Adam, Ish et Isha : l'homme divisé en deux
Le sens de l'os et de la chair, et la relation de couple qui fait naître l'être humain complet.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Adam et Ève : la honte, la faute et le serpent, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Myriam, Torjman, Batsara, Rifwa, Shlema. D'accord. Donc ça, c'est le cours à Sarah, Rifwa. Alors, nous en sommes donc dans le livre de Béréchit. Nous sommes au chapitre Bet, et nous sommes arrivés au verset Kaf Bet. On n'a pas fait Kaf Gimel, n'est-ce pas ? Bon. Est-ce que vous avez un feutre ? Il n'y a pas un feutre ? Non. Il n'y a pas de truc, ou enfin, comme celui qu'on met au tableau. Et si tu m'invitais, quelques feuilles de papier.
Alors, on en est au chapitre Bet, verset 4. Et Dieu construisit le côté qu'il avait pris de l'homme et en fit une femme.
Vaiyavi él ha-Adam, il l'amena à l'homme. Or, ici, le mot Adam ne veut pas dire l'homme en tant que masculin, mais l'homme en tant qu'humain. C'est-à-dire qu'il amène cette situation nouvelle au jugement de l'homme en son ensemble. C'est donc qui ? C'est le mâle ou la femelle ? Les deux à la fois. C'est-à-dire, l'homme divisé en deux… Merci, tu es trop beau. L'homme, maintenant divisé en deux, doit juger de la nouvelle situation.
Vayomer ha-adam, et là on arrive au verset qui est crucial. Vayomer ha-adam, et l'homme dit: Zot hapaam. Comment vous traduisez Zot hapaam ? Cette fois-ci. Etsem mé-atsamaï, oubassar mibessari: c'est un os de mes os et la chair de ma chair. Donc il arrive à discerner qu'il est maintenant divisé en deux êtres. Un être qui est l'os de ses os, et un autre être qui est la chair de sa chair. Maintenant le problème,
Qui est qui ? C'est-à-dire, est-ce que c'est l'homme qui est… j'ai déjà parlé ici du masculin: est-ce que c'est l'homme masculin qui est l'os et la femme qui est la chair, ou est-ce que c'est l'homme qui est la chair et la femme qui est l'os ? À part ça, je ne sais pas encore ce que veulent dire ces mots-là: c'est quoi la chair, c'est quoi l'os ? D'accord ? Hein ? Intéressant, non, quand même, ça va ? Exactement. Mais non, le problème, euh, comment ? La chair, c'est ?
Oui, il faut prouver tout ça. Il faut prouver. Non, je veux bien, mais ce que tu dis là est extérieur au texte. Je veux une preuve dans le texte. En fait, regardez au verset Kaf Alef, deux versets plus haut.
Ça veut dire que si je prends quelque chose à quelqu'un et que je veux le dédommager, je donne quoi ? Parce que je lui ai pris. Vous avez compris ? C'est-à-dire, quand je dédommage quelqu'un d'un vol, par exemple, je l'ai volé. Alors, je ne veux pas trop le voler, je lui mets quelque chose de ce que j'ai pris à la place, n'est-ce pas ? Donc ça voudrait dire que la femme, c'est ici la chair, et que c'est l'homme qui est l'os. Ça veut dire quoi, cette distinction entre os et chair ?
À quoi servent les os ? Les muscles aussi. La structure. Ça donne une forme. D'accord ? Donc on voit aussi une asymétrie dans l'être humain. Il y a un élément qui donne la structure, c'est le masculin. Il y a un élément qui donne la chair. C'est quoi, la chair ? La sensibilité. C'est-à-dire que la chair, c'est ce qu'il ressent. Par exemple, si je me pince, ah, ça me fait mal: c'est la chair qui est pincée et ça fait mal.
Donc il y a dans l'homme un élément de structure et un élément de sensibilité. L'élément de sensibilité se retrouve concentré dans le féminin, celui de structure dans le masculin. C'est pour ça, par exemple, qu'on dit: ah, celui-là, c'est un homme. C'est-à-dire quoi ? Celui-là, c'est un homme, il sait ce qu'il veut. Il est assertif, comme on dit. Tandis que du côté féminin, quand il y a un excès de sensibilité chez un homme, on dit: il est féminin. D'accord ?
C'est-à-dire qu'il n'y a pas de symétrie absolue entre l'homme et la femme. Ce n'est pas seulement au niveau biologique, c'est au niveau également de l'identité. Maintenant, le problème: si c'est vrai ce que je vous ai dit, c'est comment est-ce qu'on va le couper. Là, nous allons faire plusieurs dessins. Nous allons faire ici un premier dessin. Ceci représente l'homme avant d'être coupé en deux. Nous allons écrire ici des mots en hébreu, que je pense que vous connaissez.
Etsem et Bassar, d'accord ? C'est-à-dire que l'homme, à l'origine, est composé des deux éléments: l'élément Etsem, l'élément Bassar. Etsem veut dire os, et Bassar veut dire chair. Pour vous aider, nous allons traduire ces mots en français: en chair et en os. D'accord ? Ça, c'est l'homme. Maintenant, le problème: nous avons déjà dit que le côté Bassar appartient au féminin, le côté Etsem appartient au masculin.
Il y a même des pointillés. Alors, comment couper l'homme ? Imaginez que vous êtes Dieu et que vous voulez couper l'homme en deux. Il y a plusieurs possibilités. La première consiste à couper comme ça, comme tu l'as dit. Voilà, ça, c'est ta proposition, n'est-ce pas ? C'est la logique. C'est la logique. D'accord. Il y a un problème: si c'est vraiment comme ça, alors c'est la science interdite. Ça veut dire que ça n'amène à rien. On ne peut pas rentrer. Pourquoi ?
— Oui, ils se ressemblent trop, donc rien n'apporte rien à l'autre. D'accord ? Alors il y a une autre possibilité, qui est de couper comme ça: ils sont trop étrangers l'un à l'autre. D'accord ? Donc on est bien obligé, comme vous êtes très intelligents, vous savez tout de suite: il faut bien couper en diagonale. Et dans ce cas-là, on peut avancer tout le temps, parce qu'il n'y a pas de stationnement. Interdit de stationner. Et donc, ce que ça veut dire,
c'est qu'il y aura, dans l'un, une dominante Etsem, mais avec un peu de Bassar, et dans l'autre, une dominante Bassar avec un peu d'Etsem. Ça veut dire qu'il y a dans tout homme un élément féminin, dans toute femme un élément masculin, ce qui fait que l'un se rencontre à travers l'autre. C'est-à-dire que l'homme complète le féminin qu'il y a en elle, et elle complète le masculin qu'il y a en lui.
Ils ont donc une interdépendance: ils ont intérêt à se rencontrer tout en restant différents. Ce qui explique qu'il y a parfois chez des hommes un excès de féminité, ou chez des femmes un excès de masculinité. Et ce n'est pas seulement au niveau sexuel, hein: cela veut dire également au niveau du comportement de l'être. Par exemple, vous avez des femmes qui sont des hommes politiques, qui se comportent à la manière des hommes. D'accord ?
Par exemple, il y avait une Première ministre israélienne qui s'appelait Golda Meir, je ne sais pas si vous avez entendu parler d'elle. Son comportement, disons quotidien et de manière générale, était celui d'un homme. C'est la raison, d'ailleurs, pour laquelle elle a divorcé dès qu'elle a compris qu'elle devait se consacrer à la politique. D'accord ? C'est-à-dire …
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