Adam et Ève : la honte, la faute et le serpent
Pourquoi l'homme et la femme ne sont plus nus sans honte, et qui porte la responsabilité de la faute.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Caïn, Hevel et la fraternité dans Béréchit, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chapitre bête, verset, café. Bonjour à tout le monde. Chapitre bête, oui, qui, contrairement aux apparences, est extrêmement intelligent. Chapitre bête, verset, café. Vayihyou shenehem arumim: ils étaient, enfin, ils furent tous les deux nus. Ça veut dire quoi, nus ? Nus, ça veut dire…
Adam et Ishto, l'homme et sa femme.
Chapitre bête, verset, café, alors. Si, si, si, tout ça, on n'attend que toi. Voilà, ça se trouvait bon. Velo yitboshashou. C'est la traduction classique de velo yitboshashou, bien que ce ne soit pas la seule possible: « il n'avait pas honte ». Quand est-ce qu'on a honte ? Quand on a quelque chose à cacher. Qu'est-ce qui fait qu'il y a quelque chose que l'on veut cacher ? C'est quand il y a inadéquation entre ce que je suis et ce que je devrais être.
Quand est-ce qu'il y a inadéquation entre ce que je suis et ce que je devrais être ? Quand j'ai péché. Et comme l'homme n'était coupable de rien, il n'avait donc pas lieu d'avoir honte, n'est-ce pas ? Donc, il y a ici deux éléments. D'une part, ils étaient sans corps. D'autre part, ils n'avaient pas péché. Ça, c'est la première interprétation du mot velo yitboshashou.
Bien qu'en fait, en hébreu biblique, ce ne soit pas ça le mot qu'on devrait employer; on devrait dire velo yevoshou, pour dire « il n'avait pas honte ». Le verbe yitboshashou signifie également s'attarder. Ils ne se sont pas attardés, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas restés dans cette situation. Ainsi qu'on dit par exemple: vayar'hou kiboshesh Moshe lavo, le peuple vit que Moshe s'attardait à venir.
Le verbe employé là-bas, c'est boshesh, n'est-ce pas ? Donc l'homme n'avait pas encore péché, mais ça va se passer. Il va pécher. Mais pourquoi ? On a vu qu'il y a ici une évolution dans l'être humain, du niveau naturel qu'on appelle zakhar ounekeva. On a étudié, je crois, la séparation du premier homme, n'est-ce pas ? La première dimension, la dimension naturelle, zakhar ounekeva, mâle et femelle, fonction naturelle.
Et puis, après, on arrive à une deuxième fonction, c'est ish et ishah, qu'on appelle homme et femme. Homme, femme: ce sont des mots importants, mais impersonnels. C'est-à-dire que si quelqu'un dit à sa femme « Femme, fais-moi un café », ça veut dire qu'elle n'a pas pour lui de nom. Elle n'est pas une personne, elle est une chose. Et c'est ça qui va entraîner le péché. C'est-à-dire que l'absence de dialogue entre l'homme et la femme va créer la chute.
C'est pour ça qu'on nous dit qu'à ce moment-là, où ils sont devenus ish et ishah, alors qu'ils étaient zakhar et nekeva, c'est là que commence le problème de la faute. Pour l'instant, ils ne sont encore que nus, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas de corps et qu'ils n'ont rien à se cacher. Chapitre Guimel, verset Aleph. Jusque-là, tout est clair ? C'est clair, ce que je dis là, ou pas ? Bon, ça va, vous avez l'air de comprendre. Très bien. Chapitre Guimel, verset Aleph.
Il intervient un nouvel élément dans la personne humaine. Pour l'instant, la personne humaine est composée de deux parties, n'est-ce pas ? Ish et ishah. Mais je ne sais pas si vous vous rappelez: quand on avait parlé de la création de l'homme, il avait été question de deux éléments avant la séparation. Il y avait un élément qu'on appelait nefesh, d'accord, mais tout ça fait partie de la même chose, du même nefesh. Mais avant cela, il y avait une autre dualité dans l'homme. La dualité entre la nature et la morale. Vous vous rappelez de ça ?
Au premier chapitre, quand il a été question de la création de l'homme, il y a eu une tentative de la terre de créer l'homme, n'est-ce pas ? Et finalement, il a fallu faire intervenir le tselem Elohim. Et dans le deuxième chapitre, au verset Zayin, on avait vu que l'homme était composé d'une partie qu'on appelle afar min haadama, poussière de la terre, et d'un autre élément qu'on appelle nichmat haïm, un souffle de vie, n'est-ce pas ? Ce qui crée dans l'homme une dualité entre la nature
et la morale. En tant que personne morale, il est nefesh. En tant qu'être de nature, il est quoi ? Non. Il a un nom. Le nom arrive ici. Regardez au chapitre Guimel, verset Aleph: Vehanachash hayah aroum. Et le nachash était… ça veut dire quoi, aroum ? Non. En hébreu, le mot « nu » se dit arom. Aroum, ça veut dire intelligent. Intelligent. En français, on traduit aujourd'hui par « rusé ».
Il y a donc une connotation péjorative. Mais dans la Bible, le mot haroum n'a pas de connotation péjorative, contrairement à l'hébreu moderne; il veut dire simplement intelligent. Le nachash était intelligent. Mikol hayat hasadeh asher assah Hachem Elohim, de tous les animaux des champs que Dieu avait faits. C'est-à-dire qu'il s'agit ici de l'animal le plus intelligent. Quel est l'animal le plus intelligent que vous connaissez ? Le chimpanzé, l'homme, la fourmi…
Donc nous avons ici trois propositions. Non, « rusé », c'est en hébreu moderne. Mais le mot haroum, en hébreu biblique, n'a pas de connotation péjorative: il signifie simplement intelligent, pas rusé. Donc nous avons trois propositions: la fourmi, mais avec hésitation; le chimpanzé; et l'homme. Étant donné que la proposition « homme » a été faite par deux personnes, nous allons l'adopter. Donc, l'homme est l'animal le plus intelligent de la Terre.
Il porte ici un très joli nom: il s'appelle nachash. Nachash vient d'un verbe, il y a un verbe en hébreu, lenahesh, qui veut dire ? Deviner. Deviner, c'est-à-dire découvrir ce qui est caché. C'est exactement à cela que sert l'intelligence. Donc il s'agit ici de l'homme. Mais regardez: il y a ici un sujet avant le verbe, vehanachash hayah, ce qui signifie, d'après Rachi, un passé antérieur.
C'est-à-dire que le nachash avait été le plus intelligent des êtres animaux de la Terre. Ça veut donc dire qu'on parle ici de la partie fondamentale, la plus ancienne de l'homme, celle qui le caractérise en tant qu'être intelligent. C'est-à-dire que l'homme est un chimpanzé extrêmement sophistiqué, extrêmement développé, qui est capable de faire des ordinateurs. Ça s'appelle en hébreu le nachash.
Et le nachash va entreprendre un dialogue avec la partie appelée nefesh, n'est-ce pas ? La partie appelée nefesh est divisée en deux parties maintenant: les deux parties du nefesh sont ish et ishah. L'autre partie, antérieure à cette division, qui s'appelle le nachash, va entretenir un dialogue avec la partie nefesh, n'est-ce pas ? Pour le faire, il va s'adresser
à la partie du nefesh qui est devenue ishah, n'est-ce pas ? Rappelez-vous quelle est la différence entre ish et ishah ? L'un est os, l'autre est chair, n'est-ce pas ? C'est quoi, l'os ? La structure. Et la chair, la sensibilité, n'est-ce pas ? Donc, pour pouvoir entretenir un dialogue, il va falloir passer par la partie molle de la personne, c'est-à-dire sa sensibilité, qu'on appelle ici ishah, n'est-ce pas ?
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