Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le sang de l'homme et la tour de Bavel

Pourquoi Dieu venge le sang versé, et comment la tour de Bavel fait basculer l'humanité.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Abraham entre deux projets : seul ou avec Lot ?, 52 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, shalom tout le monde. Nous sommes en plein livre de Béréchit, dans les environs du chapitre Tet. Qui se porte volontaire pour lire ? Si tu m'amènes un livre, alors je peux lire, moi. D'accord, le *seda. Voilà, c'est trop tard, ça aurait été bien, mais tu ne peux pas. Maintenant j'ai le livre, alors je prends le monopole. Au chapitre Tet, euh…

Verset Hé: Véach et dimchéh me nafchotéchem me'droch, votre sang, de vos âmes, je l'exigerai. Miyad kol haya édrécheno, je l'exigerai de toute bête. Oumiyad adam, et de la main de l'homme, miyad ich a'hi'v, de la main d'un homme contre son frère, et dérosh et nefech ha'adam, j'exigerai l'âme de l'homme. Ça veut dire que Dieu venge le sang de l'homme.

Ce sang peut avoir été versé de trois manières. Il peut avoir été versé par l'homme lui-même contre lui-même, c'est-à-dire le suicide. Il peut avoir été versé par une bête. Ou il peut avoir été versé par un homme contre un autre homme. Choféh dam ha'adam, celui qui verse le sang de l'homme, ba'adam damo yichafekh, son sang sera versé par l'homme. Comment ? Celui qui verse le sang d'un homme, on devra verser son sang.

Exactement, c'est ce que ça veut dire. Et ça, c'est Dieu qui s'en occupe: Édrosh et nefech ha'adam, j'exigerai l'âme de l'homme. Donc si quelqu'un se suicide, Dieu venge son sang, ce qui veut dire qu'il a un compte à régler après sa mort. C'est un des signes de l'évidence de la émouna en l'immortalité de l'âme dans la Bible, parce que certains vont essayer de remettre cela en question.

Il y a plusieurs passages dans la Torah où il transparaît que la Torah parle d'une vie après la mort, même si elle ne le dit pas de manière absolument explicite. Disons comme ça: j'ai un tigre à la maison, je le promène dans la rue, et il mange le facteur. Comment ? Pas le facteur ? Alors qui ? Le chauffeur du bus ? C'est-à-dire qu'il est monté dans le bus. Alors est-ce que je suis coupable de ça ?

Bien sûr que je suis coupable. Pourquoi ai-je laissé mon tigre se promener dans la rue ? J'ai un arbre, et l'arbre coupe, et il griffe. Et alors ? Ça, ce sont des questions de détails: comment appliquer les lois de ce qu'on appelle les dommages, les nuisances, nezikin. Toute une législation se trouve dans la paracha de Mishpatim, que nous avons vue la semaine dernière, Chabbat dernier. Ce sont donc des points de détail.

Il y a des différences entre ces règles telles qu'elles s'appliquent aux Bné Noa'h et telles qu'elles s'appliquent aux enfants d'Israël. Ce que dit la Torah: Choféh dam ha'adam, celui qui verse le sang de l'homme, ba'adam damo yichafekh, son sang sera versé par un autre homme, ki b'tselem Elohim assa et ha'adam, car c'est à l'image de Dieu qu'il a fait l'homme. Les Chachamim ont fait ici une petite distinction, en écrivant Choféh dam ha'adam ba'adam.

On pourrait lire cela ainsi: celui qui verse le sang de l'homme qui est en l'homme, son sang sera versé. Qu'est-ce que l'homme qui est dans l'homme ? C'est l'embryon, le fœtus, n'est-ce pas ? Cela veut-il dire que les avortements sont interdits à partir de quand ? Ce sont des problèmes de halakha, des problèmes de détail, qui relèvent de ce qu'on appelle la loi orale. Oui ? C'est justement la question qui a été posée il y a trois secondes, et la réponse que j'ai donnée est toujours valable. Quelle est la réponse que j'ai donnée ?

Ça dépend des cas, cela relève de la loi orale. Ce n'est donc pas notre sujet.

Ça a été reproduit pour donner la septième mitsva, celle de l'interdiction de manger un membre prélevé sur un animal vivant, que nous avons vue la dernière fois, n'est-ce pas ? Il y a donc une nouvelle Torah qui est donnée avec le déluge. Il y a un monde d'un niveau supérieur ou inférieur, en tout cas un monde différent du monde antérieur, dans lequel la chair animale est autorisée mais avec une restriction: ne pas manger de manière cruelle, c'est-à-dire la chair d'un animal

Vivant. Non, il n'y a pas de différence: pour l'interdit du meurtre, c'est exactement la même chose. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a eu le déluge, à cause de la violence qui régnait entre les hommes. C'est ce que dit la Torah, n'est-ce pas ? Vatimalè ha'aretz hamass mipneihem, la terre est remplie de violence à cause d'eux. Il y a donc ici toute l'alliance avec les animaux, avec l'homme, avec Dieu. Et le signe de cette alliance, c'est l'arc-en-ciel, n'est-ce pas ? Oui. Comment ? L'alliance avec l'homme.

Et la bête: cela interdit le retour du déluge. Dieu a placé un arc-en-ciel entre lui et l'homme. Regardez le verset: Véhaïta ha'kechèt béanan, lorsque l'arc sera dans le nuage, oura'iti'a, je le verrai, lizkor berit olam, pour me souvenir de l'alliance éternelle bein Elohim, entre Dieu *ouvein kol néfech haya, et tout être vivant

Bé kol basar acher al ha'aretz, dans toute chair qui est sur la terre. Il s'agit donc ici de l'alliance éternelle, en hébreu Berit Olam. Berit Olam*, c'est également le nom de l'association que j'ai fondée pour diffuser les sept lois noachides. D'où est-ce que c'est tiré ? De ce verset. Tu vois que cela commence à répondre à ta question tout à l'heure.

Maintenant, à partir de là, commence une nouvelle histoire. Comment va-t-elle s'organiser ? Nous allons faire un petit saut, puis revenir en arrière. Regardez au chapitre Youd Aleph, au verset Aleph. Ce n'est pas si difficile à trouver, si ? Ça y est, tu l'as trouvé ? Très bien.

Vé hayta ha'aretz safa ahat, et toute la terre était d'une même safa. Que veut dire le mot safa ? C'est la lèvre, la langue. Safa, ça veut dire le bord, la lèvre. Les lèvres s'appellent sfataïm. Donc toute l'humanité était du même bord, ou devarim hakadim, et s'occupait des mêmes choses. C'est ce qu'on appelle une humanité uniforme, et une humanité uniforme est très problématique.

Parce que les hommes ne sont pas semblables les uns aux autres. Est-ce que toi, c'est moi ? Est-ce que moi, c'est toi ? Non. À partir du moment où je cherche à uniformiser l'humanité, il y a une sorte de violence faite à la diversité, à la richesse personnelle de chacun. Or c'est cela qui va commencer toute l'histoire que nous connaissons ensuite comme la tour de Babel. La question est: quelle est, disons, l'intuition qui se cache derrière tout l'événement de la tour de Babel ?

Regardez dans Rachi, sur le verset Aleph, à la quatrième ligne de Rachi, là où il est écrit davar acher, ou'tvari mahadim. Regardez dans Rachi ce qu'il y a écrit après davar acher, ou'tvari mahadim. C'est quoi, ces paroles ?

Cours de Machon Meir

Dans la même série

281 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Béréchit, Pensée juive, Abraham, Tour de Babel, Histoire d'Israël.

  1. 115
    Riv ou Meriva : la dispute entre Avram et Lot
    Pourquoi Avram refuse le tribunal et ce que l'hébreu distingue entre conflit juridique et dispute entre proches.
    56 min
  2. 116
    La tour de Babel et l'unité uniforme de l'humanité
    Le récit de Babel selon le texte : la dispersion des nations précède la tour, et l'unité imposée écrase l'individu.
    51 min
  3. 117
    Abraham face au conflit entre Lot et ses bergers
    Justice et charité : la séparation d'Abraham et de Lot, et la promesse de la terre donnée à sa descendance.
    44 min
  4. 118
    Babel, les lèvres de la terre et l'erreur de l'unité
    Pourquoi la dispersion précède Babel, ce que signifie « safa » et la différence entre unité et uniformité.
    51 min
  5. 119
    Le sang de l'homme et la tour de Bavel
    Pourquoi Dieu venge le sang versé, et comment la tour de Bavel fait basculer l'humanité.
    En cours de lecture
  6. 120
    Abraham entre deux projets : seul ou avec Lot ?
    Deux départs d'Abraham, un verset qui semble contredire l'autre, et la vue depuis la montagne de Samarie.
    52 min
  7. 121
    Quitter Our Kasdim : l'exil qui fonde l'identité d'Israël
    Le pays des Hébreux, la famille de Terach et la rivalité des lignées de Nahor et d'Avraham, qui ont façonné les origines d'Israël.
    50 min
  8. 122
    Lekh Lekha : Abraham quitte Haran pour Kenaan
    Pourquoi Abraham, à 75 ans, repart-il de Haran, et ce que son départ dit de son projet universel.
    51 min
  9. 123
    Abraham entre sanctification individuelle et collective
    Pourquoi Abraham repart-il avec les siens après avoir obéi à l'ordre de partir seul, et ce que signifie monter sur la montagne.
    51 min
  10. 124
    Abraham entre deux projets : sortie de Haran et route vers l'Égypte
    Le double récit de la sortie de Haran (Béréchit 12) et la descente en Égypte qui suit, entre projet divin et projet de Terah.
    52 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav