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Caïn, la faute trop lourde et la question de Dieu

Pourquoi Caïn met en cause la justice divine, et comment Lémèc et ses deux femmes séparent l'intériorité de la vie.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Caïn, Hével et la responsabilité devant Dieu, 47 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chapitre 2, verset 2: « Et la jouta d'enfanté est Achiv, son frère. » C'est-à-dire qu'à partir du moment où il y a un surplus d'enfantement, automatiquement, c'est un frère. Havel, la vanité, ce qui est en trop, en surplus.

C'est-à-dire, comme nous avons pu l'analyser la dernière fois, Caïn se sait le sauveur, puisque c'est lui qui a fait de son père et de sa mère des parents. Il est donc celui qui les a sauvés d'être des receveurs, pour devenir des donneurs. Et de cette manière, il ressemble au Créateur du monde, il participe à l'acte de la création. De ce point de vue-là, Caïn se sait le centre du monde. Ce qui prouve, comme nous l'avons dit la dernière fois, la judaïté de sa mère, n'est-ce pas ? Sans parler du fait qu'il est lui-même une sorte de Machiah, n'est-ce pas ? En tant que Machiah, il est certainement le fils de sa maman, qui lui a dit: « Tu es le Machiah, mon fils. » Il développe donc naturellement une sorte de narcissisme centralisé autour de sa personne.

Avoir un frère pose donc pour lui un problème. Avoir un frère, cela veut dire que le centre de gravité se déplace chez le frère, puisque cela m'invite à la fraternité. La fraternité, c'est de voir l'autre comme le centre. Et donc je deviens celui qui gravite autour de ce centre, je ne suis plus le centre. Cela le porte naturellement à être un assassin, parce qu'il ne veut pas de frère, il veut redevenir le fils. D'accord ?

Il va donc naturellement tuer. On avait vu que ce n'était pas évident. On avait déjà étudié tout ça, n'est-ce pas ? Le meurtre. Ah, d'accord, on avait étudié. Et finalement, il apprend qu'il est libre arbitre. Et alors, au verset Yod-Beth, Dieu lui dit: « Lorsque tu travailleras la terre, elle ne te donnera plus sa puissance. Tu seras errant. »

On peut comprendre cela de deux manières: soit comme une affirmation, comme on a l'habitude de le traduire, soit comme une interrogation.

Si c'est une affirmation, cela veut dire que Caïn a dit: « Ma faute est trop lourde à porter. » Elle est trop grande à porter, pardon. Gadol avoni minso, n'est-ce pas, au verset Yod-Gimel. Vous y êtes, puisque vous avez le livre ouvert devant vous et que vous êtes au chapitre Dalet, au verset Yod-Gimel, n'est-ce pas ? Il y a un problème ? Hein ? C'est dans, je crois, dans Béréchit. Dans Béréchit. D'accord ? Au chapitre Dalet, au verset Yod-Gimel.

Vayomer Caïn el Hachem: gadol avoni mis'so. Caïn dit à Dieu: ma faute est trop grande à porter, à supporter. Mais on peut comprendre cela autrement: Caïn dit, ma faute est-elle trop grande à supporter ? On pose une interrogation. Parce que s'il dit qu'elle est trop lourde, c'est un reproche qui est adressé au Créateur. Cela voudrait dire que ce n'est pas à lui de la supporter, et que ce serait donc au Saint, béni soit-Il, de la supporter.

Et on me dit: quoi, c'est trop lourd pour toi à supporter, cette faute ? Il y a là des questions métaphysiques et morales, car il pose des questions très importantes. Comment ? Moi, j'ai péché, d'accord. Est-ce que tu as besoin de te venger de moi alors que, en fait, tu supportes le monde entier ? Tu soutiens le monde entier, et tu ne peux pas supporter mon péché ? C'est ce que dit le midrash. Très fort. Ce n'est pas bête du tout.

Cela peut signifier: bon d'accord, je suis un scélérat, mais ton monde n'est pas ébranlé à cause de ça. D'accord ? Oui, d'une certaine manière c'est ce que cela veut dire: quelle importance tu attribues à l'homme ? Tu juges nécessaire de t'adresser à moi, de faire des reproches, de me punir, comme si j'étais si important que ça. Or tu m'as prouvé que je n'étais pas si important que ça, puisque en fait tu me dis que je n'aurais pas dû tuer mon frère. Donc, ipso facto, cela veut dire que je ne suis pas si important que ça. Donc, cela peut te faire ce que je fais.

Hen gerashta oti hayom me'al pnei ha'adama: il continue son argumentation. « Voici que tu m'as renvoyé aujourd'hui de la face de la terre. Oumi-panékha essater: je me cacherai de ta face. Vayihyé na vanad: je serai errant et déplacé sur la terre. Vahaya kol motsi yaargeni: et tout celui qui me trouverait me tuerait. »

Le fait que tu m'as attribué ton importance fait que, à cause de ça, je suis éloigné de la Providence. Je suis maintenant livré au hasard. Si je suis livré au hasard, alors je risque la mort. Or tu as dit toi-même que j'étais important, donc pourquoi me livrer au hasard, à l'éloignement de ta face ? Il y a ici une contradiction interne.

Vayomer lo Hachem, alors Dieu lui répond: « Lo ken. » C'est vrai, ce que tu dis. « Kol ore Kayin, chiv'atayim yikkam. » Tout celui qui tuerait Caïn sera vengé sept fois. Vayasem Hachem lè-Kayin ot, le-vilti hakot oto kol motse'o. Et Dieu mit un signe pour Caïn, afin qu'il ne soit pas tué par celui qui le trouverait.

Cela veut dire qu'en fait, l'argument de Caïn est accepté. Dieu va aider Caïn à surmonter sa faute. Il ne peut pas le faire tout seul. Il va donc être aidé à surmonter sa faute. Et comment va-t-il l'aider ? On va voir dans la suite. Oui, vas-y.

— Pourquoi est-ce qu'Adam n'a pas négocié avec Hachem ?

Je pense qu'il a négocié aussi. Il a dit: ce n'est pas de ma faute, c'est ma femme. Il y a eu un argument. Et la femme a dit: ce n'est pas moi, c'est le serpent. Et le serpent, qu'est-ce qu'il a dit ? Non, on ne l'a pas laissé parler. Parce qu'il aurait eu, lui aussi, un argument. Tu vois ?

Vayétsé Caïn mi-lifnê Hachem. Caïn sort de devant Dieu. Cela veut dire quoi, qu'il est sorti de devant Dieu ? C'est où, devant Dieu ? Il s'est éloigné ? Mais c'est où, devant Dieu ? Il s'est éloigné d'où ?

La face: s'il y a une face sur la terre, il dit: tu m'as éloigné, tu m'as renvoyé de la face de la terre. Cela veut dire qu'il va dans la partie arrière de la terre. Cela suppose donc que le globe est fait de deux hémisphères. Il y en a un qui est à la face de Dieu, l'autre qui est de l'autre côté. Où est cet hémisphère qui est face à Dieu ? C'est celui qui a pour centre Erets Israël, n'est-ce pas ?

Il y aurait donc deux hémisphères, un qui est la face cachée. Ça s'appelle comment ça ? L'Amérique, n'est-ce pas ? À l'opposé, à l'antipode. Ça veut dire que la civilisation humaine se divise en deux parties: une qui est éclairée par la face de Dieu, et l'autre qui est …

Cours de Machon Meir

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