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L'homme dans le jardin d'Eden : travailler et garder

Béréchit 2:15-16 : le double commandement, positif et négatif, et l'arbre de la vie avant l'arbre de la connaissance.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Manger pour s'élever : l'homme, la pomme et le monde, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Très bien. Alors, bonjour à tous. Je vous invite à ouvrir le chapitre Bet de Béréchit, et nous en sommes au verset Tet-Vav. Comment ? Je passe le clou ? Voilà, très bien. Vayikra, chapitre Bet, au verset Tet-Vav.

Est-ce que vous pensez que c'est si difficile que ça de trouver le verset ? À mon avis, non. Il y a quelque chose qui vous aide. Par exemple, le numéro du chapitre est écrit en haut de la page. D'accord ? Donc ça peut aider. Au milieu du haut de la page, chapitre Bet. Vous avez remarqué ? Avec quoi il y a un autre numéro ? Voilà. On est au chapitre Bet, au verset Tet-Vav. Le numéro du verset est écrit au début du verset. C'est plus facile.

Donc: Vayikah Hachem Elohim et haadam. Et Dieu prit l'homme. Vayanihehou bégan Eden. Il le déposa dans le jardin d'Éden. Léovdah oulchomrah. Pour le travailler et le préserver. Alors, c'est quoi le jardin d'Éden ? Je crois qu'on avait déjà parlé de ça. Un jardin, c'est une protection, n'est-ce pas ? Qui fait qu'il ne rencontre pas tout de suite l'Éden. Et il lui donne un travail à faire.

Ce travail est censé transformer le jardin, transformer l'homme, et le rendre apte à sortir du Gan Éden pour entrer dans l'Éden. Très bien. C'est quoi ce travail ? Le texte dit léovdah. Vous savez que le mot gan, c'est un masculin ou un féminin ? C'est un masculin, n'est-ce pas ? Léovdah, c'est un féminin ? « Pour la travailler. »

Il l'a mis dans le jardin pour la travailler. Ça ne va pas. Il n'y a plus qu'à travailler la terre. Donc il y a quelque chose qui ne va pas, du point de vue grammatical. Ça veut donc dire déjà que le mot léovdah est interprété dans un sens plus noble, c'est-à-dire « pour la travailler », celle qui est sous-entendue. Qui est-ce qui est sous-entendu ? Eh bien, la Chekhina, etc. D'accord ?

Les kabbalistes vous diront leavéd Hé, pour faire le travail du Hé. Le Hé étant la quatrième lettre du nom de Dieu, qui correspond à la Chekhina. Mais là, ça nous envoie un peu trop loin. En tout cas, il y a un travail qu'on peut appeler positif, léovdah, travailler, et il y a un travail qu'on peut appeler négatif, qui est de garder, lichmorah. Le Zohar explique ce que c'est, le ovdah, les commandements positifs, et le chmirah, ce sont les commandements négatifs. Est-ce que le Zohar n'est pas, Khass veChalom, à côté de ses pompes ?

C'est-à-dire: où est-ce que le Zohar a été chercher qu'il s'agit ici de commandements ? C'est vrai qu'il y est écrit quelque chose de positif et de négatif. Il n'est pas écrit que ce sont des commandements. D'accord ? Dans l'idée, je veux bien, mais il faut le prouver. La preuve vient du verset juste après. La preuve que le Zohar a tout à fait raison, c'est le verset juste après: Vayitsav Hachem Elohim, « faites à Adam les morts », à l'homme, en ces termes. C'est-à-dire que la première chose qui est faite lorsque l'homme apparaît sur terre, c'est que Dieu lui parle.

Vous savez comment on appelle, dans la tradition, un homme à qui Dieu parle ? Un prophète. Vous savez que pour être prophète, il faut faire des efforts gigantesques, c'est-à-dire que ça demande tout un travail, tout un labeur pour accéder à la prophétie. Là, l'homme vient d'être créé, paf ! Immédiatement, Dieu lui parle. C'est quoi, ces histoires ? Ça veut dire que, du point de vue du texte de la Torah, la situation naturelle de l'homme, c'est d'être prophète. C'est quand Dieu ne lui parle pas que ça ne va pas. C'est-à-dire que nous, qui ne sommes pas des prophètes…

Et ça fait déjà un bon bout de temps qu'il n'y a plus de prophètes. Ça fait déjà deux mille trois cents, deux mille quatre cents ans à peu près que le dernier des prophètes est mort. Ça veut dire que nous sommes dans une situation anormale. C'est nous qui sommes dans l'anormalité, tandis que ce sont les prophètes qui sont dans la normalité. D'accord ? Et c'est très logique, parce que ce serait quelque chose d'immoral, le fait de ne pas prophétiser. C'est absolument immoral. Comment ?

Dieu jette quelqu'un sur le terrain, il ne lui donne pas d'instructions, il ne lui dit rien, il le laisse se débrouiller tout seul. Au moins, explique-moi ce que je suis venu faire ici. Donc il est tout à fait normal que le premier homme reçoive directement des instructions dans un entretien divin, pour lui expliquer quel est le but de sa vie. C'est très intéressant, parce que ça veut dire que les versets que nous allons lire vont nous expliquer le but de l'existence. Oui ?

— La Torah, c'est un mode d'emploi ?

Je n'ai pas compris… C'est une question, une objection, une réflexion ? Oui ? Comment on le sait ? Et la Torah, c'est quoi ? Qui est-ce qui l'a donnée ? La prophétie. Donc c'est la prophétie. D'accord ? C'est-à-dire qu'il y a un contact prophétique qui nous indique ce que nous devons faire. Ce n'est peut-être pas la seule chose que la Torah nous dit, mais enfin, c'est une des choses, effectivement. La normalité, c'est par rapport à la morale. Or, la morale exige qu'il y ait un discours entre le Créateur et la créature.

D'ailleurs, du temps d'Adam Harichon, je crois que toute l'humanité était prophète. Ils étaient un. C'est quand même pas mal. Donc, à la grande majorité, enfin, à l'absolue majorité, tout le monde était prophète. Donc, si on prend déjà ce critère, c'est ça, la normalité. Et donc, nous allons apprendre ici à quoi sert la vie. Je vais lire le texte ici, avec votre autorisation, car c'est le zayin.

Mikol ets hagan achol tokhel. De tous les arbres du jardin, il faut que tu manges. C'est tout à fait souhaitable que la prophétie revienne. Alors ça, ce n'est pas le sujet du cours. Je suis empêché d'en parler. D'accord ? Bon. Vous savez: Mikol ets hagan achol tokhel. De tous les arbres du jardin, il faut que tu manges. Ça veut dire, si je prends ça très au sérieux, que nous ne mangeons pas pour vivre.

C'est le contraire: nous vivons pour manger. C'est-à-dire que la relation que Dieu entretient avec l'homme est celle d'une bonne mère juive qui lui dit « mange, mon fils », et que c'est pour ça que l'homme est venu sur terre: pour manger. Ça veut dire quoi, manger, exactement ? Ça veut dire transformer ce qui est extérieur en quelque chose d'intérieur. Ce qui est à l'extérieur devient intérieur. Par exemple, prenez une pomme. C'est un exemple comme un autre, ça peut très bien être une banane ou une saucisse.

Je prends l'exemple de la pomme. La pomme est un végétal. Est-ce que c'est respectable, d'être un végétal ? Oui. C'est très noble, c'est très bien d'être végétal. Un végétal est respectable en tant que tel. Être …

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