Le Rambam, les sots et la question du mal dans la connaissance de Dieu
Le Rambam justifie l'existence des sots et montre pourquoi le mal fait partie de la connaissance de Dieu.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Prophétie et défauts moraux selon Maïmonide, 46 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le but de la vie selon le Rambam
Shalom tout le monde ! Nous avons la joie de la participation de notre ami Daniel, qui nous avait laissé tomber. C'est très probablement parce que nos enseignements n'étaient pas à la hauteur de ses pensées, et donc il a trouvé un moyen poli. Nous continuons notre pénétrante étude du Shmona Prakim.
Nous sommes à la fin du cinquième chapitre. Dans la très belle édition que j'ai ici en main, que vous possédez peut-être, c'est à la page Koufnoun, mais ce n'est pas la même édition que celle que vous avez là. Nous sommes donc vers la fin du cinquième chapitre. Vous vous rappelez que le sujet du chapitre était, dans l'ensemble, le but de la vie et comment se servir des différentes fonctions de la vie pour arriver à ce but.
Le but de la vie selon le Rambam, c'est quoi ? C'est la connaissance de Dieu, n'est-ce pas ? C'est ça le but de la vie d'après le Rambam. Notre vie est faite de différentes activités qui peuvent toutes servir à arriver à ce but. Et nous avons pour l'instant survolé six fonctions différentes, en passant du plus simple au plus éthéré.
Nous avons commencé d'abord par les fonctions du corps. Les fonctions du corps ont pour but de mettre le corps en bonne santé. Si je suis en bonne santé, je suis donc en mesure de me servir de mon intelligence et de mes midot pour devenir sage et bon, et alors je pourrai connaître Dieu. Ça, ce sont les fonctions du corps.
Et puis, nous avons appris quelque chose d'un peu plus abstrait: l'argent. L'argent est une institution humaine, les animaux ne se servent pas de la monnaie. La monnaie dont se servent les hommes doit leur servir à être dépensée. L'argent, c'est fait pour être dépensé, dit le Rambam, dépensé dans deux buts: la sagesse et les midot.
On n'a pas dit qu'il fallait servir… Non, on n'a pas dit de se rapprocher, de connaître. C'est important. Le but de la vie, d'après le Rambam, c'est la connaissance de Dieu. Si on est bête, par exemple, idiot, d'après le Rambam, on ne peut pas acquérir la connaissance de Dieu. Disons qu'il y a un niveau minimal. Par exemple, les pierres sont dénuées d'intelligence, et dans les cas où elles sont dénuées d'intelligence, elles sont incapables de connaître Dieu.
C'est ce que dit le Rambam. On peut admettre d'autres modes de pensée, mais c'est ça que lui pense. Il y a d'ailleurs un problème: à quoi servent les idiots ? C'est une très bonne question. À mettre en valeur les autres ? À mettre en valeur les intelligents ? Pourquoi ne suffirait-il pas d'être intelligent sans être comparé à un imbécile ?
## Pourquoi existent les insensés
Le Rambam, dans son introduction à la Michna, donne deux explications pour lesquelles il y a des imbéciles sur terre. La première, d'après son expression: s'il n'y avait pas de fous, le monde s'effondrerait. Il en donne un exemple. C'est quoi, un fou ? C'est quelqu'un, âgé de 95 ans, qui investit son argent pour construire un palais. Les constructeurs de villas sont donc des imbéciles. Pourquoi ?
Parce qu'il lui reste encore pas trop longtemps à vivre, il pourrait investir ce qu'il a d'argent pour se construire une petite baraque qui le protégerait du froid et de la chaleur, et consacrer le reste de sa vie à la connaissance de Dieu et aux bonnes actions. Au lieu de cela, il va mourir, et son palais va rester entier pendant deux siècles. Mais une fois que le palais sera effondré, il en restera quand même un pan de mur.
Ce pan de mur fera de l'ombre et, un jour, passera sur le chemin d'un tsadik sage et bon, pour qui le monde valait la peine d'être créé. Il y aura un jour de chaleur, une canicule, il aura besoin d'un peu d'ombre pour s'abriter, et sa vie sera sauvée grâce à ce reste de pan de mur du palais de l'imbécile. Le monde a donc été sauvé grâce à cet idiot.
Comme quoi, dit le Rambam, s'il n'y avait pas de fous, le monde ne tiendrait pas. Il est donc important qu'il y ait des fous sur terre. Ils sont là pour civiliser le monde, pour le rendre plus agréable, ce qui permet aux sages de bien vivre. Est-ce que cela voudrait dire, d'après le Rambam, qu'ils auraient une participation quelconque à la béatitude du juste ? Ce n'est pas impossible. Ceux qui n'ont pas
De connaissance de Dieu, qui ne se préoccupent même pas de ça. Ça, c'est la première interprétation du Rambam.
## La compagnie des sages
La deuxième interprétation est absolument terrible. Le Rambam dit que l'existence des autres hommes, ceux qui ne sont pas des sages, n'est pas en vain. Elle sert à tenir compagnie aux sages. Les sages ont besoin de s'amuser un peu de temps en temps. La solitude, c'est quelque chose d'absolument terrible.
Donc, pour être sauvés de la solitude, les sages ont besoin, pour sortir de leur solitude, d'être un peu amusés par des imbéciles qui se promènent un peu partout. Ils sont là pour, par exemple, discuter avec eux du dernier match de foot Roumanie-France.
Ça, c'est intéressant quand même. C'est rigolo. Vous avez vu le penalty ? S'il n'y avait pas eu le penalty, c'est la France qui aurait gagné. Ça, c'est une vanité, mais ça permet de meubler un peu l'existence, dit le Rambam. Donc on a besoin des imbéciles. Alors, HaKadosh Baroukh a donné quelques milliards d'individus pour quelques sages qui ont besoin de s'amuser.
— Ce n'est pas favorisé. Chacun peut devenir sage s'il le veut. C'est-à-dire que, pour le Rambam, il est ce qu'on appelle en français un élitiste. Ce qui est important, pour lui, c'est l'élite, mais l'élite a un support, et ce support, ce sont les autres. On peut comprendre ça à la manière des chassidim. Dans l'enseignement chassidique, il y a le tsadik, et le tsadik est porté par l'ensemble des chassidim, qui donnent un sens à leur existence. C'est comme une grappe: si vous prenez une grappe de raisin par un bout, vous prenez toute la grappe avec vous. C'est ce que fait le chassid quand il a autour de lui ses chassidim, bien qu'ils ne soient pas de son niveau.
C'est pour ça que, selon un des enseignements du chassidisme aujourd'hui, le Rav Ginzburg dit que le Rambam est le fondateur du chassidisme. C'est un fait énorme. D'une certaine manière, cela peut être envisagé comme ça. Il les élève, d'ailleurs, en les faisant participer à sa connaissance à lui. Il y a également la transmission des éléments de l'émouna sous forme de principes. Par exemple, il y a dans certains sidourim ce qu'on appelle les treize articles d'émouna de Maïmonide. Est-ce que tu connais ça ?
Cet article d'émouna est un résumé des treize fondements de la Torah: l'existence de Dieu, etc. Quand ces treize principes sont transmis, ils sont transmis sans toute l'élaboration intellectuelle qu'il y a derrière. Il suffit que …
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