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Le juste milieu et les tsadikim aux conduites extrêmes

Pourquoi le Rambam juge l'ascèse inutile, à partir de l'exemple du Rav Kharlap et du Rav Tsvi Michal Shapira.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le juste milieu et la Torah qui corrige les midot, 30 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je crois que nous en sommes au quatrième chapitre du Chemonah Pérakim, à la page tsadi-ayin-tet de l'édition superbe que vous avez devant vous. Donc nous avons compris que l'idéal moral se trouve dans la voie du milieu, et que le milieu est une inclination vers une des extrémités: ce n'est pas un milieu géométrique, mais avec une certaine inclination, parfois vers le surplus, parfois vers la déficience, n'est-ce pas ?

Mais, cependant, tout ce que dit le Rambam semble entrer en contradiction avec les faits. Les faits, c'est que nous avons vu de nombreux tsadikim se comporter d'une manière extrême. Alors, comment comprendre ce comportement ? Ce qu'ont fait certains hommes pieux, dans certains temps, dans certains lieux, et certains d'entre eux. Vous avez remarqué que déjà le Rambam réduit l'étendue du phénomène: ce ne sont pas tous les tsadikim qui se comportent de cette manière, mais une partie d'entre eux. Et ce n'est pas toujours, ce n'est pas dans tous les lieux. Mais ils l'ont fait quand même.

Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils se sont inclinés vers une des extrémités. Bétsom, en jeûnant: il y a des tsadikim qui jeûnent beaucoup. Ve-kombalelot, ils se lèvent pendant la nuit au lieu de dormir. Ve-anachat achilat bassar ouchtiat yayin, ils délaissent la consommation de viande et la boisson du vin. Ve-arachat anashim, ils s'éloignent des femmes. Ve-lavosh atsemer ve-assear, ils se revêtent de laine et de poil, c'est-à-dire de fourrure. Ouchkhounat ve-harim, et ils résident dans les montagnes. Ve-bamidbarot, ils s'isolent dans les déserts. Donc on voit qu'il y a des tsadikim qui ont un comportement extrêmement extrême, qui n'est pas la vie dans la société. Loas koudavar mize, ils n'ont fait ces choses-là que. Véa-al ha-rifouot ke-moshe zafaron, que, en tant que guérison, comme nous l'avons expliqué.

Alors vous vous rappelez que le Rambam avait dit que quand quelqu'un tend vers un extrême, pour se guérir il doit aller vers l'autre extrême pour revenir vers le milieu. Et bien, il dit: tous ces tsadikim qui ont fait des choses extrêmes, c'est parce qu'ils avaient une tendance de l'autre côté. J'ai rien compris. Et bien, ils ont encore ce problème. Ils ont toujours le problème. Soit ils ne sont pas d'accord avec le Rambam, soit, s'ils sont d'accord avec le Rambam, ils te diront: c'est vrai, nous sommes des tsadikim grâce au fait que nous allions vers l'extrême, parce que sinon on tomberait de l'autre côté. Ça vient d'une faiblesse.

Il y avait par exemple un élève du Rav Kook, un grand tsadik, qui s'appelait le Rav Yaakov Moshé Kharlap. Le Rav Yaakov Moshé Kharlap, avant d'être élève du Rav Kook, avait été l'élève d'un autre maître, le Rav Tsvi Michal Shapira de Jérusalem. Et il essayait d'imiter son maître, il est tombé malade. Le Rav Tsvi Michal Shapira dormait une demi-heure par jour, debout, la tête appuyée contre le mur. D'accord ? À peine, il mangeait. Il était tout le temps dans les tikoun de la prière. Et le Rav Yaakov Moshé Kharlap, qui avait une grande admiration pour son maître, a essayé de faire la même chose, et il en est tombé malade.

Comment sait-on que son maître n'est pas tombé malade ? Tout simplement parce que son maître était quelqu'un qui était très, très fort dans son corps, qu'il y avait une puissance de personnalité telle qu'il avait besoin de se comprimer. Et donc, étant donné qu'il avait besoin de se comprimer, il se comportait de sa manière. Parce que s'il ne le faisait pas, il aurait été un monstre. Mais le Rav Yaakov Moshé Kharlap était quelqu'un de normal. Donc le Rav Kook lui a dit: il faut que tu dormes comme il faut, que tu manges comme il faut. Tu as besoin d'être fort. D'accord ?

Donc c'est ce que dit si le Rambam: les tsadikim en question que tu as vus faire des choses extrêmes, ce n'est pas par grandeur, c'est par faiblesse. Oui. C'est terrible ce qu'il dit, le Rambam, non ? Peut-être qu'à un moment ils ont arrêté. Le Rambam n'est pas d'accord avec ça. Il n'a pas besoin de plus, parce qu'il n'avait pas besoin de plus. C'est-à-dire que le Rav Kook ne cherchait pas la fatigue. Le Rav Kook n'avait pas sommeil, tout simplement. Si le Rav Kook avait été fatigué, il aurait dormi plus.

Il y avait par exemple un goy du nom de Napoléon Bonaparte, qui dormait deux heures par nuit. Parce que c'est un type énergétique au possible. D'ailleurs, il aimait la bonne vie, il faisait des tas de saloperies à part ça. Mais comme il avait plein d'énergie, il n'avait pas besoin de dormir tellement. Ou bien il savait utiliser son temps de la manière idéale. D'accord ? D'une certaine manière, oui. C'est-à-dire qu'il n'est pas intéressé… Mais non: si effectivement il a faim et que malgré tout il jeûne, c'est bête, dit le Rambam. C'est inutile. C'est une souffrance qui n'amène à rien. Elle est inutile. Et on va voir: le Rambam va nous l'expliquer de manière extrêmement détaillée. On ne pourra pas se tromper sur son intention. D'accord ?

Bien que quelqu'un ait écrit une chose que je n'arrive pas à comprendre: que ce que dit le Rambam, il le dit pour la majorité des gens, mais qu'il y a de très grands tsadikim qui, eux, doivent aller à l'extrême. C'est le contraire de ce que dit le Rambam. Et une fois que j'ai attaqué une personne, je ne vais quand même pas lui dire son nom. Bon.

Donc, ils ne l'ont fait que pour se guérir, comme nous l'avons expliqué. Une deuxième raison, nous dit le Rambam, à cause de la détérioration de la société. Lorsqu'ils se voient détériorés par leur société, et quand ils voient leurs actions, au point d'avoir peur de perdre leur qualité à cause d'eux, c'est pourquoi ils se sont enfuis dans les déserts et dans des endroits où il n'y a pas d'hommes méchants.

C'est-à-dire qu'il y a parfois une société mauvaise, et on n'a pas la force de tenir face à cette société mauvaise, alors on prend la fuite. D'accord ? Mais c'est également une faiblesse. Par exemple, le Rambam nous dit, dans Hilkhot Déot, que quand quelqu'un vit dans une mauvaise société, il doit aller chez les tsadikim: auprès des tsadikim, et chez les tsadikim, il sera bien, bien éduqué. La question: mais où est-ce que les tsadikim vont aller, eux ?

Non, mais on dit comme ça: celui qui… Et donc, si tu es capable d'avoir de l'influence, alors on va te mettre justement dans un endroit où la société est mauvaise, parce que c'est à toi de la transformer. Par exemple, il y a ce qu'on appelle des chliḥim de Habad, vous connaissez ? Dans le monde entier, il y a des délégués du Rabbi de Loubavitch qui vont, à perpète les oies, dans un endroit où il y a zéro kedousha, ou moins dix kedousha, et ils sont là-bas, ils sont le chaliah du Rabbi. Très bien. Alors ils cherchent des gens, vous n'allez pas mettre des …

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