Les vertus intellectuelles selon le Rambam
Sagesse, entendement et présence d'esprit, et leurs défauts opposés, avec l'exemple de la chaise.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Maladie de l'âme et santé morale selon Maïmonide, 45 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour tout le monde. Nous allons continuer notre pénétrante et merveilleuse étude du Chemoné Pérakim. Je suppose que vous avez les textes devant les yeux. Je suis fort heureux de la chose. Nous sommes, je crois, en plein milieu du deuxième chapitre. Dans ce deuxième chapitre, nous avons commencé à étudier la liberté. Il n'y a de morale que s'il y a liberté. Si la morale consiste à choisir entre le bien et le mal, choisir suppose la liberté.
Si je ne suis pas libre, il n'y a pas de choix, et il n'y a pas de morale. Il est donc très important de déterminer quelle est la partie de l'être humain qui est douée de liberté, et laquelle ne l'est pas. Nous sommes arrivés à la conclusion que sur les cinq parties de l'âme, trois sont libres et deux ne le sont pas. Ce qui n'est pas libre, d'après le Rambam, c'est la partie imaginative et la partie nutritive. Mais le reste est libre, c'est-à-dire les sens, les sentiments et l'intellect.
Ce sont des parties libres. On appellera donc le choix du bien une vertu, en hébreu maala. Et quand on choisit le mal, on appellera cela un défaut, en hébreu pehitout. Je parle ici en hébreu du Moyen Âge: maala, pehitout. Vertu ou défaut, qualité ou défaut. D'accord ?
Pour les parties qui ne sont pas libres, on ne parlera pas de qualités ou de défauts. On dira qu'elles fonctionnent bien ou qu'elles fonctionnent mal. C'est un fonctionnement, quelque chose qui est en dehors de la morale. Est-ce que vous me suivez jusqu'à présent ? Très bien. Tout ce que je vous ai dit, nous allons maintenant le lire dans le texte.
Omnam, hamaalot hené chénaïm minim: en vérité, sache que les vertus sont de deux espèces. Les maalot hamidot, les vertus des qualités humaines, et les maalot hasekhaliot, les vertus intellectuelles. Par exemple, être humble est une vertu des midot. Être un fin analyste est une vertu intellectuelle.
En parallèle, il y a deux sortes de défauts: les défauts des midot et les défauts intellectuels. Omnam, maalot hasekhaliot, héni matsou, lakhelek hasekhali. Alors, qu'est-ce que les vertus intellectuelles ? Elles se trouvent dans la partie intellective, n'est-ce pas ? Dans le sekhali. Sur les cinq parties de l'âme, la cinquième s'appelle le sekhali. Dans cette partie intellectuelle, il y a différentes qualités que nous allons maintenant étudier.
Les qualités intellectuelles sont de trois sortes, dit-il ici. Parmi elles, une première: la Chokhmah, la sagesse. Qu'est-ce que la sagesse ? Vous avez ici une définition, extraordinaire, vous allez voir. Yediat assibot haréhokot vehakrovot, akhar yediat metsiout haddavar acher ḥaqarou sibotav: la connaissance des causes lointaines et proches, après la connaissance de l'existence de la chose dont on étudie les causes.
Je reprends en hébreu d'abord: yediat assibot haréhokot vehakrovot, la connaissance des causes lointaines et proches. Akhar yediat metsiout haddavar acher ḥaqarou sibotav, après la connaissance de l'existence de la chose dont on étudie les causes. Donc voilà, c'est une des vertus intellectuelles: les causes. Les causes.
Vous avez compris ? On peut passer à la deuxième ? Oui ? Alors, qu'est-ce que la sagesse ? La connaissance des causes lointaines ou proches, c'est une chose. Après la connaissance de l'existence de la chose, on étudie les causes. C'est très bien ce que vous avez dit, c'est génial. Je vais vous donner un exemple. D'abord, qu'est-ce qu'une cause ? Une cause est quelque chose qui fait qu'un être est. Traditionnellement, d'après Aristote, il y a quatre sortes de causes: la cause formelle, la cause matérielle, la cause finale et la cause efficiente. Vous avez compris ? Formelle, matérielle, finale. On va tout vous expliquer. Nous allons prendre une chaise. D'accord ?
Pour une chaise, il faut d'abord se rendre compte qu'elle existe. Si la chaise n'existe pas, ça ne sert à rien d'étudier ses causes. Nous parlons des causes de quelque chose de réel. Il faut donc d'abord prendre connaissance de l'existence de la chaise. Une fois que j'ai pris connaissance de son existence, je me demande d'où elle vient, cette chaise. Elle a des causes.
La cause efficiente, c'est-à-dire ce qui a fait la chaise, c'est le menuisier. Le menuisier est donc la cause efficiente de la chaise. Il y a aussi une cause matérielle: la chaise est faite de bois. S'il n'y avait pas de bois, la chaise n'existerait pas. Le bois est donc la cause de la chaise. Il y a également ce que vous appelez la cause matérielle, et vous avez aussi la cause formelle.
Qu'est-ce que la forme ? Dans le cas d'une chaise, cela veut dire sa structure: quelque chose de plat avec quatre pieds, ou trois pieds, et un support. Comment ça s'appelle ? Un dossier. Ça, c'est la cause formelle. Et pourquoi y a-t-il des chaises ? Parce que les gens veulent s'asseoir. Ça s'appelle la cause finale, la finalité de la chose. S'il n'y avait pas de…
Donc la forme de la chaise et la cause de la chaise, oui.
Non, non, non, non. J'ai donné cela comme exemple, mais c'est vrai pour tout, pour le monde entier aussi. La cause de l'arbre, c'est la graine qui est devenue un arbre, à sa finalité. Il n'y a pas toujours de cause finale. Il peut y avoir des arbres sans finalité. Le monde a-t-il une finalité ou pas ? C'est un sujet d'étude. D'accord ? Maintenant, le problème de savoir combien il y a de causes… Oui ? Il y a évidemment des causes. Le problème est de savoir combien. Est-ce que Dieu existe ?
Parce qu'il est au-delà de l'existence. Ou bien, à la limite, on pourrait dire qu'il est la cause de lui-même. Il y a ici ce qu'on appelle des causes proches et des causes lointaines. Par exemple, le menuisier est la cause immédiate, c'est la cause proche. Mais en fait, le menuisier fait des chaises parce qu'il veut gagner sa vie. Et pourquoi veut-il gagner sa vie ? Parce qu'il a un enfant qui veut des jouets pour Noël.
Il a donc besoin d'argent pour acheter les jouets. On peut dire que la gâterie de l'enfant est la cause lointaine de la chaise. Mais la gâterie de l'enfant vient du fait qu'il a été mal éduqué. Et cette mauvaise éducation vient du fait que ses parents ont été frustrés lors du passage du lange au pot. Cette mauvaise éducation donnée par les parents est donc la cause de la mauvaise éducation de l'enfant, et celle-ci est la cause de la chaise.
On peut donc dire qu'il y a des causes lointaines de lointaines. C'est vrai pour la cause efficiente, mais c'est vrai pour tout. Dans toutes les causes, on peut étudier la cause proche et la cause lointaine. Ça, ce sont les jeux des philosophes, ils adorent faire ces choses-là. Il y a aussi un autre problème: savoir la différence entre une cause essentielle et une cause accidentelle. La cause essentielle est une cause qui, si elle disparaît, fait disparaître l'effet aussi.
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