit: Ré'eh natati lefanekha hayom hayim vetov, berakha ou qelala, ouvaḥartam bahayim. « Vois que j'ai mis devant toi, en ce jour, la vie et le bien, la bénédiction et la malédiction, et tu choisiras la vie. » Et il nous a laissé la liberté de choisir, vesam avihu lanou bahem, ce qui entraîne la punition pour celui qui transgresse et la récompense pour celui qui accomplit, si vous entendez, si vous n'entendez pas. Ce qui est un deuxième argument: s'il y a punition et récompense, c'est également un signe de libre arbitre.

Et de même, la Torah considère comme positifs l'étude et l'apprentissage. C'était le troisième argument. Car s'il n'y a pas de libre arbitre, cela ne sert à rien d'apprendre. Veilimad etem otam. Il est dit: vous les enseignerez à vos enfants, vous les étudierez et vous les observerez pour les accomplir. Et tout ce qui a été écrit pour l'étude des mitsvot. Le quatrième argument, ce sont les préparatifs: la Torah a considéré comme nécessaires tous les préparatifs. C'était le quatrième argument.

Kemo shekatou baTorah, comme il est écrit dans la Torah: Ki tivné bayit ḥadash, ve-assita maaqé le-gagekha, velo tasim damim bevetekha. Lorsque tu construiras une maison neuve, tu feras un parapet pour ton toit, et tu n'introduiras pas de sang dans ta maison. Cela suppose que si tu fais un parapet, il n'y aura pas de sang; si tu n'en fais pas, il y aura du sang. Pen yamout bamilhama: de peur qu'il ne meure à la guerre. Il y a donc des gens qui sont renvoyés du combat afin qu'ils puissent accomplir certaines choses qu'ils risquent de ne pas accomplir. Cela veut dire que la Torah suppose que les préparatifs que l'on fait, les précautions que l'on prend, ont un sens.

Bamé yishkav, dans quoi dormira-t-il ? Il s'agit de quelqu'un à qui on a pris un gage, et ce gage est sa propre couverture. La Torah dit: si l'on a pris sa couverture en gage, il faut la lui rendre avant le soir, pour qu'il ait de quoi dormir. Cela suppose que si je ne la lui rends pas, il n'aura pas de quoi se coucher, tandis que si je la lui rends, il aura de quoi se coucher. Lo yahavol rehayim barakhev: on ne prendra pas en gage la meule, ni la pierre tournante. Pourquoi ? Parce que si je prends la meule et la pierre tournante, la personne à qui je les ai prises n'aura pas de quoi faire sa farine.

Nous avons vu qu'il y avait quatre arguments en faveur de la liberté. Ce qu'on appelle la liberté, cela veut dire que l'homme est libre dans ses actions. La preuve, c'est que la Torah a prescrit de faire des préparatifs pour se protéger. Cela veut dire que si je les fais, cela ira bien; si je ne les fais pas, cela ira mal. Il n'y a donc pas de fatalisme, n'est-ce pas ? Ve-harbe baTorah uvenevi'im, mizé haʿinyan. Cela revient souvent dans la Torah et chez les prophètes. Retsoni lemar, ha-ahzanot: j'entends par là les précautions. C'est bon ?

Alors ça, ce sont des arguments tirés de la Torah. Il n'a pas amené ici un seul verset des prophètes. Il dit que cela apparaît souvent dans la Torah et chez les prophètes, mais les versets qu'il a amenés ne sont que de la Torah. D'accord ? Pour l'instant, il n'a pas amené de verset des prophètes.

Aval mashelim tsalakha, ḥamim alei mashalom. Et ce que nous avons trouvé chez nos sages, que la paix repose sur eux, c'est leur parole: HaKol bideh shamayim, tout est dans les mains du Ciel, ḥutz mi-yirat shamayim, à l'exception de la crainte du Ciel. C'est-à-dire que les Juifs n'ont peur que d'une seule chose, c'est que le ciel leur tombe sur la tête. C'est la seule chose, n'est-ce pas ?

Donc les ḥakhamim ont dit: tout est dans les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel. Est-ce que cela va dans le sens du Rambam ou pas ? Le Rambam dit que cela va dans son sens. Parce qu'qu'est-ce qu'on appelle la crainte du Ciel ? La crainte du Ciel, dit le Rambam, ce sont toutes les actions humaines. Veoug kakhen emet, tout cela est vrai, veha-nota ha-tsad hamashi zakharnu, et cela va dans le sens de ce que nous avons exposé. Oui: tout, sauf les actions de l'homme.

Alors, qu'est-ce que c'est que ce « tout » qui est dans les mains du Ciel ? Le Rambam va devoir l'expliquer. S'il ne l'expliquait pas, j'aurais le devoir, moral en tout cas, de répondre à ta question. Mais comme je sais, par connaissance préalable, que le Rambam va s'expliquer, je juge totalement inutile de répondre à la question pour l'instant. D'accord ?

Et là, chez Arbe, permis mitrovevé adam: mais souvent, les hommes se trompent. Voyez chez vous et imaginez-vous que certaines des actions qui viennent à l'homme par son choix lui sont imposées. Comme se marier avec telle personne, ou posséder des biens. Tout cela est faux. Quand on dit: « Je me marierai avec la personne qui m'est destinée », ou « Je serai riche ou pauvre, tout cela dépend du bon Dieu », ce sont en fait des prises de position musulmanes, qui n'ont rien à voir avec le judaïsme. Mais c'est devenu à la mode, et c'est considéré comme un acte de piété: dire que tout dépend de HaKadosh Baroukh Hou, que nous ne pouvons rien …

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